02.06.2008

Recrutement maîtres de conf: les questions fondamentales (et quelques réponses)

Suite au billet du 29 mai sur le recrutement des maîtres de conf dans mon université, un certain nombre de lecteurs(trices) ont fait part de leurs réactions - et tant mieux, c'était fait pour!

Au sujet des enjeux de pouvoir qui se révèlent au travers des nominations, c'est probablement Mirza qui a le mieux résumé la situation: "le plus dur, c'est d'arriver à faire avec... et de ne pas en tenir compte, même quand ça nous concerne". C'était précisément le but de cette série de billets: arriver à montrer aux prétendants à la fonction (dont j'ai fait partie il n'y a pas si longtemps) que les règles de fonctionnement finalement très autistes des commissions de recrutement (quelles qu'elles soient - je ne suis pas sûr que les processus soient moins objectifs ou plus purs quand on fait partie d'une commission de recrutement au CNRS, à l'IRD, à l'INRA, l'INSERM, etc.) et les décisions qu'elles prennent à leur endroit ne doivent surtout pas être prises pour des jugements de valeur sur leur personne et leurs qualités propres.

Que, comme Emmeline (collectif bicéphale) cela puisse conduire à s'interroger sur l'intérêt de faire une thèse (je suppose tout de même que c'était une boutade), ma foi, ce n'est pas forcément inutile. Ceci dit, c'est le moment ou jamais, car en ces périodes de départs massifs à la retraite (s'ils sont jamais remplacés, ce qui est une autre histoire) des chercheurs embauchés dans les années 80, les condition sont beaucoup plus favorables qu'il y a, par exemple, 10 ou 15 ans (époque à laquelle j'ai été amené à m'expatrier pour cause d'avenir bouché en France). Désormais, dans ma section CNU on a en moyenne 20 candidats pour un poste; il y a 10 ans, c'était plutôt 60 à 80... Nous sommes au creux de la sinusoïde, avec la coïncidence d'un nombre de postes au recrutement (relativement) important et une démographie de candidats (relativement) peu fournie.

Igor a posé les questions les plus nombreuses, et elles valent la peine qu'on s'y attarde.

  • "pensez-vous qu'il est normal de rester dans sa spécialisation?" Non. C'est précisément parce que je voulais quelqu'un de différent cela que je n'étais pas particulièrement enthousiaste à l'idée de recruter quelqu'un qui ait exactement la même formation que moi! l'ATER que nous avions en poste (et que j'ai fini par faire recruter) était, sur cet aspect aussi, beaucoup plus intéressant que monsieur "guerre des étoiles", car il a à la base une formation d'ingénierie mathématique; ce qui le rend particulièrement "mobile" mentalement et adaptable à beaucoup de choses. Il l'a d'ailleurs prouvé en se mettant, en 6 mois, à un domaine de recherche auquel il n'avait jamais "touché" auparavant, et en nous permettant de soumettre très rapidement 2 publis qui, sans lui, auraient sans doute traîné encore 6 mois...
  • "pensez vous qu'il est normal de recruter sur ses faiblesses ou de soi-meme changer un peu de focus ?" Oui; une raison supplémentaire en faveur du candidat que j'ai recruté car, dans sa thèse, il a travaillé sur un domaine totalement différent - appliqué certes à des problèmes physiques et très concrets (un peu comme vous d'après ce que je vois de votre page web). En gros, je voulais quelqu'un qui puisse m'apprendre des choses sur les sujets que j'ai besoin de développer.
  • "Plus precisement, pensez-vous que ce domaine de meca des flu soit si "mort" que cela et qu'il vous suffit simplement de prendre un ingenieur pour faire avancer les choses dans votre domaine?" Le domaine de méca flu dans lequel travaillait le post-doc qui m'intéressait moins n'est pas mort du tout. Au contraire, il draine des quantités de pognon assez considérables. Simplement, ce n'est pas du tout celui dans lequel je travaille, ce n'était pas le profil dont le labo avait besoin, et ses compétences n'auraient pas servi à grand chose. Au sujet de l'"ingénieur", cf. plus loin.
  • "Mon experience est que bien qu'elle ne soit pas de meme nature, ces complexites sont de meme ordre [...] Le operateurs de moyennage sont differents, mais une fois qu'ils sont compris on n'y pense plus." Je suis d'accord... et en même temps, pas totalement. Dans le domaine dont je m'occupe, il suffit de moyenner une équation sur la verticale ou dans le temps pour tomber sur un type d'équation totalement différent, que l'on ne peut pas résoudre en emplyant les mêmes techniques. Mais développer ce point en détail prendrait trop de temps et lasserait la plupart des gens, même si le sujet est intéressant.
  • "qu'il vous suffit simplement de prendre un ingenieur pour faire avancer les choses dans votre domaine?" Je suis un peu choqué par cette remarque; c'est faire peu de cas de ce qu'est - ou en tout cas devrait être, ou bien était, dans le temps - un ingénieur (un bon ingénieur, j'entends). C'est peut-être aussi se faire une idée exagérée de ce qu'est la recherche aujourd'hui. Soyons honnêtes: la majorité des chercheurs en sciences de l'ingénierie aujourd'hui font un boulot d'ingénieur. Quelques petits exemples.
    • Quand je remplis 10 pages de calcul pour mettre au point une nouvelle méthode de reconstruction des variables dans un schéma de type Godunov, ou quand je mets au point une procédure de détection de choc, je ne fais pas de la recherche en maths: j'utilise au mieux des notions de géométrie différentielle, d'algèbre linéaire et de calcul différentiel que l'on connaît depuis, je dirais, 150 ans. Les gens qui font de la vraie recherche en mathématiques, je suis incapable de les comprendre. Donc oui, je fais de l'ingénierie.
    • L'ingénierie est extrêmement utile. Elle permet de mettre en pratique ce qui autrement n'existerait qu'en théorie ou à l'état de "possibilité". Je sais que les théoriciens ont l'habitude de déféquer copieusement sur tout ce qui est "bassement pratique", mais il arrive un moment où il faut délaisser les cas théoriques et les géométries idéales avec leurs symétries élégantes et lisses pour arriver et effectivement à se colleter avec la réalité moche, asymétrique et rugueuse. Je suis d'accord que sans Einstein et la relativité, les GPS seraient nettement moins précis (voire pas du tout), mais sans Tsiolkovski, Korolev ou Von Braun (le V2, la fléchette téléguidée supersonique de l'Allemagne Nazie, c'est lui) ils n'auraient simplement pas existé.
    • si la moitié seulement des gens dans mon labo avaient une mentalité d'ingénieurs, avec la volonté de fabriquer des choses qui fonctionnent réellement, et la capacité d'écrire correctement leur nom sur un ordre de mission, la vie serait bien plus facile pour beaucoup de monde... Y compris parce que ce qui décide l'attribution des crédits de recherche, la visibilité des équipes et l'affichage extérieur des lignes de recherche dans un labo, ce sont les problématiques de recherche de la majorité... qui dépendent de la vision que cette majorité a de sa propre activité et de son utilité sociale.
       
  • "Il est tres important [...] de comprendre que le recrutement n'est en general [...] pas simplement une question de capacite [...]  dans le public francais on fait exactement la meme chose." On est d'accord.
  • "il serait naif de penser que seuls les criteres supposes objectifs sont la partie essentielle d'une acceptation dans le groupe. Parceque a la fin, c'est un pari sur l'avenir que fait ce groupe." C'est exactement ça. De ce point de vue, le processus ne diffère effectivement pas de ce que l'on rencontre dans le privé. La grosse différence avec le privé, c'est que chez nous, une fois embauché, le maître de conf n'est plus virable et il est là à vie; dans le privé, on peut virer les gens qui ne conviennent pas. Ceci dit, ne nous leurrons pas, le privé permet également la survie des médiocres et l'ascension des conformistes, surtout dans les grand groupes (c'est un ancien salarié du groupe Alcatel qui vous parle!)

Et pour la fin, Igor nous pose la question qui tue: "Etant donne l'etat de fait que vous decrivez, que faudrait-il au systeme pour qu'il soit juste et qu'il remplisse sa mission de facon la moins inefficace possible ?"

Comme disait l'autre: mort aux cons... vaste programme! Pour être honnête, je ne suis pas certain qu'il existe un système juste, ni que celui que nous avons en France soit fondamentalement injuste. Simplement, tout système peut être détourné et utilisé de façon perverse par les incompétents et/ou les malhonnêtes. En particulier, comme la France est un pays essentiellement d'habitudes féodales, ces mauvais habitudes se retrouvent jusques et y compris dans le recrutement des enseignants-chercheurs. Au nombre des mauvaises habitudes, qu'il serait à mon avis intéressant de faire disparaître (liste non exhaustive):

  • être clairs sur les objectifs et les critères. N'oublions pas que la série de billets portait sur le recrutement des maîtres de conf. Or, pour l'instant (et c'est assez symptomatique), nous n'avons parlé que de recherche. Rappelons tout de même qu'un MCF, c'est un enseignant-chercheur. Il est tout de même censé passer la moitié de son temps à préparer des cours, corriger les exams et, éventuellement, coordonner des enseignements. On constate néanmoins deux choses:
    • un bon enseignant qui est "simplement" un bon enseignant ne sera jamais promu pour cette seule qualité. Le critère le plus souvent officiellement donné (par les sections CNU par exemple pour la qualif aux postes de prof) est l'excellence et la cohérence de l'effort de recherche;
    • en réalité, au-delà des critères officiels, il existe des "critères cachés", que, comme trop souvent dans notre beau système français, on ne découvre qu'après coup, c'est-à-dire après s'être fait planter! ces critères cachés tournent souvent autour de l'administration des enseignements, de l'appartenance à des instances administratives telles que les commissions de spécialistes, les conseils scientifiques, les CA, etc.; beaucoup d'instances où l'on entre principalement par cooptation - donc souvent sur des critères de copinage et non de valeur;
    • reconnaissaons enfin que si la promotion pour récompense de l'investissement administratif est si répandue, c'est qu'elle arrange beaucoup de monde: contrairement à la recherche, l'administration ne demande pas de bonnes idées, elle ne requiert que du temps de présence; si votre recherche est nulle, vous vous ferez doubler par de meilleurs que vous; si vous faites de l'administration, il vous suffit de ne jamais laisser votre place pour faire barrage à tous les autres. C'est le système de verrouillage à l'ancienneté le plus efficace qui soit, car il requiert uniquement d'être le premier à s'asseoir dansle fauteuil.
  • Reconnaître la valeur du travail (je veux dire, le vrai travail).
    • Un tournant que je constate depuis quelques années avec l'irruption d'une nouvelle génération de maîtres de conf et de chercheurs dans quelques labos de ma connaissance (dont le mien), c'est que les nouveaux venus prennent très rapidement de mauvaises habitudes, à savoir essayer de faire faire au maximum leur travail par les autres. C'est en particulier le cas de deux nouvelles venues dans mon labo. Elles sont sincèrement persuadées que faire de la recherche, c'est prendre des stagiaires de Master 1 ou 2 pour leur faire faire compiler des données qu'elles entreront dans des modèles dont elles n'auront plus qu'à presser les boutons. Lorsqu'on leur parle de développer leurs propres codes, elles se barrent en courant.
    • On peut certes le regretter, mais comment s'en étonner lorsque, pendant toute la durée de leur thèse ou de leur post-doc, ces gens ont eu pour directeurs, ont vu passer leur habilitation ou être promus PR ou DR des gens dont le seul titre de gloire avait été de signer officiellement les formulaires d'encadrement de thèse, ce qui leur donnait le droit féodal de cosigner toutes les publis - le seul moyen qui leur était offert de publier, puisqu'ils avaient arrêté toute recherche propre depuis longtemps. La fainéantise intellectuelle devient non seulement une mauvaise habitude, mais un mode de vie établi, voire un modèle de carrière.
    • Il est d'ailleurs à peu près universellement admis qu'un DR ou un PR a principalement un rôle d'encadrement de la recherche, un rôle d'autant plus volontiers rempli par nombre de mes chers collègues qu'il fait partie des plus confortables intellectuellement parlant. Pour la plupart des cadres A de ma connaissance, l'encadrement de la recherche se limite à du "Y a qu'à, faut qu'on", sans jamais mettre la main à la pâte (sauf bien sûr au moment de rédiger une partie de la proposition ANR, qui consiste principalement à promettre des choses de façon suffisamment vague pour ne pas avoir d'ennuis si on n'arrive pas à obtenir les résultats escomptés), le gros du boulot étant fait par le thésard/post-doc et le maître de conf qui co-encadre (i.e. qui encadre réellement) le travail.
  • Abandonner l'habitude typiquement française basée sur l'élimination et la croyance dans le diplôme.
    • Il est symptomatique de voir que, pour pouvoir faire "passer" le candidat qui me convenait, j'aie été obligé (nous ayons été), auprès de la commission de spécialistes, de démolir l'autre candidat. C'est là aussi un travers assez typique de notre pays. De l'enseignement secondaire à la Grande Ecole, en passant par les classes prépa et le choix du bac, tout est basé sur la soi-disant sélection; malheureusement, celle-ci est au mieux un aveu d'impuissance, au plus probable une inconscience pédagogique, et au pire un mode de perpétuation cynique des élites. Quelle que soit la manière dont on voit les choses, le système reste majoritairement fait pour ceux qui ont la chance de parvenir à suivre, il n'est pas fait pour ceux qui ont des difficultés.
    • La découverte la plus agréable lorsque j'ai été embauché dans un institut universitaire aux Pays-Bas il y a 10 ans était qu'on se fichait totalement du nom de l'école d'ingénieurs que j'avais suivie, de son classement au concours des prépas ou du nombre de prix Nobel que l'université avait engendrés. La seule chose qui comptait, c'était que j'étais à l'époque chef de projet dans une boîte qui développait du logiciel scientifique, que j'avais l'expérience du métier et que je savais ce qu'il fallait enseigner à des élèves-ingénieurs en cours post-grade international. Je n'ai pas passé comme en France une audition de 15 minutes: mon entretien de recrutement véritable a été une présentation de deux heures sur nos logiciels que j'ai donnée en anglais à une promotion de ces élèves qui faisait de notre boîte une des étapes de leur voyage d'études. Et il a fallu répondre à toutes les questions vicieuses que posaient les étudiants... Les types voulaient recruter un enseignant, ils ont testé l'enseignant!

Aux Pays-Bas (le seul pays étranger dont je puisse vraiment prétendre le mode de fonctionnement, puisque j'y suis resté 5 ans), le va-et-vient entre industrie et recherche est continuel. On trouve de nombreuses personnes employées à temps partiel dans des bureaux d'études et à l'université. Même si cela ne débouche pas toujours sur une recherche de qualité transcendante, cela a au moins trois avantages: (1) les enseignants en ingénierie savent de quoi ils parlent, puisqu'ils sont issus (et souvent toujours en contact avec) milieu professionnel; (2) les thésards travaillent sur des sujets très appliqués, souvent financés par l'industrie et, (3) leur diplôme obtenu, ils n'ont pas de mal à trouver un boulot, car, contrairement à la France, les employeurs néerlandais ont compris l'utilité d'avoir des gens bien formés, autonomes et compétents dans leur travail.

En arrêtant là la liste pour ne pas lasser le lecteur, je conclurai en disant que, parmi mes 20 et quelque collègues enseignants en école d'ingénieurs, je suis le seul à avoir effectivement fait ce métier avant de rentrer dans le cursus universitaire (N.B. l'ATER que j'ai réussi à recruter a également une expérience, brève certes, du métier; ce n'est pas un hasard si j'y tenais...) A l'heure du Master pro, de la formation continue et par apprentissage, est-ce bien normal?

14.05.2008

Nouveaux programmes scolaires

Vous pensiez peut-être qu'on avait besoin, en France, d'un ministre de l'Education. Erreur mon cher Watson, nous avons déjà, au sommet de l'échelle, un Nain de jardin qui vient chaque jour avec de nouvelles idées que son crétin de ministre n'aurait pas pu avoir tout seul. Par exemple:

  • lettre de Guy Mocquet à lire dans toutes les écoles,
  • "parrainage" de la mémoire d'un enfant Juif mort en déportation,
  • oeuvre d'Aimé Césaire à incorporer dans les programmes,
  • enseignement de l'histoire de l'esclavage (le Nain a récemment déclaré vouloir les introduire dans les programmes, alors qu'ils y figurent déjà, cf. article dans Libération),
  • et désormais, l'enseignement de l'histoire de l'Art, auquel il faudra désormais consacrer "50% des heures d'éducation artistique" et "25% des horaires d'enseignement de l'histoire".

Cette dernière mesure est loin de faire l'unanimité, d'autant qu'elle semble, comme à peu près tout ce que commande le Nain protéiforme au niveau de l'Education, avoir été bâtie à la hâte. De façon plus générale, on pourra trouver utile de s'intéreser au texte proposé pour les nouveaux programmes scolaires (article du Monde, article de Libération et texte proposé pour les nouveaux programmes par X. Darcos, le [si peu] ministre).

Sur le site du ministère, on nous présente le texte des nouveaux programmes comme résultant d'une consultation à la fois des parents d'élèves (voir résultats de la consultation) et des enseignants (voir document de synthèse, Lien vers toutes les synthèses par circonscription). En réalité, les gens ont été consultés après coup, et il n'est pas très clair dans quelle mesure leurs avis seront pris en compte pour la révision du texte.

Comme cela revient de façon récurrente dans les remarques faites par les enseignants, on peut toutefois se demander comment on va pouvoir faire apprendre davantage de choses aux gamins avec moins de temps... D'un autre côté, si dans 15 ans, après que mes (futurs) étudiants auront suivi ce nouveau programme, je les récupère ayant appris à lire, écrire et calculer correctement, j'estimerai qu'un pas fondamental a été franchi. A suivre...

07.05.2008

Du savoir-vivre

Mes étudiants ont la bonne habitude de ne jamais se pointer à un cours à l'heure (pour mémoire, j'enseigne en école d'ingénieurs, de Bac+3 à Bac+5). Mes collègues me l'ont confirmé, la coutume de cette promo est d'attendre, pour entrer en classe, que l'heure de début des cours soit passée de 10 minutes à un quart d'heure. Je me rappelle une époque où l'instituteur, enveloppé dans sa blouse grise, nous signifiait la fin de la récréation en tapant dans ses mains comme pour effrayer une volée de moineaux... Comme je n'en suis pas à ce point de mépris pour mes bambins de 22 ans (eh oui, Bac + 4 déjà...), je n'use pas de cette gestuelle, leur laissant le soin de gagner la salle de cours lorsqu'ils pensent être spirituellement mûrs pour une nouvelle aventure intellectuelle dans les méandres de la mécanique des fluides.

C'est ainsi qu'hier, ils ont poussé le délai jusqu'à 13 minutes - performance inférieure au max des mesures, mais facilement dans le dernier décile de la fonction de distribution "minutes de retard". Comme le TD que je leur avais préparé était calibré pile pour 1 heure et demie (j'ai toujours été bon pour estimer les temps de travail), on a fini, non pas à 15 heures 30, mais à 15 heures 41. J'en voyais s'agiter et tortiller du derche sur leur chaise, à croire que ces 11 minutes de trop étaient vraiment intenables, à moins qu'un collègue facétieux n'ait enduit le siège de fluide glacial ou de clous de tapissier... Quand je les ai libérés, certains n'étaient pas loin de refaire Mai 68. Il y en a quand même eu une sur les 25 pour émettre la réflexion: "Ouais, mais c'est vrai qu'on n'a pas commencé à l'heure." Merci mademoiselle; quand on pense que dans un an et demi, la moitié d'entre vous seront à l'oeuvre dans un bureau d'étude, en décomptant leur temps au quart d'heure près pour savoir sur quel projet ils doivent le facturer (temps bénis de ma jeunesse...), on se dit que la sélection naturelle fait des miracles.

Loin de moi l'idée de vouloir passer pour un vieux con (ou alors, je commence bien jeune); après tout, quand j'étais à leur place, j'étais peut-être pareil, et probablement pire: j'avais déjà l'habitude de faire des BD, mais je les faisais en plein cours - et comme j'étais souvent assis dans les premiers rangs, on peut se demander rétrospectivement ec que mes profs en pensaient...

Ce matin, j'ai eu la chance de pouvoir partir au boulot plus tôt que d'habitude, j'ai donc pris le journal de France Inter de 7h; lequel, mis à part la victoire à 60% d'Obama aux primaires Démocrates, se consacrait primordialement au pont de ce week-end. Y figurait notamment l'interview d'une mère de famille qui a décidé de faire sécher le vendredi et le samedi à sa fille, alors que son collège ne fait pas le pont. Retranscription de mémoire: "Je reconnais que c'est un peu égoïste de ma part de lui faire rater un jour d'école, mais bon, j'ai eu envie de m'offrir un week-end. Par contre, à l'Education nationale, ils n'ont pas été très sympas avec elle, puisqu'ils ont refusé de lui donner les cours du vendredi."

C'est en effet pas très sympa de ne pas fournir les énoncés, polycopiés, etc. aux gens qui sèchent. Si la proviseure du collège en question a entendu ça dans le poste, ça a dû lui faire salement plaisir. Mis à part que la rombière a tendance à confondre le collège avec le CNED, elle a peut-être aussi tendance à confondre service public avec centre commercial? D'un autre côté, quand, dans environ 10 ans, je verrai débouler sa gamine dans mes classes, j'aurai moins de souci à me faire sur sa ponctualité: ce n'est pas qu'elle viendra en retard; tout simplement, elle ne viendra pas!

05.05.2008

Cooptation universitaire: mise au point

Au sujet du billet de vendredi dernier, Mathieu P. n'a pas aimé (N.B. Ceci prouve que contrairement aux apparences, je lis les commentaires postés sur ce blog). Il a laissé ce commentaire à la fin de la note:

"En quels sens les commentaires sont-ils « édifiants » ? Entre les idées simplistes et les généralisation abusives (alors que l'article, et encore plus l'étude, font la part de l'existence de facteurs objectifs justifiant un certain localisme, comme la présence d'équipements non-duplicables), j'ai du mal à trouver des commentaires digne d'intérêt."

Admettons; le délit d'opinion n'existant pas (pour l'instant), les gens ont encore le droit d'avoir des avis. Clarifions cependant les choses. Le terme "édifiant" a deux acceptions.

  • La première, aux termes du Larousse, est "qui porte à la vertu, à la piété'".
  • La seconde est: "qui en dit long; très instructif".

Les habitués de ce blog n'auront je pense aucun mal à deviner à laquelle je fais référence dans ce billet. Merci donc pour cette intervention de Mathieu, qui a pris la peine d'expliquer à ma place certaines choses. Ne lui déplaise néanmoins, je persiste à trouver édifiants les commentaires que l'on trouve sur le site du Monde. Je ne citerai par exemple que le dernier en date:

  • " jeune recrue CR-1 (paris 6) 02.05.08 | 22h26 Moi-même ayant été recrutée par "relation" au poste de CR-1 (paris 6), je peux confirmer que la qualité/quantité des publications n'influent en rien le recrutement. Cela est très bien ainsi. En effet, n'ayant pas le niveau pour être recruter à l'étranger, je n'ai pas eu d'autres choix que de faire jouer mes contacts priviliégés avec mon directeur de thèse. Ce recrutement local permet ainsi de renforcer les liens "familiaux" crés au cours de la thèse, et l'ambiance n'en est que plus productive."

Voilà, elle l'a dit. Si vous ne trouvez pas ça édifiant, je ne sais pas ce qu'il vous faut...

02.05.2008

Cooptation universitaire: l'article du Monde

Pour ceux qui suivent de près l'actualité universitaire - et, plus particulièrement, ces dernières semaines, la campagne de recrutement des maîtres de conf et profs - trouveront sans doute intéressant cet article paru dans Le Monde (version PDF: Le Monde.fr _ Recrutement des enseignants-chercheurs _ la cooptation est mis.pdf).

Cet article fait notamment référence à un travail d'investigation mené par 2 chercheurs, dont le texte est disponible en ligne (Fichier PDF: Le localisme dans le monde académique _ un essai d’évaluation.pdf). Dans ce dernier texte, on trouve une référence à l'initiative prise par Baptiste Coulmont (cf. lien dans le bandeau à droite de ce site) en sciences sociales pour tenter d'accroître la transparence du processus de recrutement.

A lire également, les commentaires déposés sur le site du Monde après la parution de l'article en question. Certains sont édifiants. J'hésite encore, au niveau de mon labo, à transférer l'URL de cet article dans un mail à "tous"...

29.04.2008

Nouvelle pédagogie à l'université

La pédagogie est le sel du terreau de la semence du germe de l'embryon de l'apprentissage, on ne le dira jamais assez. A la lecture du bouquin de maths de troisième que j'avais commandé pour mes élèves-ingénieurs, j'ai compris mon erreur de toujours: si vous voulez que les gamins apprennent, faites marrant. C'est avec des maximes comme celles-ci que l'on comprend que Le Monde était un journal pour grandes personnes, puisque paraît-il Hubert Beuve-Méry réunissait ses collaborateurs debout autour du bureau et leur donnait comme consigne: "Faites emmerdant."

Ainsi, dans ce bouquin de maths de troisième dont je vous cause, relève-t-on des exemples édifiants de la présence, dans le monde intelligible et sensible, d'êtres géométriquement purs, dont la seule vocation semble être de nous éveiller à la perfection Euclidienne. Témoin cette photo, glanée en page 67 (mes excuses pour le scan de travers):

58260545.jpg

Chacun prend les exemples qu'il veut; par exemple, moi j'aurais plutôt pensé à un camembert (les Hollandais doivent mettre une photo de meule de Gouda).

Bref, ceci m'a fait comprendre que je devais changer radicalement de méthode. Aussi ai-je le plaisir de vous livrer mon nouveau polycopié de mécanique des fluides, auquel je confierai dès l'année prochaine la mission d'éduquer mes élèves ingénieurs. Ne vous moquez pas: dessiner une petite page comme celle-là m'a pris 5 fois plus de temps que d'écrire la même chose en langage mathématique ordinaire avec mon traitement de texte et mon éditeur d'équations breveté Bill Gates. Pour la version PDF grandeur nature, cliquez sur le lien en légende de la photo.

607022191.jpg

Version PDF:MdF01.pdf

Si après ça, ils osent dire qu'on ne se donne pas du mal pour eux!

28.04.2008

Université: comment relever le niveau

Ca y est, ils sont arrivés. Je parle des bouquins de maths et de physique des classes de seconde à la terminale, que mon département a commandés (à ma demande) pour aider nos étudiants à récupérer un niveau à peu près de base... Pour ceux qui l'ignorent, et pour ceux qui auraient oublié, j'enseigne en école d'ingénieurs.

A l'ouverture des opuscules en question, premier coup de nostalgie: où êtes-vous passés, bons vieux bouquins en bichromie de mon enfance? Les bouquins de maths ressemblent désormais à des albums de coloriage. Il y a de l'arc-en-ciel à tous les coins de page, c'est tout juste si l'on n'a pas droit à la rubrique "apprenons en s'amusant" et, au rayon des exos, au classique "mais où est donc passé Willy?"

Finalement, celui qui risque d'avoir le plus de mal avec les bouquins de 1ère Scientifique, c'est moi! Vous me direz, ça tombe bien, notre métier n'est-il pas de nous renouveler sans cesse et d'opérer une perpétuelle remise en question? Je me vois déjà remettre à jour tous mes polycopiés de mécanique des fluides et de méthodes numériques: le premier cours universitaire et le premier recueil d'exercices pour ingénieurs en bande dessinées!

25.04.2008

Endogamie académique

Signalé par Pablo en commentaire à un billet de ce blog, le billet ci-dessous, traitant de l'"academic inbreeding" (que l'on pourrait globalement traduire par "endogamie académique", ou universitaire), méritait d'être mis en avant: http://okham.livejournal.com/10165.html#cutid1.

Ce billet fait notamment référence à un article de Horta, Veloso et Grediaga, dont voici la version PDF: navelgazing[1].pdf. L'article en question n'a apparemment pas été soumis ou publié en tant que tel dans un journal, mais présenté comme "working paper" dans cette autre publication d'un des auteurs: http://www.palgrave-journals.com/hep/journal/v21/n1/full/... (Higher Education Policy (2008) 21, 123–146. doi:10.1057/palgrave.hep.8300177).

Merci à Pablo d'avoir signalé ces papiers, et bonne lecture à ceux que cela intéresse.

17.04.2008

Universités: Valérie Pécresse vous explique

Hier, notre ministre s'adressait au peuple. Dans la folie communicante dont fait preuve notre gouvernement, il est bien vu d'utiliser tous les moyens, pertinents ou non, pour expliquer sa politique. Ainsi, un "chat" avait lieu hier après-midi sur le site du ministère, à cette page. Je vous épargnerai une analyse détaillée du texte, que je copie en intégralité ci-dessous. Relevons quelques infos intéressantes:

  • la ministre prétend que des organismes tels que le CNRS sont très attractifs pour les chercheurs étrangers. Personnellement, je n'en connais pas beaucoup qui ont été embauchés au CNRS...
  • parallèlement, elle affirme que l'âge moyen de recrutement (31 ans) n'a pas changé depuis des années. Cela signifie 2 choses: (1) la limite d'âge de 31 ans pour les candidatures aux postes de CR2 étaient bel et bien obsolètes, (2) cet âge ne fait que refléter le caractère endogame du recrutement.
Pour les autres questions, la réponse est globalement "on y travaille"... Je vous laisse vous délecter des déclarations de bonnes intentions et des formules bateau... Quand on est à l'ouest, il n'y a rien de nouveau.

 Copie du texte du "Chat"

Bonjour à tous, bienvenue.
Le chat commencera à 18 h, vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions.

La ministre a un peu de retard... Le chat commencera à 18h15.

Merci de votre patience, la ministre arrive dans quelques minutes. N'hésitez pas à poser vos questions dès maintenant.

Valérie Pécresse : bonjour.

Valérie Pécresse : Parce que je crois que c'est toujours utile de se parler directement.

Valérie Pécresse : Et que cela permet de poser toute les questions qu'on rêve de poser.

jeune_chercheur_exilé : que compte faire le gouvernement afin d'endiguer la fuite des jeunes chercheurs, qui faute de postes et de perspectives dans la recherche publique française partent à l'étranger ?

Valérie Pécresse : La loi sur l'autonomie des universités va permettre, dès que les universités seront autonomes, de recruter et de faire revenir

Valérie Pécresse : des chercheurs qui se sont exilés en créant pour eux des contrats spécifiques.

Valérie Pécresse : Le problème, c'est que bien souvent ils ont 35, 40 ans, une famille et qu'ils ne veulent pas recommencer une carrière au premier échelon du grande.

Valérie Pécresse : du grade.

Valérie Pécresse : Il faut qu'ils puissent revenir dans des bonnes conditions.

moimeme : comment peut on envisager un quelqonque progrès de la France avec de moins en moins de moyens au niveau enseignement et recherche? Ce la me semble tout à fait normal si la France a de moins en moins de crédibilité et dégrade son image

Valérie Pécresse : Il a tout à fait raison, c'est d'ailleurs pour cela que nous avons décidé de faire de la recherche et de l'enseignement supérieur

Valérie Pécresse : des priorités absolues.

Valérie Pécresse : Et, en plus, 5 milliards d'euros pour financer un grand plan de campus universitaire.

Valérie Pécresse : depuis 2005, avec la création de lAgence nationale de la recherche, les budgets ont augmenté en moyenne de 25% et on a créé de nombreux emplois.

Valérie Pécresse : Il y a déjà eu un premier coup de boosteur donné à la recherche française suite à la mobilisation des chercheurs.

Nathalie : Que comptez-vous faire pour limiter la precarite dans laquelle se trouvent les chercheurs (succession de contrats de courte duree) sachant que sans CDI, il est difficle de concretiser certains projets personnel (achat d'appartement, enfants ...) ?

Valérie Pécresse : C'est vrai qu'on a toute une série de problèmes liés au bon déroule ment de la période entre le docto rat et le recrute ment statutaire.

Valérie Pécresse : La france est l'un des rares pays à recruter des cher cheurs à temps plein sur un statut de chercheur.

Valérie Pécresse : C'est une cause d'attractivité de notre pays, notamment pour des chercheurs étrangers car le CNRS offre par exemple des statuts

Valérie Pécresse : de chercheurs à temps plein.

Valérie Pécresse : De même, nous allons devoir recru ter beaucoup de maîtres de conférences, enseignants chercheurs, à l'université.

Valérie Pécresse : Mais il y a une longue période entre la thèse et l'entrée dans la carrière et nous devons rendre cette période la plus stable possible.

Valérie Pécresse : Pour cela, il y a des établissements publics comme le CEA, mais dans le droit privé français on ne peut pas faire de contrats de plus de 18 mois.

Valérie Pécresse : 18 mois, c'est trop court pour mener à bien un projet de recherche.

Valérie Pécresse : On parle aujourd'hui d'un contrat de mission de trois ans qui serait particulièrement bien adapté pour les post-doctorats.

Valérie Pécresse : Pour les périodes post-doctorales, dans les organismes administratifs, il faut réflé chir aussi à ce que doit être le contrat qui ménage à la fois la

Valérie Pécresse : stabilité et la souplesse pour les jeunes.

postdoc USA : Les durees des postdoc s'allongent, donnant amplement le temps aux jeunes docteurs cherement formes en France, de faire leur vie a l'etranger, ou les conditions materielles sont nettement plus favorables. Que compte faire la ministre pour contrer cette "fuite des cerveaux" encouragee par les ages moyens d'embauche dans les organismes de recherche?

Valérie Pécresse : Les âges moyens d'embauche n'ont pas augmenté depuis 10 ans, c'est environ 31 ans pour les filières scientitifiques et 35 ans pour les littéraires.

Valérie Pécresse : Il faut qu'on permette aux jeunes d'avoir des contrats de post-doc attractifs en france pour ne surtout pas qu'ils s'installent durablement à l'étranger.

Valérie Pécresse : C'est la mission que j'ai confié au Président de l'Académie des sciences sur l'attractivité de la recherche.

Jeune chercheur : Madame la Ministre, Que pensez-vous du niveau de salaire des jeunes chercheurs lorsqu'ils sont payés au SMIC, ou à peine plus? Cordialement

Valérie Pécresse : Déjà, on a commencé à agir sur deschoses que je pouvais faire très directement, les allocations de recherche des doctorants.

Valérie Pécresse : Nous avons décidé d'augmen de 16% les allocations de recherche des doctorants et on a permis à tous les jeunes doctorants de demander

Valérie Pécresse : un monitorat dans l'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : Cela va permettre d'augmenter à 1980 euros bruts l'allocation de recherche, plus le monitorat.

Valérie Pécresse : Mais cela reste encore peu, il faut qu'on travaille désormais sur les débuts de carrières puisqu'on a des allocataires moniteurs payés au salaire

Valérie Pécresse : des jeunes chargés de recherche et les jeunes maîtres de conf.

Valérie Pécresse : C'est l'objet de la mission Hoffman sur les chercheurs, que j'aurais d'ici juin et de la mission Schwartz sur les personnels de l'université.

Valérie Pécresse : on s'aper çoit que selon les grades il est plus avantageux d'être chercheur ou maître de conférence et professeur. Ces divergences ne doivent plus

Valérie Pécresse : exister.

Antoine : Bonjour, on a vu que le salaires des doctorants a été réévalué ces dernier mois. Quand est-il du salaire des chargés de recherche et maitres de conférences ? Antoine

Valérie Pécresse : Je lui réponds qu'évidemment c'est l'étape suivante et que c'est aujourd'hui en discussion que la commission Schwartz et Jules hoffmann vont faire des

Valérie Pécresse : propositions et ensuite il y aura des discus sion avec Bercy.

Valérie Pécresse : Etre fonctionnaire statutaire, ce n'est pas la même sécurité que quand on est contractuel.

Valérie Pécresse : En même temps, il faut être très conscient de la concurrence inouie qui s'opère sur les chercheurs et sur les meilleurs d'entre eux.

zizou : Comment comptez vous financer votre reforme, en matiere notamment en matiere de salaire pour faire revenir les chercheurs, sachant qu'aux Etats-Unis le salaire moyen est de 4000 a 5000 dollars!!!!!!

Valérie Pécresse : Nous alons la chance d'avoir un euro qui fait 1,5 dollar.

Valérie Pécresse : Cela nous permet de ne pas penser qu'un euro égale un dollar.

Valérie Pécresse : Le salaire n'est jamais la première motivation d'un jeune ou d'un moins jeune qui s'engage dans les métiers de la recherche.

Valérie Pécresse : Si c'é tait le cas, il ne serait pas dans la recherche, il serait dans la finance ou dans l'entreprise.

Valérie Pécresse : Je pense aussi qu'à partir d'un certain moment, avec une trop grande divergence, on réfléchit au bien-être de sa famille, c'est normal.

Valérie Pécresse : Et puis on essaie de structurer une équipe autour de soi, pour mener à bien une équipe de recherche et, de ce point de vue, des initiatives

Valérie Pécresse : ont été prises au niveau européen qui permettent à des jeunes chercheurs d'avoir des bourses qui sont vraiment d'un montant élevé

Valérie Pécresse : et qui leur permettent de s'installer dans un projet de recherche.

michelb : Que pensez vous de la rémunération des chercheurs seniors?

Valérie Pécresse : Contrairement à l'idée reçue, nous risquons aussi d'avoir une hermoragie chez des chercheurs en milieu de carriève

Valérie Pécresse : carrière. Il faut se prémunir de ce risque d'hémorragie de chercheurs "seniors".

Ph. H. : Bonjour, que fait-on pour les chercheurs seniors ? L'on ne fait que parler des "jeunes" chercheurs... Les autres ne sont pas morts ! Ils vivent une galère phénoménale. J'ai 45 ans et toujours en emploi précaire (780 euros par mois !). J'ai créé une association pour pouvoir survivre et continuer à faire de la recherche fondamentale. Merci, Philippe.

Valérie Pécresse : Nous savons qu'ils sont là et nous allons travailler sur l'ensemble des carrières, à tous les âges.

Cindy LB : Mme la Ministre, Face à une précarité croissante et compte tenu du recul de l'age du recrutement des docteurs et de la faible attractivité des jeunes pour les métiers de la recherche, comment pensez vous encourager la féminisation des métiers de la recherche ?

Valérie Pécresse : Je crois qu'il faut s'assurer que les femmes soient bien promues.

Valérie Pécresse : La première mesure, c'est de nommer 50% de femmes au Conseil national des universités.

Valérie Pécresse : Cela fait un regard beaucoup plus féminin sur les regards des promotions.

Valérie Pécresse : Une femme tiendra compte des contraintes que la maternité fait peser sur les carrière des jeunes femmes qui se présenteront.

Valérie Pécresse : De la même façon, je pense qu'il faut réfléchir à la possibilité d'avoir des reports de limite d'âge pour un certain nombre de concours.

Valérie Pécresse : Je pense notamment à l'Institut universitaire de France pour les mères de familles pour tenir compte des années de grossesse..

Valérie Pécresse : . Enfin, il faut vraiment que les jurys aient à coeur de juger la qualité des publications et pas forcé ment le nombre.

Valérie Pécresse : Les congés de maternité arrivent souvent au moment où les chercheurs peuvent prendre des responsabilités.

Valérie Pécresse : J'encourage les femmes, j'ai mis 50% de femmes au Conseil d'administration de l'école nationale supérieur.

Valérie Pécresse : Quand je nomme un recteur, je nomme un homme, une femme.

Valérie Pécresse : je crois qu'il y a vraiment eu, par le passé, dans l'enseignement ou dans recherche, une forme de barrière à l'entrée qui vient du fait que les

Valérie Pécresse : promotions les plus importantes se font à l'âge de la maternité.

Michel : Le doctorat est considéré dans les pays anglo-saxons comme un gage de qualité, et est reconnu en tant que tel par les entreprise. Ceci est loin d'être le cas en France et prive les docteurs de débouchés viables à long terme. Des mesures sont elles envisagées pour favoriser la reconnaissance des docteurs en entreprises ?

Valérie Pécresse : Toute une série, car il faut commencer par-là pour relever le défi démographique qui nous attend.

Valérie Pécresse : Il faut un vivier de chercheurs de bonne qualité.

Valérie Pécresse : Pour revaloriser le doctorat, il faus rassembler les universités et les grandes écoles avec des écoles doctorales communes sur des projets de recherche.

Valérie Pécresse : Le doctorat est au-dessus de la grande école, audessus du master de l'université.

Valérie Pécresse : cela doit être le diplôme de l'excellence.

Valérie Pécresse : Quand on aura des collèges doctoraux communs, ce sera mieux.

Valérie Pécresse : Evidemment, il y a les allocations pour les chercheurs.

Valérie Pécresse : Et, enfin, il y a le recrute ment du docteur. Et j'ai beaucoup travaillé dans le secteur privé pour que les entreprises se familiarisent avec cette notion du doctorat.

Valérie Pécresse : C'est pour cela que j'ai généralisé les doctorants conseils, c'est-à-dire des docteurs qui sont dans leurs laboratoires, qui sont rémunérés comme des

Valérie Pécresse : moniteurs mais qui vont 32 jours par an dans les entreprises à la demanne des entreprises pour faire de la veille technologique, de la formation de cadres, etc.

Valérie Pécresse : De façon à ce que les entreprises, dans les pôles de compétitivité, les pme, se rendend compte que le docteur peut leur apporter des choses.

Valérie Pécresse : On a généralisé ce processus depuis septembre.

Valérie Pécresse : On a créé mille supports pour mille docteurs cette année.

Valérie Pécresse : L'an prochain, nous aurons 2500 supports pour ces doctorants conseils.

Valérie Pécresse : Il faut que les laboratoires démarchent les entreprises et vendend la presta tion du doccotorant.

Valérie Pécresse : Cette prestation est payée comme un consultant junior.

Valérie Pécresse : Tout le diplôme du doctorat doit être revalorisé en disant: l'aboutisse ment normal d'études d'excellence, c'est un doctorat.

Valérie Pécresse : et le dernier domaine dans lequel je travaille, c'est la reconnaissance du doctorat dans la fonction publique.

Valérie Pécresse : Nous devons pouvoir recruter un certain nombre de docteurs dans la fonction publique.

Valérie Pécresse : Notamment à l'ENA, j'y travaille avec MM. Woerth et Santini.

vaness : Mme la Ministre, compte tenu de l'augmentation des crédits pour l'enseignement supérieur, cela va-t-il permettre de faire baisser le coût d'accès au doctorat?

Valérie Pécresse : A priori, aujourd'hui le coût du doctorat, c'est de l'ordre de 300 euros.

Valérie Pécresse : Peut-être un peu plus selon les disciplines, mais je crois qu'il y a tout un systhème de bourses qu'on met en place, il faut peut-être l'élargir.

Valérie Pécresse : Je ne suis pas favorable à ce qu'on enlève le prix du doctorat car c'est un diplôme exigeant, qui doit avoir un prix.

Valérie Pécresse : il est précieux.

pierre43 : A quand une obligation de rémunérer les doctorants, voir les masters ?

Valérie Pécresse : Il ne faut pas mélanger leschoses.

Valérie Pécresse : Il y a un temps de formation et d'étude qui n'est pas rémunéré, sauf s'il est fait en alternance.

Valérie Pécresse : Développer l'alternance à l'université, j'y suis favorable.

Valérie Pécresse : Vous savez, dans la médecine, par exemple, il y a de l'alternance.

Valérie Pécresse : On parle des écoles de commerce ou d'ingéni eurs, ou même à l'ena, il y a beaucoup d'endroits où on passe plus d'une année en stage.

Valérie Pécresse : l'alternance permet de pouvoir rémunérer l'étudiant, mais aussi d'avoir un diplôme de savoirs et un diplôme professionnel.

Valérie Pécresse : Mais on n'ira pas vers la logique de rémunération de l'étudiant pour étudier.

Valérie Pécresse : Mon objectif, c'est de faire pas ser la dépense publique par étudiant de 7 000 à 10 000 euros.

Valérie Pécresse : On doit investir sur la qualité de la formation.

Valérie Pécresse : ou alors ils sont dans un système de bourse sur critères sociaux.

flo : le monitorat n'est pas accessible à tous car peu de place par rapport au nombre de doctorants. De l'autre coté on entend beaucoup les meitres de conférences se plaindre du trop plein d'enseignement. Que proposez vous?

Valérie Pécresse : on a déjà créé cette année beaucoup de support des moniteurs, 1 000 cette année et 2500 pour l'an prochain.

Valérie Pécresse : Qu'on en crée davantaget, c'est possible, cela dépendra des entreprises.

bernard : Quel avenir pour les superpostdoctorants?

Valérie Pécresse : il faut travailler sur ce qu'est la bonne durée, la bonne rémunéra tion, les bonnes conditions pour un post-doctorat en France dans un laboratoire français.

Valérie Pécresse : La durée de 18 mois est trop courte.

Valérie Pécresse : On a eu une réflexion avec le Conseil supérieur de la recherche et de la technologie qui a fait une proposition de contrat de trois ans renouvelable.

michelb : On reduira le nombre de chercheurs CNRS?

Valérie Pécresse : L'objectif aujourd'hui n'est pas deréduire le nombre de chercheurs.

Valérie Pécresse : On a un défi qui est de remplacer nos chercheurs actuels.

Valérie Pécresse : C'est un vrai défi car cela veut dire attirer des jeunes vers ces métiers de la recherche, avoir des viviers de grande qualité.

Valérie Pécresse : L'objectif n'est pas de diminuer le potentiel de recherche, mais de permettre des carrières plus riches, plus attractives.

Valérie Pécresse : Mais aussi de permettre à des enseignants chercheurs de chercher davantage à certains moments de leur carrière

Valérie Pécresse : ou leur permettre d'enseigner davantage.

Valérie Pécresse : Cela va, cela vient et cela permettrait à tout le monde de ne pas s'enfermer dans une seule vocation, un seul labo et cela donnerait des temps de

Valérie Pécresse : respiration dans la vie.

alb : Quelle autonomie restera-t-il aux petites universités associées à de bien plus grosses unités au travers des PRES ? Et surtout, quelle autonomie individuelle pour le chercheur, que l'on refuse de saupoudrer, face aux refus de financement des évaluateurs de l'ANR ?

Valérie Pécresse : L'autonomie est pour les grandes universités et pour les universités de taille plus petite.

Valérie Pécresse : Une petite université atteindra son autonomie plus rapidement.

Valérie Pécresse : Pour les universités de villes moyennes, plus réactives, plys dynamique, ce sera en réalité beaucoup plus facile d'être autonomes.

Valérie Pécresse : Après, il y a la question des pôles de recherche d'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : C'est important de se regrouper jans des pôles de recherche car la bonne recherche aujourd'hui est pluridisciplinaire.

Valérie Pécresse : Il faut pouvoir mélanger les expériences, être mobile, avoir des collèges doctoraux qui soient des collège dans lequels les jeunes docteurs se retrouvent.

Valérie Pécresse : je souhaite que les universités, même petites, mêmes isolées, s'adossent à des pôle des recherche d'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : Et cela ne veut pas dire qu'elles n'aurons pas une autonomie de gestion ou de stratégie scientifique ou de formation.

Valérie Pécresse : Si par exemple l'université d'Avignon se rapproche du PRES d'Aix -Marseille, elle pourra garder toute sa spécicité.

Valérie Pécresse : Spécificité.

Valérie Pécresse : Ou Saint-Etienne vis-à-vis de Lyon.

ITA31 : quel avenir pour les delegations régionales si des institus multidisciplinaires sont mis en places ?

Valérie Pécresse : aujourd'hui, le CNRS est en train de réfléchir à sa réorganisation.

Valérie Pécresse : Quelle est l'idée derrière?

Valérie Pécresse : L'idée, c'est de donner toute sa Puissance au CNRS.

Valérie Pécresse : les universités vont se positionner dans le paysage de la recherche.

Valérie Pécresse : Il faut rendre le CNRs moins bureaucratique, plus visible.

Valérie Pécresse : Il met du temps à payer les gens, et tout aujourd'hui est une quesion de vitesse aussi, d'action, de réaction.

Valérie Pécresse : Donc il faut réfléchir à cmment structurer un CNRS avec une grande cohérence, une visibilité internationale.

Valérie Pécresse : Il faut aussi pouvoir se projeter dans l'avenir.

Valérie Pécresse : Sur la question des Délégations régionales, je n'ai pas de position tranchée.

Valérie Pécresse : On lge.

Valérie Pécresse : On est aujourd'hui dans une concerta tion très large.

Valérie Pécresse : Elles font un bon travail local mais il faut aussi que la gestion du CNRS soit plus transparente, qu'elle corresponde plus à son activité scientifique.

Valérie Pécresse : Dans ce cadre, une réorganisation va s'opérer.

Valérie Pécresse : Il n'y a rien à en craindre, de cette réorganisation, c'est pour améliorer leschoses.

tenisifebo : Les budgets ANR ne se font-ils pas au détriment des budgets de fonctionnement des laboratoires?

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, tous les crédits de l'Agence nationale de la recherche depuis 2005 sont des crédits supplémentaires.

Valérie Pécresse : Et l'ANR a dépensé 2 milliards d'euros depuis 2005, des crédits en plus.

Valérie Pécresse : Aucun organisme de recherche n'a vu son budget diminuer.

Valérie Pécresse : Ils ont augmenté de manière un peu différenciée en fonction du contrat avec l'Etat, des objectifs,e mais grosso modo les budgets ont augmenté.

Valérie Pécresse : Les crédits de l'ANR sont venus en plus.

Valérie Pécresse : On s'aper çoit, dans la répartition des budgets, à l'intéri eur des budgets, ques les direc tions des organimes, que ces directions ont fait des choix.

Valérie Pécresse : Certaines direc tions estimant que l'ANR était venue abonder et qu'il fallait éventuellement faire davantage d'investissement.

Valérie Pécresse : Au niveau du Ministère, du budget du ministère, les crédit des organismes n'ont pas diminué.

Valérie Pécresse : les 2 milliards sont venus en plus au bg des organismes.

Valérie Pécresse : Par ailleurs, il y a des tas de coût quis augmentent, notamment le coût de fonctionne ment des grosses infrasuctures de recherche.

Géraud : L?augmentation substantielle de l?enveloppe du Crédit d?impôt recherche pour 2008 stimulera sans doute la recherche appliquée à destination des entreprises. Quelles sont les mesures prévues pour éviter que la recherche fondamentale ou la recherche du domaine des Sciences Humaines et Sociales ne soient défavorisées ?

Valérie Pécresse : D'abord, sur le crédit impôt recherche, notre systène de recherche repose sur quatre pilier: les universités, les organismes qui doivent avoir une stratégie d'excellence, l'Agence nationale de la recherche

Valérie Pécresse : et puis la recherche privée.

Valérie Pécresse : Il faut absolument dynamiser la recherche privée par on nous demanne d'atteindre 2% de la recherche nationale en recherche privée,

Valérie Pécresse : dans les accords de Lisbonne.

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, on est un peu à un tournant, certains grands laboratoires de grandes entreprises privées risquent de se délocaliser à l'étranger.

Valérie Pécresse : le triplement de l'impôt crédit recherche, c'est une stratégie offensive pour attirer en france les grands laboratoires des entreprises étrangères

Valérie Pécresse : qui voudraient s'installer en Europe.

Valérie Pécresse : La france devient l'environne ment fiscal le plus favorable avec cette mesure.

Valérie Pécresse : IBM a dernièrement installé un laboratoire à Sofia-Antipolis.

Valérie Pécresse : Et vous savez que les pertites entreprises ne dépensent pas assez en matière de recherche et développement.

Valérie Pécresse : 25% des montants de recherche générés par le crédit impôt recherche retour nent à des universités par le biais de contrats entre les entreprises

Valérie Pécresse : et les organismes de recherche.

Valérie Pécresse : Albert Fert travaillait dans une unité mixte où il y avait Thalès.

Valérie Pécresse : Et Thalès m'a remercié car cela permet à Thalès de ne pas délocaliser ses laboratoires.

Valérie Pécresse : Il n'y a plus de barrière entre recherche fondamen tale et recherche appliquée.

Valérie Pécresse : La recherche fondamen tale et la recherche appliquée vont ensemble.

Valérie Pécresse : Et pour répondre encore plus directe ment, les sciences humaines et sociales doivent faire partie des réseaux de recherche, même si ce sont des

Valérie Pécresse : réseaux sur la chimie ou la plante, par exemple.

Rem123 : Bonjour Mme la Ministre, Que pensez-vous du fonctionnement de la recherche par appel à projets (ANR, dans un but de rentabilité) : - Précarisation des contrats (le temps du projet) - Avenir de la recherche fondamentale et ses retombées à long terme. - Réduire le temps de recherche de nos chercheurs en travaux administratifs (monter des dossiers...) ?

Valérie Pécresse : cela se fait dans un but d'excellence.

Valérie Pécresse : L'ANR sélectionne un projet sur quatre environ.

Valérie Pécresse : C'est à mon sens un bon taux de sélection qui permet de ne pas trop dissuader les chercheurs.

Valérie Pécresse : Cela fait émerger l'excellence.

Valérie Pécresse : Ce qu'il faut dire aussi, et je souhaite qu'à l'ave nir on y réfléchisse, c'est qu'il y aa des crédits à l'ANR destinés à des appels à projets blanc.

Valérie Pécresse : C'est-à-dire des appels à projets sans thème pré-déterminé où c'est uniquement la qualité du projet qui l'emporte.

Valérie Pécresse : Ces appels à projets blancs représen tent 30% du budget de l'ANR aujourd'hui, il faut les développer.

Valérie Pécresse : Il faut promouvoir cette part de créatiivité des chercheurs.

Valérie Pécresse : Ces projets blancs doivent aller en se consolidant et s'affirmant à l'avenir.

Valérie Pécresse : Ce qu'il va falloir faire dans les années qui viennent l'ANR monte dans sa montée en puissance, donc on suit la programmation de la loi recherche de 2006.

Valérie Pécresse : Mais il faut réfléchir à l'avenir sur l'équi libre à trouver entre le finance ment récurrent des laboratoires et les financements sur projets

Valérie Pécresse : on ne peut pas faire que du projet.

Valérie Pécresse : cela ne permet pas de finan cer des projets sur le long terme comme des suivis de cohortes.

Valérie Pécresse : Il y a plusieurs types de financements dans la recherche, des finance ments récurrents ou sur projets il faut trouver l'équilible.

Valérie Pécresse : La clé, c'est l'évaluation.

Valérie Pécresse : La stratégie nationale de recherche est née d'un double regard: celui du regard des politiques sur les grands défis de la société.

Valérie Pécresse : Que ce soit le vieillissement, le change ment climatique, les questions énergétiques au sens large du terme,

Valérie Pécresse : mais aussi toute une série de questions sur la santé, sur le développement durable.

Valérie Pécresse : On a des enjeux majeurs qui sont..., l'alimentation aussi.

Valérie Pécresse : On a des défis sociétaux que le pouvoir politique reçoit 5/5 puisqu'il est en lien avec la société.

Valérie Pécresse : Et puis il y a le regard des chercheurs eux-mêmes qui regardent le paysage de la recherche et disent: dans tel domaine, on est bon, il faut continuer

Valérie Pécresse : à maintenir notre excel lence.

Valérie Pécresse : Dans tel domaine, il faut y aller car cela peut être porteur.

Valérie Pécresse : Il faut confronter les deux regards.

Valérie Pécresse : Il faut ce double regard, par exemple AlzHeimer, la communauté de recherche n'avait pas été en mesure de susciter le programme lancé par le Président

Valérie Pécresse : ha République.

Valérie Pécresse : Or, nous allons avoir des centaines de milliiers de malades d'halzheimer.

Valérie Pécresse : De la même façon le Grenelle de l'environnement, la communauté de recherche n'a vait pas été complètement en mesure de financer certains projets,

Valérie Pécresse : notamment le site de stockage de CO2 comme ceux qu'on voit aux Etats-Unis ou au Japon.

Valérie Pécresse : C'est impor tant d'avoir le regard des politiques et celui des chercheurs.

Valérie Pécresse : Il y a des choses qui vont émerger et qui ne sont pas aujourd'hui dans les priorités.

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, les priorités changent. Quand la crise de la vache folle est arrivée, on était content D'avoir un chercheur qui travaillait sur le prion.

mat88 : Et comment voyez vous la place du CEA dans la recherche française

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, le CEA est un organisme un peu à part car il a une triple tutelle : tutelle civile, tutelle défense et une tutelle environnement.

Valérie Pécresse : Cela nous conduit à donner au CEA toute une série de missions, que ce soit dans le domaine du nucléaire car on relance aujourd'hui les programmes

Valérie Pécresse : nucléaires au plan national.

Valérie Pécresse : Mais aussi des missions nouvelles sur les énergies renouve lables car le Cea a développé une expertise scientifique.

Valérie Pécresse : Et puis les sujets de défense dont je ne peux pas parler, qui sont secrets.

CREAAH : Faire du CNRS une agence de moyens au service des Universités indépendantes ne signifie-t-il pas sa mort ?

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, il faut qu'on ait une vraie réflexion sur les partenariats entre l'université et le CNRS.

Valérie Pécresse : On peut tout à fait imaginer, c'est le but du rapport que m'a rendu François d'Aubert ce matin, on peut imaginer ques le unités mixtes

Valérie Pécresse : se dé ve loppent avec une double tutelle: à la fois une tutelle nationale, et puis une tutelle locale qui soit la tutelle universitaire.

Valérie Pécresse : Donc on peut très bien conser ver des unités mixtes, des collaborations universités/CNRS dont est déjà née une recherche de très grande qualité.

Valérie Pécresse : Il ne faut pas que ces unités aient plusieurs systèmes d'informa tions, plusieurs système de gestion comptable.

Valérie Pécresse : Encore aujourd'hui, près de 250 unités mixtes ont quatre tutuelles scientifiques.

Valérie Pécresse : Cela prend beaucoup de temps d'administration aux pauvres chercheurs qui doivent se consacrer à leur coeur de métier.

Valérie Pécresse : Et cela prend beaucoup de temps au personnel support de la recherche, du temps qui pourrait être mieux employé à faire autre chose.

JY2 : Le CNRS est plus performant que toutes les universites comme le dit implicitement le rapport d'Aubert.

Valérie Pécresse : C'est la situation actuelle et c'est d'ailleurs pour cela que, comme je ne veux pas détruire leschoses qui marchent mais faire fonctionner celles

Valérie Pécresse : qui fonctionnent moi bien,.

Valérie Pécresse : il faut comprendre que ce n'est pas en se réjouissant d'un acteur de recherche en france on améliore l'ensemble du système.

Valérie Pécresse : chaque maillon de la chaîne de recherche doit être fort.

Valérie Pécresse : Les chercheurs du Cnrs qui s'inquiètent de notre volonté devraient au contraire s'inquiéter si je ne faisais rien pour le Cnrs.

Valérie Pécresse : En réalité, cela voudrais alors dire que je le mettrais de côté dans le mouvement de réforme et que je ne m'y intéresserais pas.

Valérie Pécresse : Je veux que ce soit un acteur plus cohérent, a vec des vraies straté gies, qui soit lui aussi moteur dans la réforme.

Valérie Pécresse : C'est pour cela que je m'intéresse aux universités et au Cnrs.

ITA_CDD_CNRS : Mais réorganiser le CNRS en instituts plus autonomes ne risque t'il pas de lui retirer son intrérêt premier: l'interdisciplinarité?

Valérie Pécresse : il faut que ces intituts conservent la nécessité de la pluridisciplinarité.

Valérie Pécresse : on en parle beaucoup, de la pluridisciplinarité, dans la recherche française, mais on la pratique peu.

Valérie Pécresse : Cets 'important que les instituts prévoient dès leur création les interfaces entre eux.

Valérie Pécresse : Et je souhaiterais qu'ils en fassent vraiment.

Valérie Pécresse : Je trouve qu'il y a peu de pluridisciplinarité.

Valérie Pécresse : la situation actuelle n'est pas si extraordinaire qu'on ne mérite pas qu'on restructure le Cnrs.

Valérie Pécresse : Il faut penser aux instituts et à la pluridisciplinarités.

bernardbartenlian : et pourtant, on a réellement l'impression que tout est fait pour dissoudre d'ici 10 ans le CNRS. Est-ce vraiment une peur irrationnelle ?

Valérie Pécresse : je le crois car, regardez, est-ce que l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS fonctionne mal?

Valérie Pécresse : Est-ce que l'in2p3 est un institut de seconde zone?

Valérie Pécresse : Je crois qu'en réalité ces deux explems montrent bien qu'on donnera à toute les disciplines de recherche du cnrs beaucoup plus de puissance

Valérie Pécresse : et de visibilité si on arrive à donner une réelle cohérence scientifique et de gestion.

Valérie Pécresse : Ces deux exemples montrent qu'on peut être puissant et fort, à l'intérieur du Cnrs.

Valérie Pécresse : l'objectif, c'est donner plus de visibilité, beaucoup plus de rôle à ces instituts, y compris dans la programmation scientifique de l'ANR.

Valérie Pécresse : A partir du moment où l'inserm se structure en instituts par pathologie et le cnrs par domaine, il est normal que les directeurs d'instituts

Valérie Pécresse : deviennent des acteurs privilégiés de l'ANR car ils seront représentatifs de leur discipline et en même temps très liés à la gestion au quotidien du laboratoire.

Tsum : Ces projets blancs ANR vont encore augmenter le temps que passent les chercheurs en dossier administratif. Ne faudrait-il pas plus d'aide administrative aux chercheurs déjà très pris par leur véritable travail... ?

Valérie Pécresse : C'est vrai que sur les projets de l'ANR j'ai souhaité qu'on aille vers la simplification.

Valérie Pécresse : Cette année, on a déjà simplifié les dossiers de demande.

Valérie Pécresse : je souhaite qu'on passe à un rapport d'évalution chaqueannée, et plus tous les six mois.

Valérie Pécresse : J'essaie de faire en sorte que leschoses se simplifient, y compris dans les rapports de l'Anr a vec les laboratoires.

Valérie Pécresse : Beaucoup de choses sont à faire pour simplifier, par exemple les règles d'achat public qu'il faut simplifier.

Valérie Pécresse : Il faut que les direc teurs d'unités puissent passer des commandes de manière automatique en-dessous d'un certain montant.

Valérie Pécresse : Un certain nombre de règles peuvent être simplifiées, pas simplement sur l'ANR.

pierre : allez vous alleger les charges d'enseignement des enseignants chercheurs afin de ne les rendre competitifs face aux chercheurs du cnrs

Valérie Pécresse : dans la loi autonomie, il y a la possibilité de moduler les obligations des enseignants chercheurs pour que certains puissent enseigner davantage

Valérie Pécresse : et que d'autres puissent chercher davantage s'ils le souhaitent.

Valérie Pécresse : Par ailleurs, nous réfléchissons à la possibilité, pour le cnrs, de recru ter sur des postes de contratuels a vec une décharge d'enseignement.

Valérie Pécresse : C'est une autre possibilité qui permettrait à des enseignants chercheurs de f