08.10.2008
Avec toutes mes excuses (suite)
Rendons à Cesar ce qui est à Cesar. Je reproduis en fin de ce billet un texte transmis par B., contributeur régulier de ce blog, qu'il serait je pense dommage de laisser en commentaire d'un billet , car même si la plupart des gens qui passent ici doivent aussi lire les commentaires, on ne sait jamais. Le voici donc in extenso, ci-dessous, avec les liens qui l'accompagnent.
Dans le même ordre d'idée, je me souviens très bien de ce petit journal carrément subversif, intitulé La Décroissance (site ici), dont j'avais acheté un exemplaire il y a plus d'un an. Le journal publiait l'interview d'un expert, qui souhaitait rester anonyme -et on le comprend- travaillant pour un certain nombre d'organismes financiers internationaux, dont la Banque centrale européenne par exemple. Il y a déjà plus de 12 mois, cet expert annonçait assez précisément ce qui est en train de se passer: système financier utilisant des produits "virtuels" totalement délirants, banques jouant avec de l'argent qu'elles n'avaient pas (je crois que récemment, les prêts à court terme étaient passés d'un rapport emprunt/garantie initialement égal à de 10 à plus de 30 !), etc. Ce type prédisait (et à combien juste titre) que ça allait péter, et salement.
Dans ces conditions, que l'on ne nous dise pas que personne ne savait. Bien sûr, que le risque était connu. Mais, comme dans les catastrophes du style navette spatiale, où un pauvre petit joint en caoutchouc gelé dans un booster ou un bloc de mousse qui heurte une aile finit par dégénérer en désastre parce que les responsables ont choisi d'ignorer les avertissements de leurs employés, ces risques ont été (sciemment ou non) sous-estimés, faussant la perception du danger et se traduisant par le boxon planétaire que l'on sait. Pour les gens qui ont un peu traîné leurs guêtres dans les instances de type Bruxelles (je me souviens du temps où j'allais montrer mon cul à la Commission pour faire le tapin et récolter un peu de pognon sur les projets du PCRD), il apparaît assez évident que tous ces experts et hauts fonctionnaires ne vivent pas sur la même planète que nous et n'ont pas du tout la même perception de ce qui est bénéfique ou nuisible, sans parler d'être utopique ou au contraire réalisable.
Armons-nous donc de patience pour supporter la débilité ambiante et ses conséquences sur nos portefeuilles; en attendant, je vous livre le texte du billet.
"Voici les elements qui je pensent peuvent eclairer tes lecteurs qui comprennent l'anglais (j'ai toujours un probleme avec les journalistes francais qui ne comprennent jamais tout le probleme).
en premier lieu, le reportage de 60 minutes qui eclaire enfin pourquoi les gens qui font des produits derives ne veulent pas appeler leur contrats des assurances:
http://www.crooksandliars.com/nicole-belle/60-minutes-wal...
Reponse: parceque une assurance c'est regule, c.a.d on demande aux assureurs d'avoir l'argent qui garantit le contrat, on ne demande rien a un secteur qui n'est pas reguler, d'ou la possiblite de ces firmes d'emettre plein de contrats qui a terme pese 50 a 70 fois l'argent de leur propre entreprises. Les solutions de black-sholes ne peuvent etre applique que dans un regime stationnaires et donc cette formulation est ideal quand on pense que certaines stats sont tres basses (voir plus bas)
Alors maintenant on entend aussi parler de ces putains pauvres qui ont pris tout ces credits pour acheter des maisons qu'ils ne pouvaient pas se payer. En comprenant ce qui se passe, il faut voir deux choses:
* la premiere est que si l'argent du bail out etait donne a ces personnes qui ont pris des credits, tout le probleme disparaitrait car on aurait plus ces histoires d'assurance demultipliees qui se mettent en action! Mais non, on a decider avec le bail-out de payer les contrats que nous savons au moins pour l'allemagne etre egal a 80% du produit interieur brut du pays.
* dans un marche montant, les plus mauvais payeurs pouvaient revendre leurs maisons sans faire defaut, les stats sur les defauts sont devenues tellement ridiculement basse que tout le monde a penser que l'economie allait bien c.a.d que l'on pouvait prendre plus de rsique, et donc de penser que ces contrats pouvaient etre augmenter en nombre. ( http://meganmcardle.theatlantic.com/archives/2008/10/how_... , http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2008... )
A la fin, une baisse de 10% de la valeur de ces actifs fait sauter toutes ces banques a cause de la demultiplication.
autres articles a lire:
http://www.nakedcapitalism.com/2008/10/soros-he-foresaw-e...
http://gregmankiw.blogspot.com/2008/10/do-you-take-models...
Ce qui m'etonnera toujours c'est la facilite avec lesquelles les banques francaises ou europeennes sont capables d'acheter des produits comme ceux -la alors que ces produits financiers seraient totalement interdit en France. On parle de faire avec moins de fonctionnaires en france, mais peut-etre qu'il serait utile d'avoir des fonctionnaires bien formes qui puissent reellement comprendre ces produits et estimer leur niveau de toxicite. "
10:19 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, actualité, economie, politique

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Commentaires
Merci. Je devrais avoir mon propre blog :)
Ce qui est ennuyeux dans tout cela c'est que dans n'importe quelle ingenierie que je connais, avoir des coefficients multiplicateurs comme ceux-ci est un arret de mort pour une technologie ou l'implementation d'un systeme. Comment cela se fait-il que des etudes de "sensivity" ne soient pas requise par l'etat ? Je ne comprends pas. J'irais meme plus loin, j'ai l'impression que le principe de precaution c'est pour les gros connards qui suivent les regles.
A la fin tout ceci nous mene dans un climat ou les gens lambda ont peur. Un exemple: l'emission du Colbert report, est une emission comique ou Stephen Colbert imite les gens de la FOX, mais il le fait bien de sorte que le show est autant regarder que celui du daily show de Jon Stewart (les deux seules emissions a faire un boulot de journalistes politique rellement). Avant hier, il avait comme invite Jim Cramer, la personne qui avait sonne la sonnette d'alarme sur CNBC ( http://www.youtube.com/watch?v=GKZgfrsItmw ) il y a un an. Cramer vient au programme, et l'on s'attend a des rires a chaque fois qu'il s'exprime tellement la situation est rocambolesque. Ce qui est le cas dans la majorite de l'interview, sauf a 2 minute 10 dans l'interview, ecoute bien, Les gens ne rient plus pendant deux secondes.
http://www.colbertnation.com/the-colbert-report-videos/187307/october-06-2008/jim-cramer
Deux secondes d'eternites, meme Stephen remarque.
L'islande est au bord de la banqueroute, l'indonesie (250M de personnes) a ferme sa bourse. Certaines personnes font flotter l'idee que la Chine fasse un pret aux americains:
http://www.nakedcapitalism.com/2008/10/plan-for-china-to-bail-out-us.html
mais vu le debat d'hier, cela me semble tres peu probable.
Et enfin, un pays avec l'arme nucleaire ou se trouve al-qaida risque de faire banqueroute:
http://www.telegraph.co.uk/finance/financetopics/financialcrisis/3147266/Pakistan-facing-bankruptcy.html
Comme on dit, payback is going to be a bitch.
b
Ecrit par : b | 08.10.2008
"j'ai l'impression que le principe de precaution c'est pour les gros connards qui suivent les regles."
J'adore! Celle-là, je la garde dans un coin de ma manche, je la resservirai à l'occasion!
Ecrit par : Enervé | 08.10.2008
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