13.06.2008
Irlande, référendum et choucroute
08:17 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, actualité, europe
13.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (7)
Une étude de plus commandée par l'Europe (cf. page http://ec.europa.eu/education/doc/reports/index_en.html) sur la réforme de l'enseignement supérieur. On trouve cette étude sous la forme d'un rapport en 4 parties:
- Etudes de cas sur 5 pays,
La première étude de cas est l'Autriche. Ce pays a vu, à la fin des années 80, la crise le frapper. Comme le dit le rapport (p.6), le gouvernement trouvant assez déplaisant de devoir opérer lui-même des coupes dans les budgets de l'enseignement supérieur, l'autonomie des établissements lui apparaissait comme une alternative très intéressante.
- Après un long train de réformes, le gouvernement Autrichien a donné aux recteurs des universités le staut d'employeurs en 2001. La conséquence immédiate est que les enseignants ne sont plus des fonctionnaires mais des employés de l'université. Une seconde vague de dérégulation, en 2002, a donné aux universités le droit de déterminer leur propre fonctionnement et organisation interne.
- En outre, des frais d'inscriptions uniformes sur tout le pays ont été introduits (363 euros pour les nationaux, le double pour les étrangers). Les étudiants ayant droit à des bourses peuvent demander le remboursement de leurs frais d'inscription (l'histoire ne dit pas quel est le pourcentage de réponses positives), les non-boursiers se voyant accorder un prêt d'une banque autrichienne dont l'Etat paye 2% de l'intérêt sur une période maximale de 14 semestres. Par ici la monnaie...
- Enfin, les Fachhoschulen ont été introduites. Ces cursus, à vocation professionnalisante, permettent de justifier l'accroissement de l'accès aux études supérieures des classes sociales les moins favorisées. Comme le dit le rapport (c'est moi qui traduis), "[leur] fonction principale est de donner une éducation académique à une force de travail spécialisée pour l'économie régionale". Ce système semble à mi-chemin entre l'IUT et l'école d'ingénieurs, avec des programmes fortement orientés vers la gestion, le management ou des matières techniques spécialisées. Les effectifs de ces formations sont 8 fois plus faibles que celui des étudiants en université.
En guise de conclusion, le rapport pour l'Autriche semble indiquer que, mis à part la plus grande compétition introduite par les Fachhoschulen, il est diffile d'établir un lien entre les réformes introduites et ses résultats.
- Ainsi, il n'est pas certain que l'implantation de procédures d'assurance qualité soient effectivement suivies d'effets quant à la qualité de l'enseignement;
- il n'est pas certain non plus que les frais de scolarité contribuent réellement à l'amélioration de la qualité des cursus, dans la mesure où ils sont surtout utilisés par les universités pour compenser les crédits qu'on leur a coupés!
- Il est également impossible de dire si l'introduction du système compétitif a réellement permis d'accroître la performance de la recherche...
En somme, ne s'est-on pas simplement donné la peine de faire quelque chose, juste pour avoir l'impression de faire quelque chose? Et surtout de faire comme les copains des autres pays, tout simplement parce que cela est à la mode?
08:55 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, autonomie
09.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (6)
Le ton est donné dès le préambule:
- "A l'heure actuelle, la majorité des universités européennes sont non compétitives par rapports à nos concurrents principaux à l'échelle mondiale."
- "La majorité des nouvelles ressources [pour le finacement de l'enseignement supérieur] sera privée; il y a au moins trois raisons pour cela. Premièrement, il est fort peu probable que le seul financement public soit capable de rattraper le retard qu'accuse l'enseignement supérieur européen. Deuxièmement, il serait plus équitable d'un point de vue social que le secteur privé participe davantage au processus d'éducation. Troisièmement, il est probable qu'une plus grande participation du privé accroîtra l'efficacité de l'ensemble du système éducatif."
- L'accroissement des frais d'inscription n'est pas considéré comme une option politiquement viable;
- le financement à la performance éducative est évoqué;
- la recommandation qui pointe le bout de son nez à la fin du rapport est cependant d'instaurer l'équivalent, pour l'enseignement, de ce qui se fait au niveau européen pour la recherche: mettre en place un financement par appel d'offres.
14:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, europe, enseignement supérieur, education
25.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (5)
- "La hausse de la légitimité et la reconnaissance: tendances et évolutions dans l'enseignement supérieur privé en Europe",
- "Les dimensions éthiques et morales de l'enseignement supérieur et dela science en Europe",
- "L'enseignement supérieur au Vint-et-unième siècle: une vision pour l'avenir". Eh oui, eux aussi (voir notes précédentes sur le thème des visionnaires forcenés: note 1, note 2, note 3, note 4)
08:05 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement, éducation, enseignement supérieur
19.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (4)
Vous connaissez l'OCDE ? Lui aussi pense à votre avenir. Il y pense même très fort. Il consacre beaucoup d'énergie (et d'argent) à écrire des rapports expliquant comment démanteler les services publics, tout privatiser sans provoquer d'émeutes sociales ni faire bouger les populations. Ce processus est appelé, par les spécialistes, du joli nom d'"ajustement".
Le rapport http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf s'intitule La Faisabilité politique de l'ajustement. Il donne un certain nombre de recettes pour faire passer la pilule; morceaux choisis:
- Page 25: "Il est souhaitable, par ailleurs, que le gouvernement suscite rapidement une coalition d’intérêts qui fasse contrepoids à l’opposition. C’est le complément indispensable à sa stratégie de communication et le seul moyen de s’assurer un soutien durable"
- Page 25 toujours: " Par ailleurs, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, des secteurs stratégiques (l’armée ou la police, par exemple) peuvent être exemptés. Le gouvernement doit s’efforcer de coaliser ces divers groupes en faveur de l’ajustement."
- Et encore: " l’on ne peut appliquer un programme de stabilisation sans léser les intérêts de salariés du secteur public et parapublic, de consommateurs urbains, de salariés et de chefs d’entreprise du secteur moderne. Mais il faut éviter que ce mouvement s’étende à toute la population urbaine, en se ménageant par des actions discriminatoires le soutien de divers groupes "
- Vous voulez savoir pourquoi vous faites toujours la queue au guichet de la poste? Bien sûr, vous vous énervez et insultez "ces jean-foutres de guichetiers". Rassurez-vous, c'est précisément l'intention. Extrait de la page 30:"Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux école ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants." Moins de guichetiers = service pourri, ce qui fait baisser la confiance dans le service public et fournit un argument de choix aux partisans de la privatisation, qui clament partout que le service public est inefficace.
- Extrait de la page 29: "La grève des enseignants n'est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, comme on l'a noté, puisqu'elle libère la jeunesse pour manifester." Eh oui, ces sales jeunes, gardez-les dans les écoles pour qu'ils ne descendent pas dans la rue. A quand les crèches disciplinaires?
Cette publication est parue il y a déjà 10 ans. Elle traitait principalement des mesures d'ajustement pour les pays en voie de développement et faisait un inventaire des stratégies à utiliser. Les bonnes idées étant perméables, elles ont visiblement été lues un peu partout. Ne pas oublier que tous ces "experts" qui gravitent dans les sphères de l'OCDE sont des gens qui ont le temps et qui sont payés pour ça. Ils se retrouvent forcément un jour ou l'autre dans les panels internationaux chargés de préparer les rapports de prospective pour l'Europe (voir les notes précédentes Note 1, Note 2, Note 3) ou d'autres institutions. Il ne s'agit pas ici de dénoncer une hypothétique théorie du complot (qui à mon avis n'a aucun sens), mais de comprendre comment une oligarchie se met progressivement en place, persuadée que sa pensée unique est la seule possible, et d'imposer hors de tout contrôle démocratique des idées aux populations qui n'ont jamais voté pour elles.
A suivre.
15:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, actualité, Europe, société
15.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (3)
Les mégalomanes de la Commission Européenne pensent également l'avenir du marché de l'emploi. Les perspectives ne sont pas réjouissantes, au cas où vous vous feriez des illusions. Quelques points peu rassurants, tirés du rapport Changing Professions in 2015 and Beyond, disponible sur le site de la Commission européenne à l'adresse suivante, qui contient d'autres rapports de prospective du même tonneau: http://cordis.europa.eu/foresight/reports.htm.
- En 2050, nous partirons à la retraite vers 75 ans et demi si nous voulons pouvoir continuer à maintenir le rapport actuel d'environ 4 actifs pour 1 retraité;
- la "dynamique des savoirs" va s'accélérer: d'après un document du ministère allemand de l'enseignement supérieur, cité par le rapport, dans les domaines techniques, un cinquième des connaissances deviennent obsolètes au bout d'une année;
- en outre, toujours d'après le rapport, on estime que dans un avenir proche, la tâche principale de 80% des travailleurs sera de traiter ("to process" en anglais) de l'information;
- le travail deviendra, bien entendu, plus flexible. La séparation entre le travail et la vie personnelle deviendra de plus en plus floue, avec des employés joignables partout et tout le temps;
- il est à prévoir que les nouvelles technologies vont changer radicalement les rapport sociaux, en favorisant la délégation des tâches, avec une classe de travailleurs plus indépendants et un développement conséquent des organisations virtuelles. Cependant, note le rapport "un problème organisationnel majeur est de pouvoir résorber les tensions entre le besoin d'un envirionnement sécurisant qui puisse nourrir l'initiative des employés et l'insécurité potentielle qui naît de relations de travail non familières";
- concernant le télétravail, le rapport note que celui-ci ne résout pas tous les problèmes. Les études existantes montrent que pour un même problème, les gens qui travaillent en télétravail proposent en général des solutions plus complexes que ceux qui travaillent en présence effective, avec des réultats à peu près identiques. Le raport reconnaît donc l'importance des "relations informelles" (et surtout non formalisées) entre individus pour faire avancer le boulot...
Et beaucoup d'autres de la sorte. Lisez-le donc, ça instruit...
11:33 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, enseignement, education
11.10.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (2)
Dans la série "Les maîtres du monde", la suite, ou comment l'Europe, avec ses groupes d'experts, s'attelle activement à la tâche de définir nos modes de vie futurs. Si on aime la science fiction, ça peut remplir d'un frémissement de plaisir. Si on aime la bonne vie, retrouver ses amis en chair et en os et discuter avec des collègues de boulot à qui on peut serrer la main au coin de la machine à café... alors là, un conseil les gars, suicidez-vous tout de suite. Jugez-en plutôt.
Un groupe d'experts sur l'anticipation des nouvelles vagues technologiques, je suis désolé, mais c'est la meilleure façon que j'aie trouvée pour traduire ceci: "Foresighting the new technology wave" nous délivre des rapports intitulés:
- Converging Technologies - Shaping the Future of European Societies. Traduction approximative: "Les technologies convergentes: une définition de l'avenir des sociétés européennes". Cette traduction n'est qu'approximative, car "shaping" se réfère davantage à l'idée de façonner, modeler, mettre en forme. L'idée derrière ce rapport est que les technologies telles que les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), les NanoTechnologies (NT), ou les biotechnologies (BT), sont en train de "converger" vers des problématiques et des applications communes.
- Key Technologies for Europe. Ce groupe d'experts a produit un certain nombre de documents, voir par exemple:
- Fichier PowerPoint: A research strategy beyon Lisbon, Fichier: 13-Lemos.ppt .ppt
- Fichier PowerPoint: Creative disruption, Fichier: conf_kte_t_delemos[1].pdf
- Rapport: Creative system disruption: rapport au format PDF, fichier:CreativeDisruption_draft_final_conf2005[1].pdf
-
Les thèses défendues dans les divers documents sont assez similaires - d'ailleurs les groupes d'experts se recoupent souvent - et tiennent en gros à ceci: dans un avenir proche, les rapports sociaux tels que nous les connaissons dans l'entreprise et dans la vie quotidienne vont changer radicalement. Pour ne pas perdre sa compétitivité (par rapport par exemple aux Etats-Unis), l'Europe doit changer radicalement son mode de vie, notamment par le biais d'un système de recherche de pointe destiné à s'intéresser aux problèmes socio-économiques majeurs de l'avenir.
A cet égard, le premier document (Shaping the Future) est assez édifiant. On ne sait plus s'il s'agit d'innocence, d'aveuglement ou de mégalomanie. Morceaux choisis (c'est moi qui traduis de l'anglais, ce n'est donc pas parfait).
- p.7: les TC (Technologies Convergentes) formeront une infrastructure invisible vis-à-vis de l'action humaine [...] mieux elles fonctionneront et moins nous nous apercevrons de leur présence. [...] On peut s'attendre à ce que pour chaque problème qui se pose, il y ait quelqu'un pour proposer une solution technologique plus ou moins créative, viable ou désirable [...] de toutes les façons, il est envisageable que les êtres humains finissent par abdiquer toujours plus leur responsabilité et leur liberté en faveur d'un monde mécanique qui agirait pour eux.
Une analyse assez lucide ma foi de l'aptitude humaine à flanquer le boxon un peu partout, y compris dans les choses qui marchent bien.
- p. 17, pour souligner les limites de la prospective: "les technologies de miniaturisation pourront être utilisées pour obtenir des indications quel que soit le lieu, sur l'état de santé d'une personne [...] Les CT permettront l'identification des personnes ayant des problèmes physiques comme psychiques, et d'ajuster les traitements à leur génome et à la sévérité de leur cas [...] Les hôpitaux ne seront plus nécessaires que pour le traitement des blessures traumatiques et pour les cas où la chirurgie invasive demeure irremplaçable [...] Ou bien, peut-être les CT permettront-elles de répondre plus efficacement à la demande sociale par le biais de médecins de réalité virtuelle, qui pourront passer des temps illimités à écouter et parler aux patients, afin de calmer leurs anxiétés et leurs obsessions".
Ce n'est pas forcément de la science fiction. En tout cas, une chose est sûre, voilà des économies de personnel en perspective.
- p. 22, sur les objectifs à fixer pour les CT dans l'Union européenne: "pouvoir fournir des biens et des services à une population vieillissante, développer les ressources humaines via l'innovation et l'apprentissage tout au long de la vie, promouvoir une économie européenne dynamique et ouverte, basée sur la connaissance, [...], protéger du crime, travailler à une économie plus ouverte et plus stable, [...] créer des capacités à traiter les crises internationales..."
Sans commentaire.
- p. 27 (1), sur le système de santé: "Alors que les dépenses de santé sont un fardeau pour les systèmes de protection sociale des Etats européens, le secteur de la santé est un acteur majeur de la création de richesses. [...] Les CT peuvent améliorer l'efficacité du système de santé en le dégageant des tâches demandant beaucoup de travail humain [...] la décroissance de l'emploi qui en résultera permettra de réduire les dépenses de santé. [...] Les gains en efficacité pourront contribuer à créer des emploi là où ils sont les plus vitaux, à savoir dans le domaine de l'interaction entre patients et thérapeutes."
Vous l'avez compris: l'argent est le nerf de la guerre, les nanopuces, les systèmes de communication et la miniaturisation vont nous faire gagner du pognon à coup de suppositoires télécommandés ou intelligents dans le derche. Comme ça, on pourra dépenser l'argent à payer des médecins qui vous tripoteront quand c'est important. Sauf qu'on nous a expliqué 2 points plus haut que les interactions soigné-soignant risquaient fort de se réduire (en tout cas dans les cas standard) à des dialogues avec des machines.
- p. 27 (2), sur le système éducatif: "Ainsi, la recherche fondamentale en psychologie et en neurologie montre que les premières années de la vie revêtent une très grande importance vis-à-vis du développement intellectuel. Malheureusement, les parents ont souvent besoin de se voir donner des instructions sur la manière de traiter et d'éduquer leurs enfants. Les CT pour une Société Européenne de la Connaissance pourraient contribuer à créer, à domicile, un espace invisible de connaissance. Immergés dans cet espace et entourés par lui, les parents et leurs enfants auraient un accès permanent à des objets d'apprentissage tels que des documents, des contacts avec des experts, des séminaires sur le web, des jeux éducatifs, des leçons (en ligne?) ou des bibliothèques digitales."
Alors déjà, vous êtes des gros nases qui ne savez pas éduquer vos gamins ni changer leurs couches. Heureusement, nous sommes là; nous allons câbler votre baraque, vous mettre des écrans, des claviers et des souris partout, de façon à vous permettre de rester connectés de façon permanente. Comme les médecins seront déjà virtuels de toute façon, vous pourrez vivre entièrement votre vie comme nous vous le dirons, en restant chez vous de préférence pour ne plus vous voir en personne les uns les autres. Ca vous va?
- p. 28 (1), sur les infrastructures de communication: "Une infrastructure des TIC qui intègre des informations sur les produits alimentaires, les habitudes d'achat et de consommation, les états de santé individuels, les régimes suivis et de l'expertise médicale pourraient contribuer à lutter contre l'obésité par le biais de conseils aux individus. En plus de contribuer à réduire les problèmes de santé publique, ceci pourrait aider les études épidémiologiques sur l'obésité par un retour aux agences de réglementation et aux producteurs alimentaires. Une telle infrastructure pourrait être proposée sous la forme d'un service par abonnement et - pour le meilleur comme pour le pire - servir de plateforme à la publicité des producteurs et des restaurants."
Il y a 30 ans, on aurait appelé ça la "Société libérale avancée"... Mais tout ça, c'est pour votre bien. On va vous enregistrer, vous ficher, vous espionner, vous mettre en mémoire, puis on refilera les fichiers aux industriels pour qu'ils vous tannent avec leur pub. Bien entendu, on vous demandera de payer l'abonnement, il ne faudrait tout de même pas que ce soit gratos. Vous comprenez pourquoi, en page 27, on vous disait que le secteur de la santé était un secteur majeur de production de richesses?
- p. 28 (2), sur l'énergie: " Les CT pour une économie de la connaissance promeuvent l'inclusivité par la création de nouvelles technologies pour la production, le transport, le stockage et l'utilisation de l'énergie. Elles peuvent amener au développement de solutions pour l'exploitation des énergies renouvelables qui soient adaptées de façon optimale aux conditions locales. [...] Une fois que des solutions créatives auront été trouvées en fonction des contraintes locales, beaucoup d'entre elles pourraient bien se révéler transportables et commercialisables. Les immeubles produiront de l'énergie et l'échangeront les uns avec les autres, des collecteurs minuscules et invisibles seront intégrés dans les équipements d'une manière qui émule la nature, de nouvelles formes de transport et de stockage d'énergie seront explorées. L'objectif de cette recherche pourrait être de parvenir à ce que tous les besoins énergétiques soient couverts par des énergies renouvelables produites localement à l'horizon d'un siècle."
Vous l'avez compris, on est dans la folie totale: il "suffit" de trouver des "solutions créatives" (expliquez-moi ce que c'est pour commencer, SVP) pour produire de l'énergie (renouvelable s'il vous plaît) en quantité suffisante pour nous satisfaire. Quand on sait ques besoins en énergie doivent doubler à peu près tous les 5 à 10 ans, j'aimerais bien qu'on m'explique comment on va faire. Mais bon...
Il suffisait de lire un peu plus loin: l'énergie, c'est les immeubles qui vont la produire! Ben voyons, sommes-nous bêtes, que ne l'avons-nous fait plus tôt!
A l'horizon d'un siècle, rien que des énergies renouvelables! Génial! Pour satisfaire, vraisemblablement, des besoins énergétiques 30 à 100 fois plus importants que maintenant! C'est vrai, on est vraiment des débiles de ne pas l'avoir déjà fait.
Les déclarations de bonnes intentions subséquentes, je vous en fais grâce. Disons pêle-même qu'il est urgent de "développer une excellence interdisciplinaire" (p. 41), d'"élargir les cercles de la convergence" (p.40), de passer "un nouveau contrat entre la science et la société" (p. 43), de mettre en place "une éducation proactive" (p. 43 toujours), ainsi qu'une "gouvernance de la recherche" (p. 44).
On va peut-être s'arrêter là; ceux qui sont malades peuvent descendre. Ceux qui ne le sont pas le seront bientôt. Pour les dépressifs, votre connexion de Prozac à haut débit sera bientôt disponible. Pour les ravis de la crèche, continuez à sourire, vous éviterez peut-être la lobotomie.
09:20 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, société, recherche
