23.04.2008
Privé/public: la lutte à mort continue
18:22 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : medias, actualité, société
21.04.2008
TF1, la télé où tout est possible
On savait que TF1, depuis les déclarations de son PDG en ce sens, excellait dans le temps de cerveau disponible; on savait moins avec quoi le vide ainsi créé devait être rempli. Depuis samedi dernier, on a la recette. Le corps d'un employé du ministère de la Culture, dont les cavités nasales avaient été comblées avec un léger excès de cocaïne et d'acide gamma-hydro-butyrique, a ainsi été retrouvé au domicile de Patrick Binet, un responsable de TF1 International (article du Monde). Soit le nez de l'impétrant était trop creux, soit il avait trop de place libre sous la voûte cranienne; toujours est-il que les quantités qu'il a réussi à y caser lui ont été fatales.
On savait certes que TF1 avait décidé d'éradiquer toute trace culturelle de ses programmes, mais de là à utiliser des méthodes aussi radicales... Rassurez-vous, renseignement pris, la préméditation semble écartée. Il paraît que le fonctionnaire culturel se trouvait dans l'appartement de son plein gré et que nul ne l'aurait forcé à ingurgiter les substances néfastes.
Ce fait divers n'est-il que le prélude à la révélation de la double vie des employés du ministère de la Culture? Tout comme Batman - homme d'affaires le jour et chauve-souris à réacteurs la nuit - ou l'Araignée - étudiant timide en horaires diurnes et arachnide bariolée lorsque les lampadaires s'allument - allons-nous découvrir que les hauts fonctionnaires du ministère de la Culture, las de servir l'ouverture gratuite des musées au bon peuple et les journées nationales du patrimoine, sont enfin entrés dans la résistance et vont, ombres furtives cachées par les cols relevés de grands manteaux sombres luisant sous la bruine nocture, écrire à minuit sonné les épisodes manquants de la série "Les experts Miami" ou "Walker Texas Ranger"?
Si l'un de ces héros méconnus de la lutte souterraine contre l'intelligence populaire parfois succombe, victime d'un mélange d'amphétamines trop fort pour son corps surmené, il ne faut y voir que le sacrifice d'une âme combattante, désireuse d'aller jusqu'au bout de ses forces, au service du Camembert Président (et vice versa) et de Coca-Cola France. Ne pleure pas, téléspectateur, ce soldat de la grisaille avait déjà donné sa vie pour toi. La chanson l'affirme: si un ami tombe, un autre ami sort de l'ombre et pred sa place... Les Feux de l'amour te seront livrés, à l'heure dite et en version complète, sans que ton doigt ait à penser une seconde changer de chaîne sur la télécommande.
La direction de TF1 refusait, ce week-end, de commenter l'événement. Que nul ne s'en scandalise. Il n'y a pas que les grandes douleurs qui soient muettes; les grandes armées le sont aussi.
08:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : société, médias, actualité, humour
31.03.2008
La télé des gros beaufs
Regarder TF1, c'est toujours un régal. Aujourd'hui, jai cliqué par hasard sur Walker, Texas Ranger. Que Chuck Norris fût un acteur de série double Z, on le savait. Que les producteurs de la série fussent de gros réacs plus qu'à moitié fachos, on le savait aussi. Dans ces conditions, écouter les dialogues se révèle du pur jus d'élixir de délices de cliché.
Dans l'épisode que je regarde en ce moment, un ami du héros se fait attaquer et envoyer à l'hosto par un méchant armé d'un couteau.
- Gros plan sur l'hôpital: bâtiment surmonté d'une croix lumineuse, au fronton estampillé "Methodist". Il est bien connu que les athées font de très mauvais médecins.
- Les amis du massacré (dont Chuck le valeureux) s'informent auprès du médecin. Paroles de celui-ci: "Il a besoin de repos et... de vos prières." C'est vrai que si la médecine est trop nulle... On devrait les virer, tous ces docteurs qui ne servent à rien.
- Ami de l'agressé: "Il faut trouver celui qui a fait ça." - Chuck le Valeureux (air neutre, qui cache mal une colère décidée et plein de sang froid): "On le trouvera."
- Paroles de l'ami à la victime inconsciente: "Tu vas te battre. N'abandonnepas la partie. Tu m'entends?"
- Puis, abattu par l'état de son ami, il sort de la chambre et défonce le plâtre du mur d'un coup de poing: "C'est pas vrai! s'écrie-t-il. Chuck Norris survient et, tout en le félicitant sur son coup droit, lui sort l'invitable couplet moralisateur: "ben maintenant, t'as plus qu'à réparer le trou." C'est vrai que ce n'est pas à ce bon vieux Walker que ça pourrait arriver, de perdre son sang-froid comme ça.
Ensuite, je n'ai pas insisté. Mais si c'est ce que j'ai vu en l'espace de 3 minutes, j'ai désormais une petite idée de ce que vos mouflets ingurgitent de façon quotidienne, ainsi que les pépés et les mémés qui s'emmerdent devant le petit écran à longueur de journée.
Comme il se trouve que ce sont les pépés et les mémés qui ont largement contribué à la victoire du Nain à la présidentielle en mai dernier, on peut être tenté d'y voir une relation de cause à effet. Finalement, si la France vote Sarkozy, c'est uniquement parce que Robert Poujade est mort et que voter Le Pen, ça n'a aucun résultat.
07:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : télévision, médias, culture
14.03.2008
Faut-il enfermer Jean-Marc Sylvestre?
Quand je vous disais que ça valait le coup d'écouter Jean-Marc Sylvestre sur France Inter à 7h23... Ce matin encore, il a récidivé. Je n'ai toujours pas de magnéto-cassette sur mon autoradio, je regrette donc une fois de plus de n'avoir pas l'occasion d'enregistrer le démon à l'oeuvre dans ses incantations. Ne possédant pas de mémoire auditive absolue, je ne suis pas en mesure de vous restituer l'allocution dans l'authenticité de sa splendeur (et vice versa!). Veuillez trouver ci-dessous quelques extraits, dont j'essaie de préserver le sens premier:
- pour nous expliquer que l'on avait eu tort, il y a quelques années, de dénigrer les fonds d'investissement: "Ces fonds d'investissement qui, hier encore, faisaient si peur à la vieille Europe, révèlent aujourd'hui toute leur fragilité" C'est justement pour ça qu'on en avait peur, hé, abruti!
- conseil d'un libéral averti: "Le second remède de cheval, ce sera de re-nationaliser les banques lorsque leurs déficits sont trop importants."
- Pire encore, le ci-devant vilipendeur de l'interventionnisme étatique se renie avec une violence rare: "Il faut abandonner l'idée selon laquelle la Finance n'est pas l'affaire du Politique".
Les fonds d'investissement, des trucs absurdes et ridicules? Nationaliser la propriété privée? Autoriser les Etats et le Politique à intervenir dans l'entreprise et l'initiative privée? Serait-il devenu complètement frappadingue? Ce n'est plus lui, on nous l'a changé! Finalement, quand on entend ça, on comprend mieux la Loi Dati sur la rétention de sûreté!
Eh bien en fait non, derrière la diatribe humaniste se cachent les dessins obscurs du Malin, que seule une écoute attentive permet de percer à jour:
"Seuls les Etats pourront permettre de combler les déficits accumulés par le secteur privé"
Finalement, Jean-Marc Sylvestre n'est pas fou. Vous l'avez compris, le bougre (au sens Rabelaisien du terme?): son rêve, c'est de faire financer les erreurs des banquiers par nos impôts. Bref, dans son rêve, ces braves joueurs en bourse du Crédit Lyonais, de la Société Générale et des fonds de pension/investissement peuvent se permettre de tout perdre à la roulette, vu que l'idée c'est qu'au final, comme disait Coluche, "C'est nous qui paye"...
13:57 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : economie, radio, medias, croissance
28.02.2008
Jean-Marc Sylvestre, la catin respectueuse
L'Edgar Faure de l'économie nous en a fait une bien bonne une fois encore. Un conseil, mes amis: si vous êtes en manque d'inspiration pour votre blog, écoutez Jean-Marc Sylvestre à 7h23 sur France Inter; honnêtement, quand on a entendu ça ne serait-ce qu'une fois, on comprend la nécessité de payer sa redevance audiovisuelle.
Il y a encore deux semaines, JMS béait d'admiration devant les Etats-Unis: ah, ce dollar plus faible que l'Euro, quelle chance il représente pour ces bons Etats-Uniens. Les subprimes ne sont qu'une migraine passagère, d'ailleurs on s'attend cette année à une croissance record; la flexibilité du marché du travail permet aux USA, contrairement à la vieille Europe, d'engranger des profits et une croissance record; que ce modèle n'a-t-il pas cours chez nous, etc. etc. A chaque fois que Jean-Marc Sylvestre parlait des Etats-Unis, je m'attendais à trouver une flaque d'incontinence sous ma radio...
Or, ce matin, revirement. je cite de mémoire: "Alors que les Etats-Unis entrent en récession, l'Europe, elle, se porte plutôt bien." - "Contrairement aux Etats-Unis, où l'endettement privé atteint des sommets, le déficit de l'Union européenne provient surtout des dettes nationales, et l'endettement des particuliers et des entreprises y reste à des nivaux ultra-raisonnables." - "L'appréciation de l'Euro est une bonne chose pour le consommateur car elle fait baisser les prix des produits fabriqués dans le pays émergents qui payent en dollar". Il y a des jours où l'on regrette de ne pas avoir d'enregistreur à cassettes sur son autoradio.
Nous l'aurait-on changé? Non, bien sûr. Pour trouver l'explication de ce changement de cap, il suffisait d'écouter la suite: "bien entendu, cet Euro fort finira par nous poser quelques problèmes". Jean-Marc Sylvestre est tout simplement Sarkoziste. Tel son maître, il change chaque jour d'avis avec une sincérité totale, suivant que, sur son baromètre, c'est la donzelle à l'ombrelle chinoise ou le petit bonhomme au pébroque qui pointent leur nez dehors. Jean-Marc Sylvestre est à l'économie ce que les cours de la bourse sont à la fonction continûment dérivable: un défi permanent, un déni de réalité, un intervalle ouvert de mesure nulle. Jean-Marc Sylvestre est un visionnaire: par-delà la flexibilité du contrat de travail, loin devant la financiarisation de l'opinion, il est parvenu au stade ultime du capitalisme intellectuel: convertir son intégrité et son amour-propre en actions EuroTunnel et, pour assurer ses vieux jours, placer sa propre pensée sous la forme de stock-options.
Merci, Monsieur Sylvestre, pour ces précieux instants radiophoniques où, malgré l'interdiction des maisons closes et du raccolage passif, vous démontrez publiquement et de façon quotidienne que le plus vieux métier du monde, s'il veut survivre, doit toujours s'exercer en vitrine!
08:01 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : economie, médias, presse, société
27.02.2008
Télé,radio: l'inquiétant glissement de la réalité
07:37 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, journalisme, radio, actualité
16.11.2007
Faut-il être journaliste pour travailler au "Point" ?
Comme le montrent les "unes" ci-dessous, la réponse est "non". En revanche, si vous avez été cireur de godasses dans une vie antérieure, Le Point est une véritable opportunité de carrière.
Claude Guéant [...] L'homme le plus puissant de France - Sarkozy vu par Yasmina Reza - Enquête sur le cas Rama Yade - Cecilia et Nicolas Sarkozy: le choc d'une rupture annoncée - La solitude du président (arrêtez, je vais pleurer) - Les "amis" de Sarkozy - La polémique Rachida Dati.





08:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, médias, presse, actualité
26.10.2007
Retraites, télé et démocratie
- un jeune cheminot a tout de même mentionné que, s'il partait à la retraite avant les autres, il devrait pour cela cotiser 13% de plus; il en a profité pour demander à Xavier Bertrand si celui-ci le rembourserait de ses 13% de cotisations lorsqu'il le forcerait à prendre sa retraite plus tard;
- la mention que les Français sont parmi ceux qui gagnent le plus en espérance de vie sur l'ensemble de la population mondiale. Cet argument était annoncé pour justifier le fait que l'on sera obligés de partir en retraite plus tard.
- pour le premier: les députés, qui eux aussi ont droit à un régime spécial bien plus avantageux que celui des cheminots (les 10 premières années de cotisation comptent double, les 10 suivantes comptent à 150% !), ne semblent pas pressés de s'appliquer à eux-mêmes cette réforme des régimes spéciaux. Le député Benoist Apparu, qui a proposé dans une des récentes séances de l'Assemblée nationale que les députés s'appliquent cette réforme des régimes spéciaux à eux-mêmes, s'est fait huer par ses collègues (cf. le Canard Enchaîné de cette semaine);
- pour le deuxième argument: on a peut-être oublié que, si les français gagnaient le plus en espérance de vie, c'était peut-être précisément parce que ceux qui, auparavant, mouraient les plus jeunes (les ouvriers et les employés exposés à des conditions de travail pénibles), partaient désormais en retraite avant que leur travail les ait irrémédiablement abîmés.
- la réforme des retraites, qui fera partir plus tard des gens exposés à des conditions de travail pénibles, est votée par des députés et des sénateurs dont le travail essentiel consiste à rester assis, à lire des textes et à voter pour eux, que ce soit dans leur bureau ou sur les bancs d'une assemblée;
- ces gens, qui exercent de fait un "métier" peu fatigant, cumulent en général les mandats et ne s'arrêtent souvent de les exercer qu'à leur mort, ou peu s'en faut. Ces phalènes du pouvoir ne conçoivent en général pas la notion de "retraite", car leur métier peu physique n'est pas là pour les fatiguer de son exercice;
- c'est donc en effet un bon exemple que de voir ces gens-là voter un texte de réforme qui s'appliquera aux autres, mais surtout pas à eux-mêmes.
07:54 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, medias, régimes spéciaux, économie
