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30.05.2008

Celui qui prenait la lune pour une perle

Vous vous sentez nul? Vos publications sont rejetées, votre recherche n'avance pas, du coup votre chef d'équipe vous méprise, le directeur du labo ne vous parle plus et les conversations s'arrêtent net quand vous apparaissez au coin café?

Pas de panique: non seulement tout problème a sa solution, mais toute solution a son problème. Si vous vous sentez nul, faites de la recherche absurde, ça marche toujours. J'en veux pour illustration ce petit bijou, trouvé dans la revue Acta Astronautica (le Astronautica, apparu sous Jules César, signifie: "domaine de recherche totalement foireux, relevant de la science-fiction, qui ne peut espérer des débouchés que dans, disons, 2000 ans au mieux") alors que je cherchais des références sur un truc qui n'avait rien à voir. Il suffit de lire le titre:

"Making a Tunnel through the Moon" (Comment creuser un tunnel à travers la lune). Paru en 2002.

Vous avez bien compris: c'est un type qui propose de creuser un tunnel au travers de la Lune. Le mieux, selon lui, est d'utiliser des bombes atomiques. Comme la Lune fait quand même 1700 km de rayon, il estime que plusieurs milliers d'explosions seraient nécessaires pour arriver de l'autre côté. Conscient que ça fait beaucoup, il propose de contrôler la forme de l'onde de choc de manière à générer une onde d'implosion conique, qui rendrait le processus plus efficace - donc, moins de bombinettes pour le même résultat.

Je vous livre le PDF en fin de ce billet; le meilleur reste quand même l'introduction et la conclusion, que je vous traduis rapidement:

"Il y a quelques années, j'avais suggéré dans un magazine de creuser un tunnel au travers de la Lune. Dans cet article, je n'avançais aucune analyse du concept, ce que je trouve désormais le temps de faire, à la fin d'une carrière scientifique longue et riche..." La science, c'est comme la cuisine: quand c'est trop riche, on finit par la régurgiter.

"Comment faire pour que le tunnel soit durable. Après que les explosions nucléaires auront fragmenté la roche et que la chaleur aura été évacuée, il faudra garnir la paroi du tunnel de matériau de type céramique, puisque l'on ne dispose pas sur la Lune de l'eau nécessaire à la confection du béton. Pour que la paroi soit durable, sa température doit rester basse [...] en faisant circuler du métal liquide au travers de la roche fissurée, on devrait pouvoir assurer l'évacuation de la chaleur à un taux qui permette de garder cette température à un niveau acceptable." Vous voyez qu'il y en a qui pensent à tout.

Bon, sans rire (si possible): pourquoi propose-t-il de faire ça? La raison est donnée au 2ème paragraphe de son introduction:

"Son importance scientifique mise à part (sic), un tel tunnel pourrait être économiquement très bénéfique: en effet, il est généralement admis que les métaux lourds sont concentrés au centre des corps planétaires, où ils se sont accumulés lors de la phase liquide de la formation de ceux-ci".

Voilà: le jour où les réserves d'or et de platine seront épuisées, on saura où aller en chercher d'autres. Ca vous la coupe, hein? Vous voyez qu'Asimov, c'était un rigolo: dans une de ses histoires, il proposait seulement d'aller chercher de l'eau sous forme de glace dans les anneaux de Saturne. Franchement, aller pelleter du Titane ou de l'iridium à coup de bombes atomiques dans la Mer de la Sérénité, c'est autrement plus gratifiant! En plus, ça doit être vachement mieux payé...

Bon, allez, voilà le fichier: http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_...

29.05.2008

Recrutements maîtres de conf et profs: n-ième

Suite de l'histoire intérieure sur le mode de recrutement des maîtres de conf et des profs dans ma belle section 60 du CNU. Si vous avez du mal à recoller les morceaux des épisodes précédents, ils sont là: Episode 1, Episode 2, Episode 3, Episode 4, Episode 5, Episode 6, Episode 7 (vous avez le droit de faire une pause entre les épisodes).
Je vous avais laissés avant-hier hier au point où je me faisais mettre (c'est le cas de le dire) en minorité, au sein de la commission mixte que je présidais, par deux membres totalement incompétents pour juger de la qualité des candidats. La bataille pour le classement au 1er rang m'avait laissé franchement insatisfait, car je me voyais imposer un type que je risquais de ne pas pouvoir intégrer dans le labo. Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. En l'occurrence, il s'agissait de bien potasser les textes, de se livrer à une habile opération de lobbying et, surtout, de manipulation.
  • Les textes pour commencer. Bien que sachant parfaitement à quoi m'en tenir, j'ai envoyé des emails un peu partout (service du personnel, etc.) en demandant d'un air innocent "quelle était la responsabilité exacte" de la commission mixte par rapport à la commission de spécialistes dans l'opération de classement des candidats; ceci parce que j'étais "un peu embêté" que la commission d'audition "ne soit pas parvenue à un consensus" au sujet du classement en question.
  • Le lobbying: Lion Blanc, mon collègue prof qui part à la retraite, est vice-président de la commission de spécialistes - je suis d'ailleurs son suppléant, donc sans droit de vote. C'est bien sûr lui que je suis allé voir en premier. Il a illico conseillé au directeur du labo de démarrer au quart de tour et d'écrire (en se recommandant de lui) au président de la CSE pour lui signifier sa préoccupation au sujet du choix arrêté par la commission mixte. Ca n'a pas raté, le président m'a téléphoné une heure plus tard pour m'assurer de sa grande préoccupation à lui aussi, et pour m'informer que ce poste serait discuté en dernier dans la réunion, un signe qu'il avait pris au sérieux la  réaction rapide et spectaculaire de mes collègues, et qu'il s'attendait à ce que ça prenne du temps.
  • La manipulation (honnête, je vous rassure): il a suffi que Lion blanc mentionne que les deux membres de la 62ème voulaient classer premier un candidat - pour mieux pouvoir le récupérer par la suite - pour que ça se mette à hurler dans tous les sens. Je pense que personne ne me contredira si j'affirme que la plupart des commissions de spécialistes pratiquent - à l'instar de la plupart des sections du CNU - un communautarisme intellectuel si étroitement borné que tout rapprochement avec une autre section s'apparente, à leurs yeux, à de la haute trahison. J'avais bien sûr entre temps présenté des arguments objectifs pour motiver la modification du classement, mais, reconnaissons-le, aucun d'entre eux n'aurait eu le même poids que cette menace de récupération par l'autre section CNU.
  • Mon collègue le Céphalopode a bien tenté de nager à contre-courant, mais pas longtemps, car d'une part il aime trop être du même avis que tout le monde, et d'autre part son classement au poste de prof allait être discuté tout de suite après. Il valait mieux se faire oublier... Donc au final, on a classé premier le bon candidat - c'est-à-dire celui qui correspondait vraiment au profil.
On a ensuite discuté les classements aux postes de prof. Il y a bien eu un moment de flottement quand les CV du Céphalopode et de son principal concurrent (classé 2ème) ont été mis en regard l'un de l'autre: même nombre de publis, de thèses encadrées, de projets... sauf que le candidat classé 2ème a 20 ans de moins que le Poulpe local. Mais Lion blanc a sorti les violons, un ensemble complet d'instruments à vent connus sous le nom de pipeaux, et nous a généreusement distribué des paquets de mouchoirs afin de nous faire pleurer. Au bout de 10 minutes, on avait compris que si le candidat local était nul, ça n'était pas de sa faute: il est né comme ça, et s'il est devenu encore plus nase au fil des années, il ne faut pas y voir un manque d'implication et de travail - bien au contraire, cela résulte d'une politique et d'une prospective de recherche totalement et cohérentement nulle, dont l'absence de résultats et de publications est non seulement le titre de gloire mais aussi un objectif ouvertement assumé.
Devant une telle maturité et une telle persistance dans la gestion de carrière et d'équipe (le Céphalopode a réussi à entraîner dans sa nullité 4 autres personnes du labo, un autre signe de "ses capacités d'animation d'équipe" - sic), la commission de spécialistes ne pouvait que s'incliner et reconnaître la supériorité Céphalopodienne sur le candidat extérieur, qui, lui, s'était bêtement figuré qu'il suffisait d'être créatif et de bien travailler pour être promu... Pauvre naïf!
Mais ce n'est pas grave: ce même candidat extérieur a eu un autre poste... Ailleurs... Pas chez nous... Vu que chez nous, on ne met profs que des nuls, raison pour laquelle il nous faut de très bons maîtres de conf!
Après avoir vu comment ça se passait, je suis saisi d'une curiosité malsaine: quand ils m'ont fait passer prof l'année dernière (j'ai environ 2 fois plus de publis que le Céphalopode), qu'est-ce qu'ils ont bien pu raconter sur moi? 

28.05.2008

Economie et finance: le bal des gros nuls

Encore un grand moment de Jean-Marc Sylvestre ce matin sur France Inter. Aujourd'hui, la girouette économique du PAF nous la jouait dans le registre vieux sage sentencieux.

Selon le thuriféraire des fonds de pension, la marge de manoeuvre économique du gouvernement en ce qui concerne le malaise économique et social dans le royaume de France est extrêmement réduite, et ce pour trois raisons:

  1. il ya de forts risques de contagion. Il a raison: quand les pêcheurs se mettent à gueuler sur le prix de l'essence, les taxis, agriculteurs et chauffeurs routiers ne sont pas loin;
  2. l'augmentation de l'essence, qui commence à faire descendre du monde dans la rue, s'inscrit dans un mouvement général et durable d'inflation des matières premières, car les pays émergents tels que la Chine et l'Inde en demandent de plus en plus alors que les ressources naturelles s'épuisent;
  3. la hausse du pétrole est pour l'instant tempérée par le fait que le prix du baril se négocie en dollars; si jamais celui-ci se remettait à s'apprécier face à l'Euro, ce serait pire. On notera au passage que JMS vient de jeter à la poubelle son ancien Dieu, puisqu'il a cessé de prétendre avec le Nain que l'Euro fort, c'était nul...

Selon JMS, les propositions du gouvernement sur une baisse de TVA ont toutes les chances d'être refusées par Bruxelles (surtout à la veille de prendre la présidence de l'Union européenne!) Bien entendu, l'autre solution serait de baisser la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers), mais comme on se fait déjà traiter de nases par le même Bruxelles pour ne pas arriver à maîtriser notre déficit budgétaire, on voit mal le Nabot en rajouter une couche. En plus, si on se met à aider les professionnels par une telle astuce comptable, les particuliers vont en demander aussi!

Heureusement, Jean-Marc Sylvestre tient la recette miracle, et il nous la livre céans: il faut "adapter l'offre à la demande" - parole d'économiste. En pratique, ça veut dire quoi? Le vieux sage nous l'explique: il faut s'adapter, trouver de nouvelles énergies - dont les renouvelables - changer nos habitudes de dévoreurs énergétiques, bref, vivre autrement. Hélas, soupire notre donneur de leçons professionnel, cela prend du temps et demande de la créativité. Citons cette phrase: "comme le disent les économistes, 'la hausse des prix rend intelligent.' Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain..."

Merci, Monsieur Sylvestre, pour cette pensée profonde. Quand on pense qu'il y a presque 40 ans, les premiers écolos se faisaient traiter de crétins en prédisant qu'un jour les réserves de pétrole s'épuiseraient et qu'il fallait commencer à passer aux énergies renouvelables; qu'il y a 10 ans Albert Jacquard passait pour un illuminé avec son Equation du nénuphar, une parabole simple qui démontrait l'illusion d'une croissance infinie. Bien sûr, les professionnels du jargon étaient là, et en 2000, Fabius nous balançait dans la tronche une notion depuis vite enterrée, la "stabcroissance" (cf. Lien - N.B. c'est tout de même un document du FMI!). Comme toutes les nullités patentées, la notion a bien vite démontré son inutilité pratique et son abscence cruelle en ces temps troublés.

Bref, quand on pense que depuis 40 ans, l'issue était non seulement prévisible mais surtout intrinsèquement inévitable, et que tous ces braves gens au FMI, à la Banque mondiale, aux ministères de finances de tous les pays du monde n'ont rien vu venir, on ne peut guère que proposer ce contrepoint à la citation de Jean-Marc Sylvestre:

"La hausse des prix rend intelligent. Mais c'est uniquement parce que la science économique rend très con."

27.05.2008

Recrutement maîtres de conf etc.: encore une anecdote de l'intérieur

Les candidats aux postes de maître de conf qui sont passés devant les commissions d'audition doivent attendre avec impatience le moment de se connecter sur l'application ANTARES du ministère pour découvrir leur classement sur les postes auxquels ils ont candidaté. Ce classement, donné par les universités à l'occasion d'une procédure complexe, fait notamment intervenir les Commissions de spécialistes. Pour la première fois de mon existence, j'ai assisté à l'intégralité du processus, puisque l'ultime réunion de la CS 60, dont j'ai été nommé membre (suppléant, certes) à l'issue d'un processus extrêmement peu démocratique, se tenait la semaine dernière. Petit résumé des événements:

Il y avait cette année au concours un poste de maître de conf: le mien (i.e. celui que j'ai libéré en passant prof). Je présidais la commission d'audition sur ce poste.
  • Cette commission était mixte, c'est-à-dire que la direction de mon école d'ingés avait jugé bon de nous adjoindre (litote) deux membres extérieurs, d'une section CNU tout à fait différente, et dont la qualification principale était de n'être absolument pas compétent dans le domaine de recherche imposé pour le poste.
  • Comme par hasard, cependant, ils appartiennent tous deux à la même section CNU que le directeur de l'Ecole.
  • Nous avions un candidat, ayant fait sa thèse à l'extérieur du labo, sur une thématique à l'origine assez éloignée du profil recherche demandé. Cependant, nous avons eu l'occasion de tester ce candidat à la fois en enseignement (comme ATER) et en recherche, deux domaines où il a montré une capacité d'adaptation surprenante (il nous a permis de soumettre 2 articles dans des revues et d'obtenir 2 projets de recherche en l'espace de 6 mois).
  • Il y avait cependant un candidat étiqueté davantage "extérieur", qui présentait l'avantage d'avoir fait un post-doc à un endroit prestigieux, avec une publi de plus que le précédent. Cependant, son profil d'enseignement était moins adapté et son profil recherche ne me convenait pas du tout - c'était le genre à utiliser un marteau-pilon pour aplatir un moustique, alors que nous cherchons dans le labo à écrabouiller des éléphants... Une métaphore pour indiquer que ce candidat nous proposait, pour son projet de recherche, de mettre en oeuvre des calculateurs parallèles pour simuler ce qui se passe dans un dé à coudre, alors que nous travaillons sur des rivières et des bassins versants qui font des milliers de kilomètres carrés! En plus, il ne s'intéressait même pas aux phénomènes que nous désirons simuler...
Rappelons également qu'il y avait un poste de prof ouvert au recrutement, ce poste étant libéré par un collègue de labo (que je nommerai "le lion blanc" par la suite) partant en retraite.
  • A ce poste se présentait un collègue local, mauvais. Nous utiliserons pour lui le nom de code "céphalopode", en raison de sa propension à lancer partout des tentacules à ventouses pour essayer de ramener à lui tout ce qui passe.
  • Se présentait également un candidat extérieur, avec sensiblement la même expérience de recherche que le céphalopode, mais avec 20 ans de moins. C'est pourquoi tout a été fait pour le décourager de candidater chez nous, car il était trop dangereux pour le mollusque à bras multiples.
La raison pour laquelle tout ceci est mentionné est que le céphalopode faisait partie de la commission mixte que je présidais pour le remplacement de mon poste... Le céphalopode ne m'aime pas - et je le lui rends bien - car, il y a maintenant 6 ans, il faisait partie de la commission d'audition qui m'avait entendu sur mon poste de maître de conf, et il avait été le seul à voter contre moi. Bien sûr, il a perdu. Je le sais, il sait que je le sais, et je sais qu'il sait que je sais. Le céphalopode est plat et mou, c'est un gros nase qui ne connaît pas grand chose au domaine de recherche ciblé pour le poste de maître de conf, mais comme les calamars ont 8 bras, il leur faut bien les occuper à brasser et faire de grands gestes pour passer le temps, surtout quand ils sont totalement largués. C'est exactement ce qui s'est produit. Ajoutons à cela une dose raisonnable de mauvaise foi, le désir de m'imposer un candidat dont je ne voulais pas, ainsi qu'un petit désir de revanche car je suis passé prof avant lui, et vous aurez une image assez fidèle de la situation.
  • Quand le candidat ATER a eu fait sa présentation, le céphalopode et un des membres de la 62ème ont fait assaut de mauvaise foi: "je le trouve bien sûr de lui", "c'est insupportable de voir quelqu'un aussi certain de savoir qu'il fera l'affaire", etc. Alors qu'en réalité le candidat en question, conscient de la non-adéquation de sa formation initiale au profil recherché, se faisait franchement du souci à l'idée que cela joue contre lui, malgré le bon boulot qu'il avait fait entre temps.
  • Quand le candidat "guerre des étoiles" a terminé son speech, mes trois collègues ont surenchéri d'éloges. "Il est impressionnant", "en plus il est jeune" (N.B. l'ATER est plus jeune que lui!), "et vous avez vu le nombre de publis" (N.B. il y en 4 sur 6 qui sont strictement identiques: les équations traitées sont les mêmes, les techniques numériques idem, la seule différence est la géométrie des situations traitées; simplement, il a fait partie d'une équipe de recherche très forte en comm', qui a eu l'intelligence de soumettre quasiment le même papier en un laps de temps très court à 4 journaux en même temps; et ça a marché), "au moins un type comme ça ouvrirait ta recherche" (N.B. c'est juste dommage qu'il ne sache pas faire ce dont j'ai besoin); "je peux te dire que si tu recrutes ce type, nous on travaillera avec lui!" (commentaire d'un des deux collègues de l'autre section, qui s'était fait embobiner par le projet de recherche, qu'il croyait dans son ignorance pouvoir récupérer à son compte et pour son propre labo).
Je vous passe la délibération de la commission mixte: j'ai cru qu'on ne sortirait jamais de la salle. Comme on ne se mettait pas d'accord, il a fallu voter; on a eu 2 voix pour "guerre des étoiles", 1 voix pour l'ATER (la mienne) et le 4ème membre s'est défilé en refusant de se prononcer. Techniquement, j'ai perdu, car étant minoritaire. C'était compter cependant sans l'interprétation pharisienne que l'on pouvait faire des textes. Comment la bataille s'est prolongée au-delà de l'audition pour déboucher en un frittage public en commission de spécialistes 3 jours plus tard, voilà ce que que j'aurai le plaisir de vous conter dans un billet ultérieur... 

26.05.2008

Dictature et presse molles

Quelle est la différence entre la Birmanie et la Chine, le Chili de Pinochet et la France de Sarkozy, en somme, quelle est la différence entre une dictature politiquement condamnable et une dictature politiquement correcte? Simplement le degré de paranoïa.
 
Dans une dictature inacceptable - typiquement la Birmanie - le pouvoir est assumé par des militaires, c'est-à-dire des gens qui ne comprennent que la force et qui se placent au-dessus des lois en invoquant l'état d'urgence perpétuel. Tout séditieux, subversif ou simplement protestataire, est embastillé au motif qu'il menace directement la sécurité nationale. Dans une dictature inacceptable, le facteur humain est totalement ignoré, car il n'a pas de justification possible face à la sécurité - disons plutôt la pérennité et la perpétuation - du Système.
 
Dans une dictature molle (donc acceptable) - ou comme celle dans laquelle les States sont entrés après le 11 septembre et la votation du Patriot Act, qui passe allègrement sur un nombre considérable de libertés individuelles - le pouvoir est assumé par des politiques et garanti de façon exécutoire par la police. Quand vous êtes en faute, on ne vous envoie pas l'armée, mais les flics. La réduction des libertés ne se fait pas de manière brutale en invoquant l'état d'urgence, mais progressivement, à coups de lois, de décrets et d'amendements. Toute personne subversive se voit faire des ennuis, non pas au nom de la sécurité nationale, mais de l'ordre public.
 
On apprend ainsi sur le Contre-journal de Libération que depuis les incidents fort médiatisés du "Casse-toi pauvre con" (salon national des vachettes à viande et des poulets en batterie de cette année) ou du "Si t'es pas content, t'as qu'à venir ici" (visite du Nain au Guilvinec où un marin pêcheur l'avait traité d'enculé après son auto-augmentation de 140%), le Nabot présidentiel ne veut plus vraiment se permettre que les journaux télévisés de 20 heures nous passent des visites en province sous les sifflets. Par conséquent, les déplacements nationaux du Rase-bitume sont désormais aussi encadrés qu'un défilé de flamme olympique au Tibet le jour de l'anniversaire du Dalaï-Lama.
Ainsi les policiers ont-ils pris l'habitude de filtrer sérieusement la foule lors des passages très balisés du cortège présidentiel (Lien 1, Lien 2), aimablement secondés en cela par les élus et des forces de police locales (les futurs-ex-RG) qui fournissent des infos sur leurs concitoyens. Lorsque le Nain est montré au JT de TF1 en train de dialoguer avec une militante CGT, le télespec-tateur ignore que celle-ci s'est vu confisquer au préalable sa casquette à logo par les forces de police, et la phrase où elle s'en plaignait directement au Nain a été coupée au montage.
 
Bien entendu, vous allez me dire que se faire faucher un tract ou un fanion Tibétain par un CRS, ce n'est pas la mort d'un cheval... Se faire arrêter et retenir en garde-à-vue pour avoir brandi un format A4 est déjà un peu plus inquiétant. Dites-vous bien que ça commence comme ça. N'oublions pas que la mère Alliot-Marie a obtenu il n'y a pas si longtemps le doublement du nombre de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics; que les récents avis de la CNIL sur un certain nombre de mesures dites "sécuritaires" (terme officiel pour "fichage") ont été ouvertement ignorés. 
 
En résumé, la différence entre une dictature inacceptable et une dicature politiquement correcte n'est pas une question de degré moral; c'est avant tout une question de degré d'acceptation de la part de ceux qui en font les frais. On peut ainsi s'interroger sur le fait que ce n'est pas sur le site de Libération qu'a été publié l'article qui est à l'origine de ce billet, mais sur celui de son contre-journal. Il semble que la presse de gauche (quoique, en parlant de Libé...) soit devenue tellement subversive qu'il est désormais nécessaire d'avoir une contre-presse pour la sub-subvertir. Bravo, les journaleux!

23.05.2008

Du pognon, et toujours du pognon!

C'est PPDA qui nous le dévoilait, en ouverture de son journal il y a 2 ou 3 jours, d'un air à la fois triomphant et abasourdi par la bonne nouvelle: le pouvoir d'achat des Français aurait augmenté de 3,3% depuis 1 an. Annonce officielle de l'INSEE, donc certifiée conforme et de bonne foi. Message subliminal implicite: cessez de vous plaindre, manants, de votre mal-vivre, vous voyez bien que Nicolas le Petit est effectivement le Président du Pouvoir d'Achat.

C'est le Canard Enchaîné d'hier qui dévoilait les mécanismes de cette fulgurante ascension: cette statistique euphorique provient principalement de deux facteurs:

  • la plus grande partie de ces 3,3% sont dûs aux personnes qui ont retrouvé un emploi (même précaire, même à temps partiel, même mal payé), passant ainsi de quasi-zéro à, disons pas grand-chose, mais ça fait toujours du bien aux stats;
  • la diminution des impôts, notamment liée au paquet fiscal. Comme cette baisse n'a absolument pas bénéficié aux petits salaires (n'oublions pas que 13% des salariés le sont sur la base du SMIC), mais plutôt aux très gros, ça ne met définitivement pas de beurre dans les épinards de ceux qui bouffent des conserves et des patates.

On rappellera à ce propos cette sentence connue de tous les statisticiens: la moyenne n'est qu'un des multiples descripteurs (partiels) de la fonction de distribution d'une variable. Même le couple (moyenne, écart-type) est loin à lui seul de fournir un tableau suffisant. Ce que cette statistique faussement optimiste reflète, c'est que la distribution de revenus de la population française semble être devenue bi-, tri- ou même quadrimodale, avec un pic sur les salaires très faibles ou quasi-nuls, avec un pic plus gros sur les bas salaires (aux alentours du SMIC), un pic plus étalé et moins haut sur les salaires moyens, et un tout petit pic bien isolé, tout à droite de l'axe des abscisses (en l'occurrence, x = pognon), correspondant aux happy few. L'augmentation de la moyenne susmentionnée est donc due 1) au fait qu'une partie du pic "salaires misérables" a été transférée sur le PIC "SMIC", et 2) le pic "gros tas de pognon" a subi un delta x positif, c'est-à-dire "encore plus de pognon".

Grâce au même Canard Enchaîné, on apprenait cette semaine que Rachida Dati, mannequin chez Dior et Channel et Garde des sceaux lorsque les boutiques sont fermées, avait effectué un déplacement dans les Alpes-Maritimes; à cette occasion, elle a réclamé auprès de la Préfecture de Nice une voiture blindée pour circuler sur les routes de ce dangereux département (pas de bol, la Prèfe ne dispose pas d'un tel médicament de confort).

Je ne savais pas qu'elle avait des impayés auprès de la mafia russe...

22.05.2008

Le Forum Scientifique du Labo

Aujourd'hui, mon labo organisait un forum scientifique. C'était l'occasion, pour les deux unités que nous allons absorber (de manière forcée par nos tutelles) de faire connaissance. A cet effet, nous avons eu droit à de multiples présentations, par les divers responsables d'équipes, des activités des uns et des autres. Je confirme: c'est effectivement une très bonne manière de faire connaissance, notamment si l'on désire enrichir son trombinoscope des spécimens capables d'endormir les gens en glosant une demi-heure sur la même diapo envahie de chiffres; ou bien si l'on souhaite connaître celle à qui il ne faut jamais donner la première présentation de la session, car elle déborde systématiquement d'une demi-heure sur son temps de parole de 15 minutes; ou encore celui qui consacre 90% de son exposé aux remarques prliminaires, 5% à l'introduction et les 5% restants au corps des travaux... 
Je vous livre céans quelques extraits des notes que j'ai prises.
"Alors que son directeur d'unité présente un organigramme, totalement illisible tant par le choix des couleurs que par la taille des caractères, un ingénieur de recherche assis à côté de moi donne des signes imminents de dépression aiguë: prostré, la poitrine touchant presque ses genoux, les mains jointes comme pour une prière, il m'apparaît, après une observation attentive, être absorbé par le décompte de ses orteils (N.B. il porte des sandales). C'est probablement la seule alternative qu'il ait trouvée au suicide."
Le même directeur d'unité continuait son exposé, cette fois dédié à l'organigramme des organismes financeurs: 
"Un de mes collègues maître de conf commence à osciller sur sa chaise, alternant les bâillements et les coups d'oeil à la ronde. Il semble vouloir repérer la fenêtre par laquelle il sera préférable de sauter. Pendant ce temps, le chef d'unité continue de détailler les programmes et les réponses aux appels d'offres qui ont échoué, pour quelles raisons, et comment c'eût été tellement mieux que cela eût marché."
La présentation suivante n'a pas été mieux:
"Contre toute attente, il parvient à provoquer un regain momentané d'attention dans l'assistance. Renseignement pris, cela est dû au fait que les graphiques et les légendes de ses diapos sont tellement petits que chacun est obligé de tendre le cou et de plisser les yeux comme des tortues pour apercevoir quelque chose."
Nous avons également eu droit à la présentation du service informatique. Comme les surnoms "Dupont et Dupond" étaient déjà pris, nos deux informaticiens ont reçu (à leur insu, cela va de soi) le surnom affectueux de 118 218; ceci en hommage à leur réactivité et à leur logique filaire. Cette fois-ci, c'était 218 qui exposait. Il nous a expliqué que le problème, dans le développement du nouveau site web, c'était le passage en ASP sous un serveur obéissant au protocole SMTP et POP3, mais qu'avec SPIP on devait pouvoir améliorer le SGBD. C'est à ce moment que mon voisin, un bon copain du directeur de labo, a sorti son téléphone portable et lui a envoyé le SMS suivant: "Rrrrrrr zzzzzzzz..." (nombre de r et de z restitué de mémoire). Le directeur étant assis au premier rang, je guettais avidement sa réaction. Je l'ai vu, à la lecture du message, hausser les épaules de façon convulsive à plusieurs reprises, sans pouvoir déterminer s'il s'ébaudissait de la remarque ou si, au contraire, il pleurait de désespoir à l'idée de devoir se taper tout l'exposé en première ligne alors que des Jean-foutres passaient agréablement leur temps assis au dernier rang en échangeant des plaisanteries douteuses et à envoyer des SMS débiles.
Après, j'ai un peu dormi, je suis un peu sorti de la salle de conférence, j'ai un peu traîné au café, je me suis étiré et suis revenu m'endormir sur mon siège; quand je me suis réveillé, c'était fini et j'ai aidé à ranger les chaises. Globalement, tout le monde était content car un peu tout le monde a fait comme moi. Bien sûr, ce n'est pas comme ça qu'on sortira des publis dans Nature, mais franchement, dans une ambiance pareille, ce n'est tout de même pas ce que vous attendiez de nous, non? 

21.05.2008

Réforme du CNRS

La réforme en instituts du CNRS semble avoir pris de court les instances dirigeantes de ce noble institut (selon l'insert de l'article publié dans Le Monde). La réorganisation en instituts du CNRS se fera donc autour des thématiques suivantes:
  • maths
  • physique
  • physique nucléaire & des particules (l'IN2P3, institut déjà existant, qui serait conservé)
  • chimie
  • sciences de l'univers (l'INSU existe déjà et serait conservé)
  • sciences de l'ingénieur
  • sciences humaines et sociales
  • écologie et biodiversité

Faut-il deviner, à la partition entre physique et physique nucléaire et des particules, un bon coup de lobbying d'une fraction des physiciens, ou, plus prosaïquement, l'esprit visionnaire de ceux qui ont réussi, en avance sur les autres, à "monter" l'IN2P3? Tout comme l'INSU, en effet, on voit mal le CNRS démanteler ou, au mieux, refonder en y fichant le bazar, des départements qui "tournaient" à peu près bien.

En revanche, les sciences de l'information n'auront pas de département. Si l'on met cela en parallèle du fait qu'il n'y aura pas de département santé/médecine non plus, et du fait que l'INRIA et l'INSERM existent déjà, ayant précisément ces deux domaines comme chasse gardée, on peut parier que ces deux instituts ont bien réussi à négocier leur survie.

En ce qui concerne ma pauvre et insignifiante personne, je me pose la question: mon labo compte des chimistes, qui se penchent entre autres sur les pollutions d'origine médicamenteuse et la présence des perturbateurs endocriniens dans les eaux; mais également des hydrogéologues, qui étudient les nappes souterraines; et aussi des hydrauliciens et des hydrodynamiciens, qui font leur recherche sur les écoulements, pas seulement en milieu naturel mais également en milieu artificiel. Nous dépendons donc a priori de chimie-INSU-sciences de l'ingénieur-INSERM... Comme on va forcément nous obliger à choisir un département de rattachement, ça ne va pas faire que des heureux... A moins que nous ne restions tout simplement dans ce gigantesque fourre-tout qu'est actuellement l'INSU. On ne change pas une équipe qui... (remplir les blancs). 

20.05.2008

Recrutement maîtres de conf etc.

Hier, audition  des candidats au poste de maître de conf que j'ai libéré. Il n'y avait pas des masses de candidats, et encore moins de candidats valables; pourtant, il a fallu batailler ferme pour parvenir à un classement définitif. Exceptionellement, le candidat local était bon, mais il a fallu lui préférer un candidat extérieur, qui correspondait pourtant moins au profil, tout ça parce que son diplôme d'ingénieur était plus "coté" (eh oui, on est en France... la magie du diplôme continue d'opérer). En plus, il y a de grandes chances que ce candidat ne vienne pas chez nous, car son projet de recherche est très fortement axé sur les labos d'une université voisine... Mais je me suis suffisamment battu contre le localisme pour ne pas persister outre mesure. Si le type s'ennuie chez nous, il se tirera dans quelques années, et on sera bons pour en recruter un autre. Après tout, c'est comme ça que ça fonctionne (et pas si mal finalement) dans d'autres pays dont nous envions la compétitivité.
Un point un peu plus gênant cependant, dès hier après-midi, un membre de la commission de spécialistes, pourtant non membre de la commission mixte qui avait auditionné, s'amusait déjà à gueuler dans les couloirs du labo le classement provisoire que nous avions établi entre les candidats (quand ledit classement n'a même pas été avalisé par la CS, car nous ne nous réunissons pour cela que jeudi). Heureusement pour lui, le candidat local n'était pas sur place, car il était parti juste après son audition pour une sorte terrain de 2 jours avec les étudiants. Ca lui évitera de se faire plomber le moral, car il va passer demain une audition dans le Nord; moins il en entendra sur la cuisine locale, mieux cela vaudra. Je l'informerai à son retour.
 
Aujourd'hui par contre, il ne s'agira surtout pas d'être froids et objectifs. C'est en effet dans 1h30 que sont auditionnés les candidats au poste de prof, libéré par un départ en retraite. Le candidat local fait figure de favori, d'ailleurs on a tout fait pour ça, en tentant de décourager les candidats extérieurs (pourtant bien meilleurs) par tous les moyens; par exemple, en refusant de prendre leurs coups de fil, en leur affirmant (lorsqu'ils avaient enfin réussi à joindre le directeur du labo) qu'il n'y aurait pas assez de place dans les locaux pour leurs expériences, ou que leur profil serait redondant avec celui d'autres personnes du labo alors que ce n'était pas vrai. Les inconscients ne se sont pourtant pas avoués battus et viennent malgré tout passer aujourd'hui leur audition.
 
J'ai à l'occasion de ce recrutement constaté que le candidat local au poste de prof savait absolument tout des autres candidats, quasiment jusqu'au nombre de leurs publis (bien supérieur à sa production à lui), alors que bien sûr l'inverse n'était ben entendu absolument pas vrai. Je ne prétendrai pas qu'il y a eu des fuites, mais bon... Le président de la commission sur le poste de prof occupe le bureau voisin; il a eu récemment quelques petits ennuis de santé, et devinez qui il a prié, en son absence, d'aller dans son bureau récupérer les dossiers des divers candidats pour les apporter à un des rapporteurs?
Précisons que le (mauvais) candidat (local) sur le poste de prof en question était dans la commission mixte d'hier, et a fortement insisté pour que l'on classe second le candidat local ur le poste de maître de conf, en invoquant le fait que le localisme, ce n'était pas bien.
 
Je suppose que vous avez compris, maintenant: le but du jeu, c'est d'améliorer notre productivité scientifique. Comme on sait qu'en général, les profs ont cessé de travailler pour faire travailler les autres, il est inutile de promouvoir des gens qui font du bon boulot: mieux vaut promouvoir les meilleurs négriers. Les seuls sur qui nous pouvons fonder nos espoirs, ce sont ceux qui sont tout neufs: les thésards, post-docs et autres ATER qui y croient encore et qui sont encore assez naïfs et ignorants du système pour bien vouloir se défoncer. Donc bien sûr, recrutons comme MCF les gens avec le meilleur dossier; par contre, recrutons comme prof les mauvais chercheurs et enseignants, mais les meilleurs politiciens, et les plus grandes gueules, qui sauront vous vendre n'importe quoi en prétendant que le bren vaut de l'or.
 
Toute ressemblance avec le secteur privé ne serait que pure coïncidence, voire une réussite totale absolument accidentelle.
 

15.05.2008

Une journée bien ordinaire

Rien de particulier à signaler pour ce billet assez succint, pour cause de sortie terrain (reconnaissance de bassin versant, sous la flotte en plus). Sauf peut-être une petite incontinence intellectuelle de Jean-Marc Sylvestre, ce matin à 7h22sur Inter - l'individu proposait ni plus ni moins qu'une prime d'intéressement aux agents du service public, hôpitaux compris. J'imagine assez bien ce que donnerait la prime annuelle de résultats que l'on indexerait sur le nombre de ligaments croisés opérés ou le nombre de james de bois posées sur l'année... Tout le monde serait unijambiste, sauf les chirurgiens.
 
Ah oui, j'allais oublier: sur le poste de prof promis au (mauvais) candidat local, il y a deux candidats extérieurs. Les membres de la commission mixte ont fait tout ce qu'ils ont pu, mias au vu de la qualité des dossiers, ils n'ont pas pu faire autrement que les convoquer à l'audition. Le coup dur... Heureusement, le directeur du labo ne se laisse pas faire et évite soigneusement de répondre aux messages que lui adressent les extérieurs en question pour essayer d'en savoir plus sur le profil recherche. Quand l'un des candidats a proposé de venir doner un séminaire de recherche au labo, il semble que cela ait été la panique. Heureusement, on a vite repris ça en main: le chef de l'équipe qui doit accueillir le poste a vite invoqué la nécessité de consulter ses collègues pour trouver une date idoine... C'était il y a 3 semaines, et pour l'instant il n'a encore consulté personne. Comme l'audition a lieu mardi qui vient, vous avez tout compris.
 
Du coup, le candidat local n'a pas attendu l'audition pour prendre des attitudes de chef dans les couloirs du labo. Il n'y a plus qu'à espérer pour tout ce beau monde qu'il n'y ait pas de foirage de dernière minute; sans quoi, qui c'est qui va avoir l'air fin?

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