07.10.2008

Avec toutes mes excuses

Des excuses, je vous en dois. Vous vous souvenez de ces billets où je me moquais - malheureux inconscient que j'étais! - de ces marchés qui nous font tant de bien [Lien 1, Lien 2, Lien 3]. Cette série, qu'avait initié un facteur a priori sans rapport avec la choucroute - à savoir un énervement chronique envers les conducteurs de 4x4 [Lien 4] - m'avait valu les foudres de quelques spécialistes de l'économie. On s'était un peu frittés, d'un côté les gens qui savent de quoi ils parlent et de l'autre les ignorants qui racontent n'importe quoi (ça, c'est moi!)

Eh bien, ils avaient raison, et j'avais tort: en fait, ça se passe plutôt bien. Il n'y a qu'à voir ici, ici et .

Bon, c'est vrai: tirer sur les ambulances, ça ne se fait pas. Mais on a peut-être le droit de tirer sur les corbillards?

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Commentaires

Enerve

Voici les elements qui je pensent peuvent eclairer tes lecteurs qui comprennent l'anglais (j'ai toujours un probleme avec les journalistes francais qui ne comprennent jamais tout le probleme).

en premier lieu, le reportage de 60 minutes qui eclaire enfin pourquoi les gens qui font des produits derives ne veulent pas appeler leur contrats des assurances:

http://www.crooksandliars.com/nicole-belle/60-minutes-wall-streets-shadow-market

Reponse: parceque une assurance c'est regule, c.a.d on demande aux assureurs d'avoir l'argent qui garantit le contrat, on ne demande rien a un secteur qui n'est pas reguler, d'ou la possiblite de ces firmes d'emettre plein de contrats qui a terme pese 50 a 70 fois l'argent de leur propre entreprises. Les solutions de black-sholes ne peuvent etre applique que dans un regime stationnaires et donc cette formulation est ideal quand on pense que certaines stats sont tres basses (voir plus bas)

Alors maintenant on entend aussi parler de ces putains pauvres qui ont pris tout ces credits pour acheter des maisons qu'ils ne pouvaient pas se payer. En comprenant ce qui se passe, il faut voir deux choses:
* la premiere est que si l'argent du bail out etait donne a ces personnes qui ont pris des credits, tout le probleme disparaitrait car on aurait plus ces histoires d'assurance demultipliees qui se mettent en action! Mais non, on a decider avec le bail-out de payer les contrats que nous savons au moins pour l'allemagne etre egal a 80% du produit interieur brut du pays.
* dans un marche montant, les plus mauvais payeurs pouvaient revendre leurs maisons sans faire defaut, les stats sur les defauts sont devenues tellement ridiculement basse que tout le monde a penser que l'economie allait bien c.a.d que l'on pouvait prendre plus de rsique, et donc de penser que ces contrats pouvaient etre augmenter en nombre. ( http://meganmcardle.theatlantic.com/archives/2008/10/how_did_it_all_happen.php , http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2008/10/what-caused-the.html )
A la fin, une baisse de 10% de la valeur de ces actifs fait sauter toutes ces banques a cause de la demultiplication.


autres articles a lire:
http://www.nakedcapitalism.com/2008/10/soros-he-foresaw-end-of-era.html

http://gregmankiw.blogspot.com/2008/10/do-you-take-models-too-seriously.html


Ce qui m'etonnera toujours c'est la facilite avec lesquelles les banques francaises ou europeennes sont capables d'acheter des produits comme ceux -la alors que ces produits financiers seraient totalement interdit en France. On parle de faire avec moins de fonctionnaires en france, mais peut-etre qu'il serait utile d'avoir des fonctionnaires bien formes qui puissent reellement comprendre ces produits et estimer leur niveau de toxicite.



b

Ecrit par : b | 07.10.2008

Dans tout cela on trouve la preuve que les banquiers et pas seulement eux sont des imbéciles sans qualifications. En effet, ils devaient voir où cela mène. Qu'ils continuent malgré cela n'est pas étonnant. La preuve ce qu'à quelques exceptions près ils n'ont pas spéculé sur la prévision quasi-certaine de ce qui devrait arriver. Vous me direz que depuis l'achat de Metro-Goldwyn -Meyer par le Crédit Lyonnais à deux escrocs italiens patentés et connus de tous sur les marchés financiers, on le savait bien. Mais il y a la deuxième question: les banquiers, oui; les industriels, oui (e.g. Tchuruk qui voulait faire de l'ALCATEL "une entreprise sans usines" et il a réussi - elle est sans pantalon aussi); politiciens? On a encore un avenir devant nous...Il y avait une plaisanterie dans le bloc soviétique autrefois: une question adressée à la radio "pour quand le monde meilleur?" La réponse: "c'est déjà arrivé dans le passé".

Ecrit par : Candide | 08.10.2008

Merci pour cette remarque sur la "prévision quasi-certaine"... Ca me rappelle certain débat où je me faisais traiter de crétin par des économistes pour avoir dit qu'il fallait être con pour ne pas réaliser que l'économie du pétrole aurait un jour une fin! J'ai l'impression qu'on est ici un peu dans le même genre de débat: chronique de catastrophes annoncées...

Ecrit par : Enervé | 08.10.2008

Je dirais qu'il s'agit pour une part (des concernés) d'une ignorance crasse ("pourvou que ça doure"), pour autre part (toujours des personnes concernées) de refus de voir les choses comme elles sont dans la mesure où elle dérangent. Considérez le problème de prévision de l'avenir (j'entends bien la vraie prévision, pas une boule en cristal). S'il y a des possibilités d'une catastrophe majeure en alternative avec les situations plus agréables la majorité des "décideurs" dira que puisque les deux sont possibles (en bon polytechnicien on dira 50%/50%) il n' y a pas de raisons de pencher nécessairement pour la catastrophe. Grosse erreur de raisonnement car les conséquences de la catastrophe auront une autre signification que celle de la situation "gentille". Il faut donc intégrer dans le raisonnement le poids et donner le poids plus considérable à la probabilité catastrophique. mais cela s'appelle pessimisme et n'est pas correcte politiquement.
“The power of accurate observation is commonly called cynicism by those who have not got it."
--George Bernard Shaw

Ecrit par : Candide | 12.10.2008

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