05.05.2009
Emploi du temps d'avril
A l'heure où les Nains trouvent que les enseignants-chercheurs sont de gros nuls improductifs, il apparaît juste d'abonder dans leur sens en offrant à la cointemplation publique la nature des activités d'un prof d'université récemment promu (bientôt 2 ans... Ou comme disait une célèbre marionnette en latex: "Putain... deux ans!").
Au menu donc pour le mois d'avril 2009:
Total travaillé: 199,5 h, dont production: 124,5 h qui se décomposent comme suit:
- Enseignement: 48h, dont:
- présentiel: 20,25 h
- préparation & correction: 27,75 h
- Projets & contrats: 2h
- Recherche: 74,5 h, dont:
- 27,5 h d'encadrement (thèses)
- 45,5 h de production perso (chapitres de bouquin dont je vois, enfin, le bout!)
- 1,5 h d'activités éditoriales (je suis désormais éditeur associé d'un journal)
Heures non productives (administratif): 75h, dont
- Gestion quotidienne: 30,5 h (courrier, paperasserie diverse, etc.)
- Gestion labo: 7 h (je fais partie de l'équipe de direction + du conseil scientifique + de l'équipe communication de mon labo)
- Administration des enseignements: 3 h
- Recrutement du prochain maître de conf: 34,5 h(je suis malheureusement président du comité de sélection!)
- dont 24,5 h passées à l'organisation matérielle et adminsitrative du concours (avec la nouvelle loi, les procéduriers devraient être satisfaits; ou alors, il leur faut une machine à voyager dans le temps qui les transporte à l'époque de la bureaucratie soviétique);
- 10 h seulement à examiner les dossiers des candidats et à auditionner en séminaire de recherche ceux qui ont proposé de passer au labo.
Au vu du dernier point, on pourrait effectivement nous reprocher notre légèreté vis-à-vis du recrutement des enseignants-chercheurs (mine de rien, il s'agit quand même d'embaucher quelqu'un pour, allez, 45 ans...) Je suis assez d'accord. Il s'est tout simplement produit que notre université découvrait avec nous (et parfois après) le nouveau règlement, qu'elle a multiplié les réunions inutiles et contradictoires, envoyé des formulaires erronés qu'il a fallu remplir malgré tout pour ensuite devoir remplir les formulaires corrects, demandé des modifications injustifiées des comités de sélection (la plupart du temps inutiles, car les membres que notre CA a imposés ne pouvaient en définitive pas assister aux réunions...), et qu'à force de répondre aux emails comminatoires et aux injonctions diverses, nous n'avions plus le temps de faire le vrai boulot.
Bref, j'attends avec impatience le moment où la machine va finir par s'effondrer sous son propre poids.
Le seul problème, c'est que quand elle tombera, nous serons probablement en dessous!
07:20 Publié dans Faits et chiffres | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ensignement supérieur, université, education, recherche
