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13.06.2008

Irlande, référendum et choucroute

L'Europe est paraît-il suspendue aux résultats du vote irlandais. Ce n'est pas que les résultats de ce dernier aient une grande importance: on commence à murmurer du côté de Bruxelles que si les celtes furieux disent non au traité simplifié du Nain, on les refera voter jusqu'à ce qu'ils disent oui. Non, si tout le monde piaffe, c'est tout simplement que les résultats du scrutin ne seront connus qu'ajourd'hui et qu'il n'a été procédé à aucun sondage en sortie des urnes... Mon Dieu, comment la presse a-t-elle pu laisser passer ça? Je ne serais pas étonné qu'après PPDA, on en vire quelques autres pour incompétence... Pour l'instant, on sait juste que le taux de participation aurait été de 42% [Ref 1].
      
A peu près toute la presse semble vouloir se scandaliser de ce "non" potentiel de l'Irlande; quelle ingratitude, nous dit Le Monde, alors que ce pays est un de ceux qui ont le plus massivement bénéficié du soutien financier européen dans les années passées - d'ailleurs, un certain nombre de citoyens Irlandais en sont conscients [Ref 2]. Face au potentiel redoutable du "Non", les partisans du "Oui" ont leurs arguments tout prêts: pour certains, les opposants ne comprennent pas tout et mélangent tout [Ref 3] (N.B. Ca ne vous rappelle pas les arguments des partisans de certaine constitution européenne rejetée en mai 2005?). Pour d'autres, ce sont des salauds d'égoïstes, comme l'a dit Cohn-Bendit dans une déclaration reprise par Le Monde [Ref 4]. Et Cohn-Bendit sait de quoi il parle: sans l'Europe, il aurait été dans l'incapacité totale de mener sa double carrière, à la fois en Allemagne et en France, le meilleur moyen d'avoir le cul entre deux chaises sans se le voir reprocher étant de jouer les inutiles au parlement de Strasbourg... Ce type est probalement le premier travailleur frontalier de l'histoire politique française, laissez donc parler les experts!
        
A l'heure où tout le monde semble se mettre d'accord pour reprocher à l'Irlande son ingratitude, personne ne semble se poser la question suivante: si l'Irlande a beaucoup tiré de l'Europe, peut-être l'Europe a-t-elle beaucoup tiré de l'Irlande également? Il suffit de lire ce petit article de Libération [Ref 5] pour apprendre que les finaciers espèrent beaucoup d'un espace européen de l'économie; de plus, quel camouflet pour les dirigeants européens après le rejet de la constitution par la France et les Pays-Bas en 2005. Ce serait une véritable catastrophe, nous dit Barroso [Ref 6], mais après tout, il est payé pour dire ça.  En plus, nous dit-on, il n'y a pas de "plan B".
Pas de plan B, vraiment? Dans un article de Libération [Ref 7], on peut lire que les dirigeants européens ont déjà pensé à 3 solutions: soit on met l'Irlande dehors (n'ayons pas peur des actes, puisque nous avons peur des mots), soit on les force à revoter jusqu'à ce qu'ils disent oui (on leur avait déjà fait le coup sur le traité de Nice), soit on jette Lisbonne, ce qui, au moment où le Nain prend la présidence de l'union européenne, donnerait à voir des étincelles au bon peuple...
Le véritable scandale, s'idingnaient des éditorialistes, c'est qu'un pays de 4 millons d'habitants décide du sort d'un traité qui en concerne 400 millions d'autres. Oui, certes... Mais il ne faut pas oublier qu'aux 400 millions d'autres, on n'avait pas eu l'idée de leur demander leur avis...

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Commentaires

J'aime bien votre conclusion:
en effet, il y 400 millions de personne a qui on n'avait pas demander son avis. Il est interessant de noter que l'Irlande est seul pays qui ne soit pas passe par voie parlementaire, parceque sa constitution rend obliatoire de faire un referendum sur ce sujet.....

Je dis merci a tout les irlandais.

Ecrit par : nicolas | 14.06.2008

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