24.10.2008
Qui faut-il croire?
Parmi les guérisseurs de tout poil qui se pressent au chevet de la finance mondiale - plans de "recapitalisation" (c'est pour ne pas prononcer le gros mot "nationalisation"; c'est comme quand on dit qu'un aveugle est non-voyant ou qu'un sourd est malentendant), "injection massive de liquidités", les incantations ne manquent pas dans le petit univers des spécialistes. De l'autre côté, les banquiers (surtout français) vous expliquent inlassablement qu'il n'y a pas de problème, juste avant d'avouer que l'Ecureuil a perdu ses noisettes et laisse la Caisse d'Epargne avec un trou de 700 millions d'euros... Bref, qui croire? Ceux qui disent que tout va bien, ou ceux qui prétendent que le malade est malade, et que la guérison sera lente et douloureuse? Un petit exemple, tiré de la vie de tous les jours.
Il y a 2 semaines, je trouve dans ma boîte à lettres le prospectus suivant:
Vous avez lu vous-mêmes: résultats garantis, fiabilité totale, on fait des miracles, etc. Voilà de quoi, a priori, garantir à l'impétrant un marché, sinon juteux, du moins captif, auprès d'une clientèle très spécialisée.
Or voilà-t-il pas que, quelques jours plus tard, la concurrence passe à l'offensive et qu'un nouveau mage propose ses se(r)vices, sur un format environ deux fois plus grand:
En vérité je vous le dis, le premier a de quoi s'inquiéter, car le second est "très fort" et "compétant" (ça change tout). Alors que le précédent se contentait du passé, présent et avenir, le second garantit une protection définitive (est-ce bien malin, d'ailleurs? les clients ne reviendront plus!)
Malheureusement, j'ai déjà le permis; j'ai passé à peu près tous les concours et examens auxquels je pouvais prétendre et je n'ai pas de mauvais blocage. Je n'aurai donc pas recours aux services du monsieur et serai donc dans l'incapacité de vous dire s'il est effectivement "très fort" ou pas.
Par contre, j'ai jeté un coup d'oeil à la notice d'un médicament qui traînait dans un tiroir (seule une face est reproduite), avouez que ce n'est pas la même chose:
Si on traduit: attention, c'est dangereux, n'en prenez pas trop, vous risquez d'attraper des boutons, ou pire un oedème, ou d'avoir l'air d'un tuberculeux, alors faites bien gaffe.
Comme pour les clients des banques, mettez-vous à la place du gogo moyen: qui a-t-on envie de croire: celui qui vous dit que tout se passera bien et que vous êtes un type super, ou bien celui qui prend sa calculette et commence à vous aligner des pourcentages en faisant la moue?
Il semble que les traders du système financier mondial, eux, avaient fait leur choix.
07:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, société, humour

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Commentaires
Au Portugal, il y a vingt ans, la notice d'emploi des médicaments était rédigée peu ou prou en style marabout: "Et cela résoudra TOUS vos problèmes de cholestérol, en un rien de temps." Du coup, l'adhésion au traitement était renforcée, et son efficacité devait l'être d'autant...
Ecrit par : anthropopotame | 24.10.2008
Il ne faut pas se moquer de ces bienfaiteurs de l'humanité: j'ai vu l'annonce d'un type comme ça qui guarantissait la réussite au bac: remboursé au cas d'erreur. Avec 80% de la réussite à l'examen statistiquement il était gagnant. Il se peut qu'il s'agissait d'un trader. Plus important: le père de Rockefeller vendait sur les foires des rémèdes imparables contre tout, y compris le cancer, 25$ pièce. On le sortait généralement au bout de quelques jours de la ville engoudronné et emplumé, assis sur un tronc d'arbre. Du coup le fils a préféré se lancer dans le pétrole et a fait la fortune qu'on sait. Comme quoi le bon exemple...Surtout dans un pays (USA) ou tout est possible...
Ecrit par : Candide | 07.11.2008
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