31.03.2008

La télé des gros beaufs

 Regarder TF1, c'est toujours un régal. Aujourd'hui, jai cliqué par hasard sur Walker, Texas Ranger. Que Chuck Norris fût un acteur de série double Z, on le savait. Que les producteurs de la série fussent de gros réacs plus qu'à moitié fachos, on le savait aussi. Dans ces conditions, écouter les dialogues se révèle du pur jus d'élixir de délices de cliché.

Dans l'épisode que je regarde en ce moment, un ami du héros se fait attaquer et envoyer à l'hosto par un méchant armé d'un couteau.

  • Gros plan sur l'hôpital: bâtiment surmonté d'une croix lumineuse, au fronton estampillé "Methodist". Il est bien connu que les athées font de très mauvais médecins.
  • Les amis du massacré (dont Chuck le valeureux) s'informent auprès du médecin. Paroles de celui-ci: "Il a besoin de repos et... de vos prières." C'est vrai que si la médecine est trop nulle... On devrait les virer, tous ces docteurs qui ne servent à rien.
  • Ami de l'agressé: "Il faut trouver celui qui a fait ça." - Chuck le Valeureux (air neutre, qui cache mal une colère décidée et plein de sang froid): "On le trouvera."
  • Paroles de l'ami à la victime inconsciente: "Tu vas te battre. N'abandonnepas la partie. Tu m'entends?"
  • Puis, abattu par l'état de son ami, il sort de la chambre et défonce le plâtre du mur d'un coup de poing: "C'est pas vrai! s'écrie-t-il. Chuck Norris survient et, tout en le félicitant sur son coup droit, lui sort l'invitable couplet moralisateur: "ben maintenant, t'as plus qu'à réparer le trou." C'est vrai que ce n'est pas à ce bon vieux Walker que ça pourrait arriver, de perdre son sang-froid comme ça.

Ensuite, je n'ai pas insisté. Mais si c'est ce que j'ai vu en l'espace de 3 minutes, j'ai désormais une petite idée de ce que vos mouflets ingurgitent de façon quotidienne, ainsi que les pépés et les mémés qui s'emmerdent devant le petit écran à longueur de journée.

Comme il se trouve que ce sont les pépés et les mémés qui ont largement contribué à la victoire du Nain à la présidentielle en mai dernier, on peut être tenté d'y voir une relation de cause à effet. Finalement, si la France vote Sarkozy, c'est uniquement parce que Robert Poujade est mort et que voter Le Pen, ça n'a aucun résultat.