30.06.2009
Rions un peu (ça faisait longtemps)
Dans notre petit milieu guindé d'universitaires et de chercheurs plus ou moins performants, on n'a pas toujours l'occasion de rire. Entre la préparation du quadriennal du labo, la fusion de nos trois universités en une seule et l'éléboration bancale d'un pseudo plan campus, on commençait tous à s'énerver un peu à force de ne faire que de la paperasse.
Heureusement, une petite blague de bon aloi est venue détendre l'atmosphère quelque peu hyperstatique du labo. Lisez plutôt.
Au début, sur le parking du labo, il y avait juste une place réservée aux personnes handicapées, avec ce petit panneau:
Il faut bien le dire, ce petit panneau, tout le monde s'en tapait un peu la coquille. A peu près tout le monde se garait sur la place en question. Je précise que nous n'avons aucun problème d'espace parking, celui-ci étant surdimensionné par rapport à nos besoins. Il s'agissait donc de fainéantise pure et simple de la part des contrevenants. Depuis, nous avons embauché quelqu'un qui utilise cette place de plein droit, et plus personne ne la prend, ce qui m'a un peu rasuré sur le sens civique de mes collègues.
Un beau jour, il n'y a pas si longtemps, un nouveau panneau a fait son apparition sur le parking:
Eh oui, apparemment, notre directeur, jaloux des prérogatives du collègue ci-dessus, a voulu lui aussi sa pancarte. Si vous regardez bien, vous verrez que le ciment est tout frais. Inutile de vous dire que ça a beaucoup fait jaser; son thésard lui a même dit qu'il faisait "le quadriennal de trop"; je ne commenterai pas davantage.
Ne partez pas encore, ce n'est pas fini.
Ce matin, je passais en vélo devant le parking en question, lorsque j'ai avisé une collègue courbée presque au ras du sol qui examinait le bitume en se tenant les côtes. Au début, j'ai cru qu'elle avait perdu un enjoliveur ou un jeton de caddie de grande surface et je me suis arrêté pour voir ce qu'il en était. Bien m'en a pris, car voici ce que j'ai découvert:
Pour ceux qui auraient du mal à voir, la première inscription dit: "Réservé Toto". Mais Toto est un gros nul, car une voiture bien garée peut aisément recouvrir sa mention et lui piquer sa place. Lolotte, elle, a été beaucoup plus intelligente: elle a apposé son inscription à l'extrémité de l'emplacement, si bien que même une voiture très longue ne saurait l'occulter.
Renseignement pris, aucun des deux téméraires qui se sont garés sur ces deux places ne s'appellent Toto ou Lolotte. Ce qui signifie qu'ils ont sciemment usurpé la place de Toto ou Lolotte, sans égard aucun pour la chose écrite. Jusqu'à quel mépris des conventions, des réglements et de la loi irons-nous? Ce soir, retournant cette question dans ma tête, je vais m'endormir en tremblant...
17:33 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, université, enseignement supérieur
05.06.2009
Recrutements MCF, PR etc: rions un peu
Comme chaque année, un peu plus tard que les années précédentes pour cause de nouveau mode de recrutement nous achevons les recrutements des MCF et PR. Il y a des chances pour que ce soit la dernière campagne à l'échelle purement nationale, puisque normalement nous devrions désormais pouvoir nous mettre à recruter au fil de l'eau.
Pour avoir participé à un comité et en avoir présidé un autre, je dois bien reconnaître que la procédure est bien plus "propre" et transparente que celle des commissions de spécialistes. L'obligation des 50% minimum d'experts extérieurs permet visiblement de bien limiter les petits arrangements locaux, et c'est tant mieux.
Remarquez, je dis ça, je ne sais pas encore ce que le CA de l'université va faire de mon classement... Ceci dit, si les CA commencent à modifier les classements, à mon avis l'année prochaine ils ne trouveront personne pour accepter de présider ces comités. En effet, en faisant le compte de mes heures, je m'aperçois que présider ce comité m'a pris 95 heures. Et je ne compte pas le temps de tous les autres membres! Au bas mot, le recrutement d'un PR ou MCF doit revenir à 300 heures d'enseignant-chercheur. Donc une fourchette de 25 à 40 milliers d'euros selon le nombre, le grade et l'échelon des membres du comité... A ce tarif, on a intérêt à ne pas se tromper.
Pour détendre l'atmosphère, je juge savoureux de vous livrer une anecdote.
Acte 1
- Scène 1. Il y a un an, certain céphalopode (ainsi surnommé car il a des tentacules à peu près dans toutes les antichambres de la fac) se présente au poste de prof dont le profil a été défini exprès pour lui. Enfin non, je déforme: le poste n'était pas défini pour lui, mais le céphalopode a obtenu que le profil soit modifié pour qu'il puisse candidater.
- Scène 2. Le céphalopode se présente au concours de PR. Il le remporte, alors que d'autres MCF avec le même CV mais avec 15 ans de moins sont classés derrière.
- Scène 3. Dans le même temps, le céphalopode siège dans la commission d'audition que je préside et tente de m'empêcher de recruter un MCF sous prétexte que je veux faire "un recrutement local" (le candidat n'avait pas fait sa thèse dans notre labo mais était arrivé entre temps sur un poste d'ATER). Le MCF avait pourtant le meilleur dossier.
Acte 2
- Scène 1. Cette année, excédé par le taux de promotions PR attribuées à des candidats locaux, notre pôle formation recherche se venge en convertissant un de nos postes MCF de la section 60 à la section 60/36. Je vous passe les tracas de dernière minute pour le président du comité de sélection (bibi): changements de composition du comité imposé à la dernière minute par le CA pour cause de réglements de comptes entre labos rivaux, etc.
- Scène 2. Dans le même temps, le céphalopode préside un comité de sélection sur un poste de PR.
- scène 3. Sur mon poste MCF, je recrute un candidat extérieur.
- Scène 4. Sur son poste PR, le céphalopode recrute un candidat local. Motif invoqué par le même céphalopode: "Il avait le même CV que les autres mais avec 10 ans de moins."
Moralité. Comparez la séquence "Acte 1, scène 3 - Acte 2 scène 3" et la séquence "Acte 2 scènes 1/2 - Acte 2 scène 4". La conclusion de l'affaire, c'est que j'en connais quelques-uns qui ont eu de la chance de passer PR à l'époque où c'était encore possible; car prenez les mêmes avec le nouveau mode de recrutement, je ne suis pas certain que ça le fasse encore...
Le seul problème étant que les céphalopodes en question n'ont pas conscience de cela, car dans leur optique, le poste qu'ils ont eu naguère "leur était dû". Comment imaginer dans ce contexte qu'il leur échappât?
11:38 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignement supérieur, recherche, recrutement, université
11.05.2009
Emploi du temps encore
Puisque les Nains nous accusent d'être des Jean-foutres improductifs et ringards (nous = les chercheurs, universitaires, et autres engenaces apparentées), mais que par ailleurs ils passent leur temps à la télé pour soi-disant communiquer sur ceci et cela, il importe de se mettre au diapason et de fournir, en images plutôt qu'en phrases, la justification de notre travail; puisque aussi bien il est connu que le bon peuple préfère les images en couleurs aux caractères d'imprimerie.
Voici donc, sous forme de camemberts et d'empilement de cubes pour gamins de maternelle, l'illustration du propos que je vous tenais dans les billets précédents.
- En Figure 1, la répartition de mes activités pour la période août-décembre 2008et pour janvier-début mai 2009.


- En Figure 2, l'évolution sur 2009 des mêmes rubriques d'activité.

Figure 2. Pointage par mois pour Janvier-(début) mai 2009. Volume: 794h. Ordonnées en heures.
Quelles conclusions tirer de ces graphiques?
- Sur les 3 dernier mois, la proportion de travail administratif a explosé. Elle passe de 15% pour août-déc. 2008 à 31% pour 2009 (et encore, il y a le mois de janvier pour équilibrer!) La raison de cette inflation?
- la mise en place de comités de sélection pour les postes de MCF et de PR au recrutement cette année;
- la préparation du quadriennal du labo, qui va nous bouffer notre temps jusque mi-juin au moins.
- Bien entendu, l'administratif prévaut sur tout le reste. En effet, nos chefs découvrent souvent les nouveaux réglements en même temps que nous, quand ce n'est pas après. Il faut laisser tomber tout ce que l'on fait pour répondre à la dernière urgence en date - et la réponse est extrêmement coûteuse en énergie et en temps.
- Les grands perdants? La recherche, bien entendu, et les projets et contrats (je dois un développement à un bureau d'études depuis presque 1 mois!) On peut nous bassiner avec la nécessité de renforcer les liens avec l'industrie, il se trouve tout simplement que quand nous avons un contrat, nous ne sommes même pas en mesure de l'honorer!
- Heureusement, l'ensiegnement est la seule activité qui demeure incompressible et prime sur l'administratif (en tout cas, en ce qui me concerne!). Il y a au moins ça pour nous sauver!
Alors, si j'avais une demande à faire pour booster ma recherche (et encore: entre 3 et 5 publis de rang A par an, ce qui fait de moi un enseignant-chercheur plutôt bien coté par rapport à la moyenne, donc je ne peux pas me plaindre), ça ne serait certainement pas encore plus d'AERES, encore plus d'appels d'offres et encore plus de règlements compliqués!
Une seule revendication en ce qui me concerne à l'adresse de mes ministères de tutelle: moins de connerie, merci!
11:52 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignement supérieur, université, recherche
05.05.2009
Emploi du temps d'avril
A l'heure où les Nains trouvent que les enseignants-chercheurs sont de gros nuls improductifs, il apparaît juste d'abonder dans leur sens en offrant à la cointemplation publique la nature des activités d'un prof d'université récemment promu (bientôt 2 ans... Ou comme disait une célèbre marionnette en latex: "Putain... deux ans!").
Au menu donc pour le mois d'avril 2009:
Total travaillé: 199,5 h, dont production: 124,5 h qui se décomposent comme suit:
- Enseignement: 48h, dont:
- présentiel: 20,25 h
- préparation & correction: 27,75 h
- Projets & contrats: 2h
- Recherche: 74,5 h, dont:
- 27,5 h d'encadrement (thèses)
- 45,5 h de production perso (chapitres de bouquin dont je vois, enfin, le bout!)
- 1,5 h d'activités éditoriales (je suis désormais éditeur associé d'un journal)
Heures non productives (administratif): 75h, dont
- Gestion quotidienne: 30,5 h (courrier, paperasserie diverse, etc.)
- Gestion labo: 7 h (je fais partie de l'équipe de direction + du conseil scientifique + de l'équipe communication de mon labo)
- Administration des enseignements: 3 h
- Recrutement du prochain maître de conf: 34,5 h(je suis malheureusement président du comité de sélection!)
- dont 24,5 h passées à l'organisation matérielle et adminsitrative du concours (avec la nouvelle loi, les procéduriers devraient être satisfaits; ou alors, il leur faut une machine à voyager dans le temps qui les transporte à l'époque de la bureaucratie soviétique);
- 10 h seulement à examiner les dossiers des candidats et à auditionner en séminaire de recherche ceux qui ont proposé de passer au labo.
Au vu du dernier point, on pourrait effectivement nous reprocher notre légèreté vis-à-vis du recrutement des enseignants-chercheurs (mine de rien, il s'agit quand même d'embaucher quelqu'un pour, allez, 45 ans...) Je suis assez d'accord. Il s'est tout simplement produit que notre université découvrait avec nous (et parfois après) le nouveau règlement, qu'elle a multiplié les réunions inutiles et contradictoires, envoyé des formulaires erronés qu'il a fallu remplir malgré tout pour ensuite devoir remplir les formulaires corrects, demandé des modifications injustifiées des comités de sélection (la plupart du temps inutiles, car les membres que notre CA a imposés ne pouvaient en définitive pas assister aux réunions...), et qu'à force de répondre aux emails comminatoires et aux injonctions diverses, nous n'avions plus le temps de faire le vrai boulot.
Bref, j'attends avec impatience le moment où la machine va finir par s'effondrer sous son propre poids.
Le seul problème, c'est que quand elle tombera, nous serons probablement en dessous!
07:20 Publié dans Faits et chiffres | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ensignement supérieur, université, education, recherche
01.04.2009
Emploi du temps de mars
En ces époques troublées où les Nains nous traitent de nazes, il est bon de faire un retour sur soi et de voir à quoi l'on a gaspillé son temps de fonctionnaire. Inventaire des tâches pour la période du 1er au 31 mars. Histoire que les vrais gens sachent si on est payés à rien faire ou quoi.
Total des heures: 193. Dont:
- 112,25 h de production:
- 54,75h d'enseignement:
- 20,5h de préparation
- 34,25h de présentiel
- 45,5h de recherche
- 7h d'encadrement de thèse
- 8h de recherche véritable (du vrai travail d'investigation et de réflexion)
- 26,5 h d'écriture d'un chapitre de bouquin dont j'espère être bientôt débarrassé
- 11,5 h de projets : prestation de développement pour une boîte privée
- 54,75h d'enseignement:
- 80,75 h de non-production, dont:
- 32,5h d'administration de la recherche (réunions de préparation pour le prochain quadriennal du labo, commission communication, etc.)
- 27,5h d'administration des enseignements (je vous avais bien dit que j'allais devenir responsable des études de mon département et que ça serait une autre chanson...)
- 16,75h sur la constitution du comité d'esperts pour le recrutement du futur MCF que nous embauchons cette année... Je savais qu'avec la nouvelle loi ce ce serait le boxon, je n'ai pas été déçu.
- 4h de quartier libre (il a fallu queje fasse quelques démarches perso).
Bien entendu, je ne compte pas la pause de midi, pas plus que le temps que je passe sur ce blog.
Avec une moyenne de 44h par semaine, je m'estime heureux, le mois a été moins terrible que prévu. Bien sûr, j'ai un secret: pour pouvoir travailler sur ce bouquin de la façon la plus efficace possible, depuis 3 semaines je commence une journée de travail sur deux à 6h du matin. Je ne blague pas, c'est vrai. Essayez, ça marche!
08:25 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, recherche, enseignement supérieur
23.02.2009
Les présidents d'université ont des avis
Les présidents d'université seraient-ils capables d'une pensée propre? Ci-dessous les fichiers qui nous ont été transmis par notre présidence suite à la réunion du Conseil des Présidents d'Université (CPU). Il faut croire que ces braves gens ont un peu peur que ça continue d'être le boxon chez eux; toujours est-il que, pour calmer le jeu, ils font des propositions au gouvernement.
On pourra sourire du "adoptée à l'unanimité moins quelques voix"... et attendre et voir, comme disent les Britons.
Communique CPU 19 fev09 (1).pdf Position masterisation 19fev09.pdf PositionCPU statuts EC 19fev09 (2).pdf
18:51 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, recherche, enseignement supérieur
13.02.2009
Touchons le fond, oui... mais la tête la première
A l'heure où la fac votait pour savoir qui devait se déclarer mécontent et qui devait se déclarer neutre, c'était matin de fête au labo: grosse réunion pour mettre en place le plan de bataille des 4 mois à venir. Il s'agit en effet de rédiger le bilan de ce quadriennal et la prospective du prochain.
J'ai certes une façon assez personnelle de prendre des notes; mais je ne fais que transcrire ici ce que j'ai entendu là: RéunionQuadriennal.pdf
07:14 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, université, enseignement supérieur
10.02.2009
Ceci est une histoire vraie
Il y a des jours où la vie vous emmerde et où on se demande si ça valait le coup d'être né. Et puis, heureusement, il en est d'autres où on se dit que franchement, on a bien fait de se lever ce matin. Hier était un de ces jours-là.
Vous retrouverez sa trace dans un billet posté il y a un an et demi ou deux ans, notre labo abrite une secrétaire dont la caractéristique principale est de n'être là qu'un jour sur dix en moyenne; et ça vaut mieux. Car lorsque par hasard? coïncidence? malchance? elle s'avise de passer la porte de son lieu de travail (?), cette personne a pour activité principale d'empêcher les autres de travailler.
En effet, une fois arrivée au labo, l'occupation première de cette dame est de trouver un bureau dont la porte est ouverte et où quelqu'un est en train de bosser; alors elle y entre, s'asseoit et passe environ deux heures à expliquer au locataire de l'édicule qu'elle est débordée de travail, au point qu'elle se demande si elle ne va pas faire une dépression. Après cent vingt minutes de ce régime, soit son auditeur est mort d'ennui, soit il l'a virée du bureau, ou bien il s'est pendu de désespoir, ou alors (c'est ce qui se produit le plus fréquemment) il s'est trouvé une occupation urgente ailleurs, rien que pour ne plus avoir à l'écouter. Elle repart alors à l'aventure, se cherchant un autre lieu où passer la seconde moitié de la journée (1 journée = 4 heures les jours de grand stress).
Dans un labo où le secrétariat est en sous-effectif chronique (4 secrétaires pour 100 personnes environ), c'est vous dire si cette dame est appréciée. Illustration de sa popularité: un jour vers 10 heures, nous prenions le café (nous sommes alors au boulot depuis 2 à 3 heures), Mademoiselle Froufrou est arrivée pour débuter sa journée. Nous voyant attablés autour de nos tasses, elle nous aborde avec une grande franchise: "Est-ce que vous m'invitez pour le café?". Je précise que ce café ne sort pas d'un distributeur mais d'une cafetière, pour laquelle nous nous cotisons. Il s'agissait donc de se faire payer un café gratos. L'un de nous se tourne alors vers elle et, avec un sourire jusqu'aux oreilles, lui répond d'un ton enjoué: "Non." Une collègue en rajoute: "Ou alors, c'est 2 euros." Le premier collègue surechérit: "Juste parce que c'est vous." Vous voyez comme on l'aime.
Hier, Mademoiselle Froufrou avait pour mission de la journée de photocopier une page unique à 50 exemplaires. C'était épuisant. Comme elle le dit elle-même, elle ne se sert pas assez souvent de la photocopieuse pour se rappeler comment elle marche. Elle est donc allé trouver une secrétaire pour lui demander des explications. L'autre la met devant la machine, lui montre tous les boutons, le chargeur automatique de documents, etc. Pour lui éviter des soucis, elle lui précise que, si elle a plus d'une trentaine de pages à copier, il vaut mieux surveiller le chargeur automatique de documents, qui a tendance à coincer les feuilles; puis elle s'en va.
Mademoiselle Froufrou a bien retenu la leçon: elle a placé sa feuille unique sur le chargeur et a appuyé sur le bouton. La feuille est passée dans le chargeur, a été copiée, puis est ressortie de l'autre côté. Mademoiselle Froufrou l'a reprise, l'a replacée dans le chargeur et a appuyé de nouveau sur le bouton. 50 fois comme ça.
A une maître de conf qui passait par là, elle a fini par se plaindre: "Tout de même, cette photocopieuse, ce qu'elle est lente."
07:58 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, recherche, enseignement, education
09.02.2009
Manifs et AG
Communiqué de notre présidence, reçu ce matin:
"Afin de permettre aux personnels et étudiants de l’Université qui le souhaitent de se rendre aux réunions, assemblées et manifestations qui pourront se tenir le mardi 10 février 2009, les enseignements de l’Université Montpellier seront suspendus"
Ca va faire plaisir aux étudiants, je devais leur donner cours demain matin de 8h à 9h30!
11:53 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, recherche, enseignement supérieur, autonomie
02.02.2009
Comment passer cadre A
A l'heure où, réforme du statut oblige, le débat sur la qualité des publications fait rage (voir ici chez Tom Roud pour un débat animé), il y en a qui ne se posent pas autant de questions. Il est vrai que, pour obtenir un poste de MCF ou de CR après un (ou plusieurs) post-docs successifs, ou pour passer prof ou DR, on aimerait bien connaître les règles du jeu. Il faut simplement garder à l'esprit que, dans un milieu où les bons candidats sont finalement assez nombreux, l'argument des publications est surtout utilisé de façon éliminatoire - pour dégommer les gens plutôt que pour les mettre en avant.
Soyons honnêtes: pourquoi se battre pour savoir ce qu'est un bon papier et ce qu'est une merde? Abandonnons l'hypocrisie; la littérature scientifique (autant que la littérature tout court) est devenue une industrie; dans ce contexte, l'objectif est devenu, non pas de publier bien, mais de publier beaucoup. Tous les critères classiquement proposés pour juger de la valeur scientifique d'un individu (facteur d'impact, H-factor, indice de citation, prix décernés par des sociétés savantes) sont tellement tributaires de qui vous connaissez ou ne connaissez pas dans votre petite communauté que ça en devient sans signification. La vie de tous les jours nous le démontre, il vaut mieux, pour la carrière, avoir beaucoup d'amis qu'être réellement bon.
Il y en a qui ont compris. Le journalisme d'investigation sert peut-être encore à quelque chose; on trouve dans Le Canard Enchaîné de la semaine dernière et le Marianne de ce week-end deux exemples caractéristiques de promotion à des postes de prof.
- Alain Bauer, vous connaissez? Outre la similtude de nom de famille avec le héros de 24 heures, il partage avec lui un penchant marque pour la surveillance globalisée. Alain Bauer est le co-auteur, avec Emile Perez, d'au moins deux opuscules chez Que sais-je : Le crime aux Etats-Unis et Les polices aux Etats-Unis. Dans ces deux petits bouquins, les auteurs font valoir comme remède miracle contre la déliquance la tolérance zéro, ainsi que le fichage généralisé et mutualisé entre organisations policières; mais là n'est pas le problème. Alain Bauer est aussi à la tête de AB Associates, société experte en sécurité. Il était jadis Rocardien, il est désormais Sarkoziste. Eh bien, ça lui a suffi pour se faire bombarder prof au Cnam. Même que la chaire de criminologie a été créée exprès pour lui (dixit le Canard, je n'ai pas vérifié, mais il paraît qu'avant ce bombardement express, la chaire n'existait même pas!)
- Bernard Kouchner, on ne présente plus. Eh bien lui, c'est Marianne qui nous en informe ce samedi, s'est également fait nommer prof au Cnam il y a quelques années - après avoir vainement tenté de faire du lobbying auprès de Bernard Debré (chef de l'urologie à Cochin).
Ces deux personnages avaient pour caractéristique principale de n'avoir pas assez de publis ni de CV de recherche suffisamment étoffé pour pouvoir prétendre à des postes de Cadre A classiques. L'avantage du Cnam, c'est que le ministère y possède un pouvoir discrétionnaire sur un certain nombre de postes, autrement dit il y nomme qui il veut...
Alors franchement, les débats autour du nombre de publis, qui mérite de passer prof ou pas, etc., vous voyez bien que c'est du pipeau. Il y en a qui ont compris que bonnes relations valaient bien mieux que travail, mérite et enseignement!
08:54 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, recherche, enseignement supérieur
