22.05.2009
Méfiez-vous des messieurs à la sortie des écoles...
On ne cesse de le répéter, l'école n'est pas assez à l'écoute des gamins. C'est pourquoi, quand un enseignant file une mornifle à un fils de gendarme qui le traite de connard, il est mis en garde à vue pour "violences aggravées" (ici, par exemple, mais je pense que vous vous en souvenez).
Par contre, quand deux morveux de 10 et 6 ans se font accuser de vol de bicyclette, ni une ni deux: la maréchaussée se pointe et les embarque à la sortie (Le Monde d'hier).
Incohérence, dites-vous? Pas du tout, ces deux événements sont reliés par une seule et même moralité:
"Méfiez-vous, les enfants, des messieurs en estafette qui vous attendent à la sortie de l'école avec une matraque dans la poche". D'ailleurs, ceux qui ont lu Mystic River savent très bien qu'il ne faut surtout pas monter dans la voiture avec les messieurs à l'air louche.
10:35 Publié dans Notre République à bananes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, crétins, humour
15.05.2009
Neoliberalism and water providers
Et pourtant, ce n'est pas faute de nous avoir répété que la libéralisation, c'était mieux pour la performance...
http://www.ihe.nl/About/News/Neo-liberalism-makes-water-p...
11:35 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, actualité, economie
11.05.2009
Emploi du temps encore
Puisque les Nains nous accusent d'être des Jean-foutres improductifs et ringards (nous = les chercheurs, universitaires, et autres engenaces apparentées), mais que par ailleurs ils passent leur temps à la télé pour soi-disant communiquer sur ceci et cela, il importe de se mettre au diapason et de fournir, en images plutôt qu'en phrases, la justification de notre travail; puisque aussi bien il est connu que le bon peuple préfère les images en couleurs aux caractères d'imprimerie.
Voici donc, sous forme de camemberts et d'empilement de cubes pour gamins de maternelle, l'illustration du propos que je vous tenais dans les billets précédents.
- En Figure 1, la répartition de mes activités pour la période août-décembre 2008et pour janvier-début mai 2009.


- En Figure 2, l'évolution sur 2009 des mêmes rubriques d'activité.

Figure 2. Pointage par mois pour Janvier-(début) mai 2009. Volume: 794h. Ordonnées en heures.
Quelles conclusions tirer de ces graphiques?
- Sur les 3 dernier mois, la proportion de travail administratif a explosé. Elle passe de 15% pour août-déc. 2008 à 31% pour 2009 (et encore, il y a le mois de janvier pour équilibrer!) La raison de cette inflation?
- la mise en place de comités de sélection pour les postes de MCF et de PR au recrutement cette année;
- la préparation du quadriennal du labo, qui va nous bouffer notre temps jusque mi-juin au moins.
- Bien entendu, l'administratif prévaut sur tout le reste. En effet, nos chefs découvrent souvent les nouveaux réglements en même temps que nous, quand ce n'est pas après. Il faut laisser tomber tout ce que l'on fait pour répondre à la dernière urgence en date - et la réponse est extrêmement coûteuse en énergie et en temps.
- Les grands perdants? La recherche, bien entendu, et les projets et contrats (je dois un développement à un bureau d'études depuis presque 1 mois!) On peut nous bassiner avec la nécessité de renforcer les liens avec l'industrie, il se trouve tout simplement que quand nous avons un contrat, nous ne sommes même pas en mesure de l'honorer!
- Heureusement, l'ensiegnement est la seule activité qui demeure incompressible et prime sur l'administratif (en tout cas, en ce qui me concerne!). Il y a au moins ça pour nous sauver!
Alors, si j'avais une demande à faire pour booster ma recherche (et encore: entre 3 et 5 publis de rang A par an, ce qui fait de moi un enseignant-chercheur plutôt bien coté par rapport à la moyenne, donc je ne peux pas me plaindre), ça ne serait certainement pas encore plus d'AERES, encore plus d'appels d'offres et encore plus de règlements compliqués!
Une seule revendication en ce qui me concerne à l'adresse de mes ministères de tutelle: moins de connerie, merci!
11:52 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignement supérieur, université, recherche
05.05.2009
Emploi du temps d'avril
A l'heure où les Nains trouvent que les enseignants-chercheurs sont de gros nuls improductifs, il apparaît juste d'abonder dans leur sens en offrant à la cointemplation publique la nature des activités d'un prof d'université récemment promu (bientôt 2 ans... Ou comme disait une célèbre marionnette en latex: "Putain... deux ans!").
Au menu donc pour le mois d'avril 2009:
Total travaillé: 199,5 h, dont production: 124,5 h qui se décomposent comme suit:
- Enseignement: 48h, dont:
- présentiel: 20,25 h
- préparation & correction: 27,75 h
- Projets & contrats: 2h
- Recherche: 74,5 h, dont:
- 27,5 h d'encadrement (thèses)
- 45,5 h de production perso (chapitres de bouquin dont je vois, enfin, le bout!)
- 1,5 h d'activités éditoriales (je suis désormais éditeur associé d'un journal)
Heures non productives (administratif): 75h, dont
- Gestion quotidienne: 30,5 h (courrier, paperasserie diverse, etc.)
- Gestion labo: 7 h (je fais partie de l'équipe de direction + du conseil scientifique + de l'équipe communication de mon labo)
- Administration des enseignements: 3 h
- Recrutement du prochain maître de conf: 34,5 h(je suis malheureusement président du comité de sélection!)
- dont 24,5 h passées à l'organisation matérielle et adminsitrative du concours (avec la nouvelle loi, les procéduriers devraient être satisfaits; ou alors, il leur faut une machine à voyager dans le temps qui les transporte à l'époque de la bureaucratie soviétique);
- 10 h seulement à examiner les dossiers des candidats et à auditionner en séminaire de recherche ceux qui ont proposé de passer au labo.
Au vu du dernier point, on pourrait effectivement nous reprocher notre légèreté vis-à-vis du recrutement des enseignants-chercheurs (mine de rien, il s'agit quand même d'embaucher quelqu'un pour, allez, 45 ans...) Je suis assez d'accord. Il s'est tout simplement produit que notre université découvrait avec nous (et parfois après) le nouveau règlement, qu'elle a multiplié les réunions inutiles et contradictoires, envoyé des formulaires erronés qu'il a fallu remplir malgré tout pour ensuite devoir remplir les formulaires corrects, demandé des modifications injustifiées des comités de sélection (la plupart du temps inutiles, car les membres que notre CA a imposés ne pouvaient en définitive pas assister aux réunions...), et qu'à force de répondre aux emails comminatoires et aux injonctions diverses, nous n'avions plus le temps de faire le vrai boulot.
Bref, j'attends avec impatience le moment où la machine va finir par s'effondrer sous son propre poids.
Le seul problème, c'est que quand elle tombera, nous serons probablement en dessous!
07:20 Publié dans Faits et chiffres | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ensignement supérieur, université, education, recherche
