17.09.2008
Edvige: la Commission européenne se réveille
Quand on vous disait que l'Europe servait à quelque chose... Vous ne vous en doutiez pas, avouez?
Eh bien voilà que tout à coup les honorables membres de la Commission sortent le nez de leurs problèmes de navette incessantes entre Strasbourg et Bruxelles (on rappelle que le siège du Parlement européen a des problèmes de plafonds qui s'effondrent, ce qui a obligé les députés européens à se replier dans les locaux de la Commission), pour se rendre compte que la France est engagée dans un processus de fichage qui pourrait aller à l'encontre de certaines garanties européennes. D'où mises en garde [Lien 1]. Il faut dire que la Comission est sollicitée, au même moment, sur le dossier de fichage des Roms en Italie [Lien 2], pour lequel l'administration Berlusconi semble avoir donné libre cours à des penchants inavoués qu'elle brûlait d'assouvir depuis un certain temps.
Ceci dit, au sujet d'Edvige comme du reste, ce n'est pas gagné; le décret remanié reprendrait en effet un certain nombre des dispositions initiales [Lien 3], et pas forcément les moins débiles.
Ceci dit, au sujet du fichage des mineurs, aucun journaliste n'a relevé la bourde qui pointe derrière l'argument: (1) Le Nain a fait campagne (entre autres) sur la sécurité et le passage de la Courneuve au Kärcher; (2) pour justifier le fichage des mineurs à partir de 13 ans, le prote-parole du ministère de l'Intérieur argumentait fin août sur France Inter que "la délinquance des mineurs est en pleine explosion". Alors quoi? Le gouvernement n'aurait donc pas tenu ses promesses en matière de sécurité? Est-ce que des journaleux avec un peu plus d'un gramme de cervelle active se sont penchés sur la question?
12:09 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, europe, actualité
02.07.2008
Les dernières réalisations du Nain
Le Nain rêvait naguère de dépister les pré-délinquants dès l'école maternelle; nous sommes en bonne voie, puisque la nouvelle mouture des Renseignements Généraux (les Renseignements Maréchaux?) a célébré sa propre naissance en inaugurant un nouveau fichier, celui des "mineurs de moins de 13 susceptibles de porter atteinte à l'ordre public" [Ref 1]. Si vous n'y croyez pas, allez voir le décret original. On y lit notamment:
- que ce fichier est suceptible de s'intéresser "aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Je tremble pour les membres du Medef: ils correspondent à au moins trois des critères...
- "Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l'appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l'article 1er que de manière exceptionnelle." Exceptionnel, certes, mais ce sera malgré tout possible. Pour infio, la loi de 1978 en question, c'est la loi informatique et libertés.
- "Il est interdit de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules informations." Super. En revanche, à partir de ces seules informations plus une ou deux autres qui n'auront aucune influence sur le résultat de la requête...
- un autre objectif: "centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui [...] sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public". Quand on aura défini ce qu'est l'ordre public et à partir de quel seuil on identifie le "susceptible de porter atteinte", on se sentira déjà mieux.
Il importe de savoir que la CNIL a émis un avis assez réservé sur ce fichier, mais que personne n'en a rien à battre.
Mais ceci n'est qu'un détail. Le Nain a en ce moment un oeil fixé sur la ligne bleue des Balkans (t-est-ce qu'on mange?) et l'autre sur la ligne verte de la Méditerranée. Pour son premier jour à la présidence de l'UE, il aura eu la bonne surprise de découvrir cet entretien accordé par Peter Mandelson à BBC News. Le commissaire européen au commerce accuse en effet le Nabot de semer la pagaille et, partant, d'affaiblir la position européenne face à l'OMC dans les négociations en cours. Un autre article sur le site de BBC News rappelle à l'occasion le peu d'enthousiasme des pays européens envers l'Union méditerranéenne, que le Rase-bitume s'obstine à vouloir lancer le 13 juillet (avant d'accueillir le président Syrien dans les tribunes du défilé le 14 juillet).
Enfin, notre Nain présidentiel reste une star mondiale, puisque, comme nous l'apprend le même site, sa scène d'énervement dans les locaux de France 3 avant sa récente interview est en train de devenir un must du visionnage sur la toile.
Ne pleurez plus braves gens, il n'y a pas que le Dalaï-Lama qui se réincarne. Louis de Funès est à nouveau parmi nous.
08:37 Publié dans Gouvernement & Sénat | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, société, actualité
01.07.2008
Lise pas bonne du tout
La nouvelle du jour, c'est bien entendu l'annonce, au premier jour de la présidence Française de l'Union européenne, que la Pologne (plus exactement, son Président) n'a pas vraiment l'intention de ratifier le traité concocté par le Nain (cf. article du Monde, de L'Express), estimant qu'il est devenu sans objet après le refus de l'Irlande.
Il est un peu tôt pour se livrer à une analyse sérieuse de ce que tout cela va impliquer en termes de communication. A l'heure où les spots publicitaires vantant les mesures gouvernementales pour le pouvoir d'achat défilent sur nos écrans de télé en prime time [Lien] (la campagne a coûté 4,33 millions d'euros d'après Les Echos) et où la fête au village consiste à faire frapper une série spéciale de pièces de 2 euros pour célébrer la prise de présidence (annonce officielle), on se demande jusqu'où va aller l'offensive Médiato-Sarkozienne. Une série spéciale de nougats de Montélimar avec cette maxime gravée sur la pâte: "Les Polonais sont des cons"? Un grand cru bordelais (cuvée Alain Juppé) étiqueté "Les Irlandais craignent à mort"? Ou tout simplement, une nouvelle série de spots de pub: "Vous trouvez que l'Europe n'avance pas assez vite? Nous aussi!"
A tous ces problèmes, une seule solution: une nouvelle commission Attali pour la libération des consciences. Je vois d'ici les conclusions de Maître Jacques: "pour que les peuples ratifient les traités européens, une seule solution: n'imprimer que des bulletins Oui."
09:47 Publié dans Gouvernement & Sénat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, europe, actualité
13.06.2008
Irlande, référendum et choucroute
08:17 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, actualité, europe
10.03.2008
Discours du Nain: un Must technologique
- "Nous [...] on va se battre pour renforcer l'usage [...] des nouvelles technologies en France". Et moi je va me battre aussi.
- "J'ai compris que Microsoft était formidable, que Microsoft était premier, qu'entendait le rester". Si en plus ils ne sont pas capable de relire ce qu'ils lui ont écrit...
- "... pour leur expliquer comment je voudrais que l'économie française et l'économie allemande travaillent mieux ensemble". Il est vrai que vu la santé de l'économie française, les Allemands ont tout intérêt à ouvrir grand leurs écoutilles.
- "... en France, en ce moment, on essaie de faire les réformes que vous, en Allemagne, avez faites depuis des années. [...] On est en train de réformer notre marché du travail, de réformer nos retraites [...] On a créé [...] le système fiscal de Recherche et de Développement le plus favorable au monde." Première nouvelle, les universités et les chercheurs seront ravis de l'apprendre! Personnellement, je n'étais pas au courant.
- "Nous avons réformé nos universités". Le pire, c'est qu'il en est probablement convaincu!
- "Je le dis pour féliciter l'Allemagne..." Sûr que ça doit leur faire plaisir d'être félicités par un type qui maintient son pays au-delà des objectifs de dette publique et qui se permet d'outrepasser ses fonctions en intervenant en plein conseil des ministres européens, à une réunion où il n'est pas invité... Tout ça à 3 mois de prendre la présidence de l'Union européenne...
- "Je veux d'ailleurs dire à Monsieur Barroso [...] de soutenir les réformes que nous mettons en oeuvre en France". Bien sûr, dis-le lui, et il accourra au pied.
- "Je voudrais terminer par là" - N.B. On n'en est qu'à la moitié du discours.
- "... vous êtes pour nous, Français, un modèle. On va faire tout comme vous. Et c'est cela la vraie amitié."
- "On ne peut pas se contenter de dire: l'Allemagne et la France, on doit être amie. Ok et après? Non, il faut que l'on se mobilise sr des projets concrets et on va les trouver ensemble."
- "Je voudrais terminer (N.B. c'est la deuxième fois qu'il termine) en vous disant que la France, les Français, avons une grande admiration pour le travail que vous faite en Allemagne [...] il faut que vous sachiez cela: nous admirons le travail que vous avez fait". Le "s" qui manque à "faite" n'est pas de mon fait, mais celui du texte original. Vraiment, ce Guaino, il a peut-être de bonnes idées pour ses discours, mais il va falloir lui acheter le Petit Robert.
- "La présidence que j'aurai de l'Union, je ne veux pas que ce soit un succès de la France, mais un succès de la France et de l'Allemagne. On va la gérer ensemble [...] c'est cela la responsabilité de nos deux pays." Il ne reste plus qu'à prier pour que, le jour où il ira en Espagne, il dira qaux Espagnols que seules la France et l'Espagne comptent, puis que quand il ira en Grèce, seules les Grecs et le Français occuperont ses pensées, etc. Parce que sinon, les petits copains vont se mettre à compter les points...
- "... pour moi, venir au CEBIT, ici à Hanovre, ce n'était pas tout à fait une mondanité...". Ah, ben encore heureux.
07:33 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : informatique, international, europe, science
13.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (7)
Une étude de plus commandée par l'Europe (cf. page http://ec.europa.eu/education/doc/reports/index_en.html) sur la réforme de l'enseignement supérieur. On trouve cette étude sous la forme d'un rapport en 4 parties:
- Etudes de cas sur 5 pays,
La première étude de cas est l'Autriche. Ce pays a vu, à la fin des années 80, la crise le frapper. Comme le dit le rapport (p.6), le gouvernement trouvant assez déplaisant de devoir opérer lui-même des coupes dans les budgets de l'enseignement supérieur, l'autonomie des établissements lui apparaissait comme une alternative très intéressante.
- Après un long train de réformes, le gouvernement Autrichien a donné aux recteurs des universités le staut d'employeurs en 2001. La conséquence immédiate est que les enseignants ne sont plus des fonctionnaires mais des employés de l'université. Une seconde vague de dérégulation, en 2002, a donné aux universités le droit de déterminer leur propre fonctionnement et organisation interne.
- En outre, des frais d'inscriptions uniformes sur tout le pays ont été introduits (363 euros pour les nationaux, le double pour les étrangers). Les étudiants ayant droit à des bourses peuvent demander le remboursement de leurs frais d'inscription (l'histoire ne dit pas quel est le pourcentage de réponses positives), les non-boursiers se voyant accorder un prêt d'une banque autrichienne dont l'Etat paye 2% de l'intérêt sur une période maximale de 14 semestres. Par ici la monnaie...
- Enfin, les Fachhoschulen ont été introduites. Ces cursus, à vocation professionnalisante, permettent de justifier l'accroissement de l'accès aux études supérieures des classes sociales les moins favorisées. Comme le dit le rapport (c'est moi qui traduis), "[leur] fonction principale est de donner une éducation académique à une force de travail spécialisée pour l'économie régionale". Ce système semble à mi-chemin entre l'IUT et l'école d'ingénieurs, avec des programmes fortement orientés vers la gestion, le management ou des matières techniques spécialisées. Les effectifs de ces formations sont 8 fois plus faibles que celui des étudiants en université.
En guise de conclusion, le rapport pour l'Autriche semble indiquer que, mis à part la plus grande compétition introduite par les Fachhoschulen, il est diffile d'établir un lien entre les réformes introduites et ses résultats.
- Ainsi, il n'est pas certain que l'implantation de procédures d'assurance qualité soient effectivement suivies d'effets quant à la qualité de l'enseignement;
- il n'est pas certain non plus que les frais de scolarité contribuent réellement à l'amélioration de la qualité des cursus, dans la mesure où ils sont surtout utilisés par les universités pour compenser les crédits qu'on leur a coupés!
- Il est également impossible de dire si l'introduction du système compétitif a réellement permis d'accroître la performance de la recherche...
En somme, ne s'est-on pas simplement donné la peine de faire quelque chose, juste pour avoir l'impression de faire quelque chose? Et surtout de faire comme les copains des autres pays, tout simplement parce que cela est à la mode?
08:55 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, autonomie
09.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (6)
Le ton est donné dès le préambule:
- "A l'heure actuelle, la majorité des universités européennes sont non compétitives par rapports à nos concurrents principaux à l'échelle mondiale."
- "La majorité des nouvelles ressources [pour le finacement de l'enseignement supérieur] sera privée; il y a au moins trois raisons pour cela. Premièrement, il est fort peu probable que le seul financement public soit capable de rattraper le retard qu'accuse l'enseignement supérieur européen. Deuxièmement, il serait plus équitable d'un point de vue social que le secteur privé participe davantage au processus d'éducation. Troisièmement, il est probable qu'une plus grande participation du privé accroîtra l'efficacité de l'ensemble du système éducatif."
- L'accroissement des frais d'inscription n'est pas considéré comme une option politiquement viable;
- le financement à la performance éducative est évoqué;
- la recommandation qui pointe le bout de son nez à la fin du rapport est cependant d'instaurer l'équivalent, pour l'enseignement, de ce qui se fait au niveau européen pour la recherche: mettre en place un financement par appel d'offres.
14:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, europe, enseignement supérieur, education
05.11.2007
Processus de Bologne
Le processus de Bologne, tout le monde (ou presque) en parle dans l'enseignement supérieur. Ce mouvement, autour duquel les universités européennes se sont cristallisées à la fin des années 90, vise à la mise en place d'un "espace européen de l'enseignement supérieur". Ce vocable, très similaire à l'"espace européen de la recherche" que promeut activement Bruxelles, pourrait laisser accroire à une mainmise délibérée de Bruxelles sur le processus.
D'après ce rapport de l'INRP, il n'en serait cependant rien, du moins à l'origine. Ce texte très instructif (cf. http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/29_septembre2007.htm et PDF: Bologne.pdf) explique comment l'initiative de départ, préparée "à l'arrache" par Claude Allègre sous la forme d'un colloque à la Sorbonne, a vu se rallier à elle les ministères des différents pays membres, surtout par précaution de ne pas être exclus d'un processus qui, éventuellement, risquait de prendre de l'importance par la suite. En somme, un coup de bol qui a eu la chance d'avoir du pot... Et Bruxelles aurait simplement embrayé dans la roue du processus, en essayant de reprendre l'initiative sur un processus dans lequel elle n'était pour rien!
Les changements induits par le processus ont abouti au tableau que l'on connaît bien dans les universités françaises: divorce progresifs entre les managers/présidents d'université et les universitaires sans poids ni responsabilités administratives, apparition de nouvelles "races de managers universitaires", tentative d'imposer une culture du résultat par indicateurs et, paradoxalement, reprise en main par les instances nationales du système de l'enseignement supérieur, qui avait commencé à leur échapper.
Extraits:
- "[...] les établissements sont plus productifs (diplômes, résultats de recherche...) qu'ils ne l'ont jamais été et que la plupart des ministères dirigent désormais leur enseignement supérieur à travers des indicateurs stratégiques et des négociations contractuelles plutôt qu'à travers la loi et le règlement. En revanche, ce mouvement vers l'autonomie des établissements ne signifie pas que les gouvernements ont renoncé à déterminer les objectifs attendus des universités."
- "[...] les discours de la commission européenne suggèrent que les réformes de modernisation n'ont pas encore été assezrapides, ni assez radicales ! "
- " Maasen pose alors clairement la question de savoir si la « modernisation » invoquée s'appuie réellement surdes données probantes ou ne repose pas plutôt sur une idéologie attribuant toutes les vertus à la logique du marché."
- et bien d'autres...
A lire, vraiment!
17:00 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, politique
25.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (5)
- "La hausse de la légitimité et la reconnaissance: tendances et évolutions dans l'enseignement supérieur privé en Europe",
- "Les dimensions éthiques et morales de l'enseignement supérieur et dela science en Europe",
- "L'enseignement supérieur au Vint-et-unième siècle: une vision pour l'avenir". Eh oui, eux aussi (voir notes précédentes sur le thème des visionnaires forcenés: note 1, note 2, note 3, note 4)
08:05 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement, éducation, enseignement supérieur
19.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (4)
Vous connaissez l'OCDE ? Lui aussi pense à votre avenir. Il y pense même très fort. Il consacre beaucoup d'énergie (et d'argent) à écrire des rapports expliquant comment démanteler les services publics, tout privatiser sans provoquer d'émeutes sociales ni faire bouger les populations. Ce processus est appelé, par les spécialistes, du joli nom d'"ajustement".
Le rapport http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf s'intitule La Faisabilité politique de l'ajustement. Il donne un certain nombre de recettes pour faire passer la pilule; morceaux choisis:
- Page 25: "Il est souhaitable, par ailleurs, que le gouvernement suscite rapidement une coalition d’intérêts qui fasse contrepoids à l’opposition. C’est le complément indispensable à sa stratégie de communication et le seul moyen de s’assurer un soutien durable"
- Page 25 toujours: " Par ailleurs, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, des secteurs stratégiques (l’armée ou la police, par exemple) peuvent être exemptés. Le gouvernement doit s’efforcer de coaliser ces divers groupes en faveur de l’ajustement."
- Et encore: " l’on ne peut appliquer un programme de stabilisation sans léser les intérêts de salariés du secteur public et parapublic, de consommateurs urbains, de salariés et de chefs d’entreprise du secteur moderne. Mais il faut éviter que ce mouvement s’étende à toute la population urbaine, en se ménageant par des actions discriminatoires le soutien de divers groupes "
- Vous voulez savoir pourquoi vous faites toujours la queue au guichet de la poste? Bien sûr, vous vous énervez et insultez "ces jean-foutres de guichetiers". Rassurez-vous, c'est précisément l'intention. Extrait de la page 30:"Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux école ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants." Moins de guichetiers = service pourri, ce qui fait baisser la confiance dans le service public et fournit un argument de choix aux partisans de la privatisation, qui clament partout que le service public est inefficace.
- Extrait de la page 29: "La grève des enseignants n'est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, comme on l'a noté, puisqu'elle libère la jeunesse pour manifester." Eh oui, ces sales jeunes, gardez-les dans les écoles pour qu'ils ne descendent pas dans la rue. A quand les crèches disciplinaires?
Cette publication est parue il y a déjà 10 ans. Elle traitait principalement des mesures d'ajustement pour les pays en voie de développement et faisait un inventaire des stratégies à utiliser. Les bonnes idées étant perméables, elles ont visiblement été lues un peu partout. Ne pas oublier que tous ces "experts" qui gravitent dans les sphères de l'OCDE sont des gens qui ont le temps et qui sont payés pour ça. Ils se retrouvent forcément un jour ou l'autre dans les panels internationaux chargés de préparer les rapports de prospective pour l'Europe (voir les notes précédentes Note 1, Note 2, Note 3) ou d'autres institutions. Il ne s'agit pas ici de dénoncer une hypothétique théorie du complot (qui à mon avis n'a aucun sens), mais de comprendre comment une oligarchie se met progressivement en place, persuadée que sa pensée unique est la seule possible, et d'imposer hors de tout contrôle démocratique des idées aux populations qui n'ont jamais voté pour elles.
A suivre.
15:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, actualité, Europe, société
