11.03.2008
Pourquoi planque-t-on Hortefeux?
Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale serait-il un motif de honte secrète pour notre gouvernement? Franchement, c'est à se demander.
Tapez voir dans votre navigateur: www.interieur.gouv.fr. Recta, vous voici propulsé(e) sur le site du ministère de l'Intérieur.
Un autre essai (tant que je gagne, je joue): www.culture.gouv.fr. Hop, gros plan sur 4 photos de Christine Albanel en train de sourire sur fond d'expo de tableaux, de Vctoires (?) de la musique, etc. Le site est un peu vide, mais bon.
Un doute sur la défense de notre pays? Et voilà, www.defense.gouv.fr, une jolie photo de ministre en train de plancher sur la reconversion des militaires... Bref, tous ces braves gens ont leur site internet à eux.
Une exception cependant: tapez voir www.immigration.gouv.fr. Jetez alors un oeil sur la barre d'adresse de votre navigateur: vous êtes en fait sur le site web du premier ministre, http://www.premier-ministre.gouv.fr/iminidco/. Etonnant, non?
Le ministère de l'immigration et de l'identitié nationale (qu'entre parenthèses on ne nous a toujours pas définie - je défie d'ailleurs quiconque d'en apporter une définition claire et non idélologiquement biaisée), ce ministère dont le Nain annonçait, lors de la campagne présidentielle, la création comme une révolution mentale, n'a même pas son propre site web! Il est tout simplement hébergé par celui de Tonton Fillon. D'ailleurs, on cherche en vain, à partir de la racine du site www.premier-ministre.gouv.fr, un lien vers le site du Hortefeux en question.
C'est peut-être la raison pour laquelle tous les en-têtes d'actualités commencent par "Brice Hortefeux a fait ceci", "Brice Hortefeux a dit cela", a répondu à Machin, s'est rendu à Tartempion, a reçu Dugenou. Notre ministre de l'Immigration, de l'Intégration (sans rire!), de l'Identité Nationale et du Codéveloppement a sans doute tellement peu l'impression d'être ministre qu'il a besoin, pour se convaincre qu'il existe, de faire afficher son nom à chaque début de News.
Un truc qui doit pourtant réjouir le ministre, c'est la contemplation de son organigramme: http://www.premierministre.gouv.fr/IMG/gif/organigramme_i.... Franchement, ce machin, c'est du sérieux. Honnêtement, si vous trouvez qu'il manque une case là-dedans, vous serez de mauvaise foi.
Au final, on se pose la question: le père Hortefeux, ils le planquent parce qu'ils en ont honte, ou bien pour assurer sa survie? Il ya des bestioles comme ça, qui ne supportent pas la lumière. Par exemple, les cloportes: si vous voulez qu'ils soient bien, il ne faut jamais soulever la pierre sous laquelle ils se cachent.
08:07 Publié dans Gouvernement & Sénat | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, immigration, ministère, hortefeux
20.02.2008
Dépénalisation des affaires...
... ou quand les criminels demandent à ce que l'on change la loi. Le plus fort, c'est qu'ils y sont parvenus. En effet, le groupe de travail Coulon a rendu son rapport. Il s'agit du "Groupe de travail sur la dépénalisation de la vie des affaires". On se souvient du discours présidentiel à l'université d'été du Medef, où N. Sarkozy avait plaidé ouvertement pour une dépénalisation des chefs d'entreprises. Le voici exaucé; en effet, Rachida Dati a annoncé son intention d'adopter la majorité des mesures préconisées par le groupe de travail. Pour un aperçu, ci-joint le fichier PDF: RapportCoulon.pdf.
Parmi les membres du groupe de travail, on trouve des dirigeants de Lazard-Frères, de Saint-Gobain, de Frantz-Electrolyse... et le directeur des affaires juridiques de la Société Générale. A la lueur des événement financiers récents, la présence de ce dernier personnage a dû constituer une source d'expérience extrêmement précieuse. Enfin, dans ces commissions, des gens qui savent de quoi ils parlent!
En revanche, alors qu'un bon tiers des mesures traite de la dépénalisation du droit de la concurrence (p.37 et suivantes), on ne trouve aucun représentant de la DGCCRF (ex-brigade de répression des fraudes), ou d'associations de consommateurs, souvent bien placées pour rapporter les fraudes de grande ampleur, qu'elles soient du domaine de l'abus de faiblesse ou de confiance...
Dès la page 7, le ton est donné: on trouve cette citation de Paul Ricoeur: "Les valeurs ne sont pas des essences éternelles". Si avec ça vous n'avez pas compris que les choses allaient changer, autant vous faire greffer une tranche de Roquefort à la place du cerveau.
En page 10, vous avez tout compris:
- "La dépénalisation du droit des affaires est une attente forte des acteurs économiques". Sans blague. L'amnistie des PV est aussi une attente forte des mecs qui se garent sur les passages protégés; la suppression des radars est aussi une attente forte de la part de ceux qui roulent à 180 sur autoroute; et tant qu'on y est, tous les types qui ont fauché le sac à main d'une mémé auraient aussi préféré ne pas être condamnés.
- "Le caractère déstabilisant pour l'entreprise et ses dirigeants de la procédure pénale [...] ses conséquences économiques voire boursières ont été stigmatisées." Ben oui, quand les flics viennent vous chercher pour vous mettre en garde à vue, ça déstabilise. Demandez voir à cet enseignant qui a été embastillé récemment pour avoir giflé un fils de gendarme. Vous vous rendez compte, ce qui va se passer si on "déstabilise" ces pauvres dirigeants? En revanche, on a parfaitement le droit de déstabiliser la vie des 800 salariés de Kléber Toul ou de Mittal Gandrange en fermant leur usine alors que leur entreprise fait des bénéfices. Et si en plus vous touchez à la bourse, alors là... !
- "C'est l'attractivité de la France pour les investisseurs qui serait ainsi aussi un des enjeux de la dépénalisation." C'est sûr que si la France se met à ressembler aux Îles Caïman ou au Lichtenstein, on va attirer du pognon. Les mafieux russes sont déjà installés sur la Côte d'Azur, ils pourraont ainsi entrer dans le capital de la Société Générale (quoique... c'est peut-être déjà fait).
Le reste est à l'avenant. On mentionnera tout de même quelques points amusants, telle la liste en pied de pages 24 et 25 des infractions déjà dépénalisées par le passé. On apprend ainsi que le fait de voter à une AG en se faisant passer pour actionnaire alors qu'on ne l'est pas a été dépénalisé, de même que la négociation illicite d'actions, la participation illégale aux assemblées d'obligataires; ou encore de présenter des faux documents lorsque l'on établit un prospectus, etc.
Enfin, 30 propositions sont émises en pages 89-91 du rapport. Parmi les recommandations amusantes, mesure 10: "favoriser l'élaboration de codes de déontologie". Nul doute qu'un tel code, si la Société Générale en avait eu un, eût évité l'affaire Kerviel. Ce dernier aurait lu le document et se serait aperçu que ce qu'il faisait était mal. Que n'y avons-nous pensé plus tôt!
10:12 Publié dans Gouvernement & Sénat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, justice, dati, gouvernement
20.09.2007
Un peu d'humour ne fait pas de mal
Je sais, c'est un peu facile, mais cette photo de Fillon et Sarkozy est tellement drôle qu'on a du mal à résister à une petite blague... Elle est tirée d'un article de Libération, voir http://www.liberation.fr/actualite/politiques/279478.FR.php.
09:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, fillon, gouvernement

