28.02.2009

Le Monde des fayots?

Cet article ne sera resté que quelques heures à la Une du site du Monde. Alors qu'y subsistent parfois des bafouilles à l'intérêt bien moindre, ce petit papelard sur le malaise qui règne au sein du Gouvernement a vit été reclassé (déclassé?) vers les rubriques annexes.

Des ministres auraient-ils regretté d'avoir trop parlé? En tout cas, peu d'articles ont suscité autant de réactions.

23.02.2009

Les présidents d'université ont des avis

Les présidents d'université seraient-ils capables d'une pensée propre? Ci-dessous les fichiers qui nous ont été transmis par notre présidence suite à la réunion du Conseil des Présidents d'Université (CPU). Il faut croire que ces braves gens ont un peu peur que ça continue d'être le boxon chez eux; toujours est-il que, pour calmer le jeu, ils font des propositions au gouvernement.

On pourra sourire du "adoptée à l'unanimité moins quelques voix"... et attendre et voir, comme disent les Britons.

Communique CPU 19 fev09 (1).pdf Position masterisation 19fev09.pdf PositionCPU statuts EC 19fev09 (2).pdf

Révolution?

A l'heure où l'économie nous mène par le bout de la badine et où l'on en est à nommer des "ministres de la relance" (il fallait oser, mais vous connaissez la fameuse réplique des Tontons Flingueurs, je ne vais pas vous la ressortir), il n'est peut-être pas inutile de flanquer un coup de pied supplémentaire au derche des conformistes de naguère: ceux qui nous disaient que l'Espagne, l'Irlande, l'Islande ou le Royaume-Uni, avaient tout compris et qu'il nous fallait, comme tous ces pays, abandonner nos vieux rêves de protection sociale pour nous lancer à fond dans la machine folle...

Pour une fois, ce n'est pas moi qui le dis, c'est ici et vous remarquerez le caractère révolutionnaire de l'info: un cadre du PS qui tient un discours de gauche! Il veut se faire virer, lui, ou quoi?

13.02.2009

Touchons le fond, oui... mais la tête la première

A l'heure où la fac votait pour savoir qui devait se déclarer mécontent et qui devait se déclarer neutre, c'était matin de fête au labo: grosse réunion pour mettre en place le plan de bataille des 4 mois à venir. Il s'agit en effet de rédiger le bilan de ce quadriennal et la prospective du prochain.

J'ai certes une façon assez personnelle de prendre des notes; mais je ne fais que transcrire ici ce que j'ai entendu là: RéunionQuadriennal.pdf

10.02.2009

Ceci est une histoire vraie

Il y a des jours où la vie vous emmerde et où on se demande si ça valait le coup d'être né. Et puis, heureusement, il en est d'autres où on se dit que franchement, on a bien fait de se lever ce matin. Hier était un de ces jours-là.

Vous retrouverez sa trace dans un billet posté il y a un an et demi ou deux ans, notre labo abrite une secrétaire dont la caractéristique principale est de n'être là qu'un jour sur dix en moyenne; et ça vaut mieux. Car lorsque par hasard? coïncidence? malchance? elle s'avise de passer la porte de son lieu de travail (?), cette personne a pour activité principale d'empêcher les autres de travailler.

En effet, une fois arrivée au labo, l'occupation première de cette dame est de trouver un bureau dont la porte est ouverte et où quelqu'un est en train de bosser; alors elle y entre, s'asseoit et passe environ deux heures à expliquer au locataire de l'édicule qu'elle est débordée de travail, au point qu'elle se demande si elle ne va pas faire une dépression. Après cent vingt minutes de ce régime, soit son auditeur est mort d'ennui, soit il l'a virée du bureau, ou bien il s'est pendu de désespoir, ou alors (c'est ce qui se produit le plus fréquemment) il s'est trouvé une occupation urgente ailleurs, rien que pour ne plus avoir à l'écouter. Elle repart alors à l'aventure, se cherchant un autre lieu où passer la seconde moitié de la journée (1 journée = 4 heures les jours de grand stress).

Dans un labo où le secrétariat est en sous-effectif chronique (4 secrétaires pour 100 personnes environ), c'est vous dire si cette dame est appréciée. Illustration de sa popularité: un jour vers 10 heures, nous prenions le café (nous sommes alors au boulot depuis 2 à 3 heures), Mademoiselle Froufrou est arrivée pour débuter sa journée.  Nous voyant attablés autour de nos tasses, elle nous aborde avec une grande franchise: "Est-ce que vous m'invitez pour le café?". Je précise que ce café ne sort pas d'un distributeur mais d'une cafetière, pour laquelle nous nous cotisons. Il s'agissait donc de se faire payer un café gratos. L'un de nous se tourne alors vers elle et, avec un sourire jusqu'aux oreilles, lui répond d'un ton enjoué: "Non." Une collègue en rajoute: "Ou alors, c'est 2 euros." Le premier collègue surechérit: "Juste parce que c'est vous." Vous voyez comme on l'aime.

Hier, Mademoiselle Froufrou avait pour mission de la journée de photocopier une page unique à 50 exemplaires. C'était épuisant. Comme elle le dit elle-même, elle ne se sert pas assez souvent de la photocopieuse pour se rappeler comment elle marche. Elle est donc allé trouver une secrétaire pour lui demander des explications. L'autre la met devant la machine, lui montre tous les boutons, le chargeur automatique de documents, etc. Pour lui éviter des soucis, elle lui précise que, si elle a plus d'une trentaine de pages à copier, il vaut mieux surveiller le chargeur automatique de documents, qui a tendance à coincer les feuilles; puis elle s'en va.

Mademoiselle Froufrou a bien retenu la leçon: elle a placé sa feuille unique sur le chargeur et a appuyé sur le bouton. La feuille est passée dans le chargeur, a été copiée, puis est ressortie de l'autre côté. Mademoiselle Froufrou l'a reprise, l'a replacée dans le chargeur et a appuyé de nouveau sur le bouton. 50 fois comme ça.

A une maître de conf qui passait par là, elle a fini par se plaindre: "Tout de même, cette photocopieuse, ce qu'elle est lente." 

09.02.2009

Manifs et AG

Communiqué de notre présidence, reçu ce matin:

"Afin de permettre aux personnels et étudiants de l’Université qui le souhaitent de se rendre aux réunions, assemblées et manifestations qui pourront se tenir le mardi 10 février 2009, les enseignements de l’Université Montpellier seront suspendus"

Ca va faire plaisir aux étudiants, je devais leur donner cours demain matin de 8h à 9h30!

02.02.2009

Comment passer cadre A

A l'heure où, réforme du statut oblige, le débat sur la qualité des publications fait rage (voir ici chez Tom Roud pour un débat animé), il y en a qui ne se posent pas autant de questions. Il est vrai que, pour obtenir un poste de MCF ou de CR après un (ou plusieurs) post-docs successifs, ou pour passer prof ou DR, on aimerait bien connaître les règles du jeu. Il faut simplement garder à l'esprit que, dans un milieu où les bons candidats sont finalement assez nombreux, l'argument des publications est surtout utilisé de façon éliminatoire - pour dégommer les gens plutôt que pour les mettre en avant.

Soyons honnêtes: pourquoi se battre pour savoir ce qu'est un bon papier et ce qu'est une merde? Abandonnons l'hypocrisie; la littérature scientifique (autant que la littérature tout court) est devenue une industrie; dans ce contexte, l'objectif est devenu, non pas de publier bien, mais de publier beaucoup. Tous les critères classiquement proposés pour juger de la valeur scientifique d'un individu (facteur d'impact, H-factor, indice de citation, prix décernés par des sociétés savantes) sont tellement tributaires de qui vous connaissez ou ne connaissez pas dans votre petite communauté que ça en devient sans signification. La vie de tous les jours nous le démontre, il vaut mieux, pour la carrière, avoir beaucoup d'amis qu'être réellement bon.

Il y en a qui ont compris. Le journalisme d'investigation sert peut-être encore à quelque chose; on trouve dans Le Canard Enchaîné de la semaine dernière et le Marianne de ce week-end deux exemples caractéristiques de promotion à des postes de prof.

  • Alain Bauer, vous connaissez? Outre la similtude de nom de famille avec le héros de 24 heures, il partage avec lui un penchant marque pour la surveillance globalisée. Alain Bauer est le co-auteur, avec Emile Perez, d'au moins deux opuscules chez Que sais-je : Le crime aux Etats-Unis et Les polices aux Etats-Unis. Dans ces deux petits bouquins, les auteurs font valoir comme remède miracle contre la déliquance la tolérance zéro, ainsi que le fichage généralisé et mutualisé entre organisations policières; mais là n'est pas le problème. Alain Bauer est aussi à la tête de AB Associates, société experte en sécurité. Il était jadis Rocardien, il est désormais Sarkoziste. Eh bien, ça lui a suffi pour se faire bombarder prof au Cnam. Même que la chaire de criminologie a été créée exprès pour lui (dixit le Canard, je n'ai pas vérifié, mais il paraît qu'avant ce bombardement express, la chaire n'existait même pas!)
  • Bernard Kouchner, on ne présente plus. Eh bien lui, c'est Marianne qui nous en informe ce samedi, s'est également fait nommer prof au Cnam il y a quelques années - après avoir vainement tenté de faire du lobbying auprès de Bernard Debré (chef de l'urologie à Cochin).

Ces deux personnages avaient pour caractéristique principale de n'avoir pas assez de publis ni de CV de recherche suffisamment étoffé pour pouvoir prétendre à des postes de Cadre A classiques. L'avantage du Cnam, c'est que le ministère y possède un pouvoir discrétionnaire sur un certain nombre de postes, autrement dit il y nomme qui il veut...

Alors franchement, les débats autour du nombre de publis, qui mérite de passer prof ou pas, etc., vous voyez bien que c'est du pipeau. Il y en a qui ont compris que bonnes relations valaient bien mieux que travail, mérite et enseignement!

 

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