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20.05.2008
Recrutement maîtres de conf etc.
Hier, audition des candidats au poste de maître de conf que j'ai libéré. Il n'y avait pas des masses de candidats, et encore moins de candidats valables; pourtant, il a fallu batailler ferme pour parvenir à un classement définitif. Exceptionellement, le candidat local était bon, mais il a fallu lui préférer un candidat extérieur, qui correspondait pourtant moins au profil, tout ça parce que son diplôme d'ingénieur était plus "coté" (eh oui, on est en France... la magie du diplôme continue d'opérer). En plus, il y a de grandes chances que ce candidat ne vienne pas chez nous, car son projet de recherche est très fortement axé sur les labos d'une université voisine... Mais je me suis suffisamment battu contre le localisme pour ne pas persister outre mesure. Si le type s'ennuie chez nous, il se tirera dans quelques années, et on sera bons pour en recruter un autre. Après tout, c'est comme ça que ça fonctionne (et pas si mal finalement) dans d'autres pays dont nous envions la compétitivité.
Un point un peu plus gênant cependant, dès hier après-midi, un membre de la commission de spécialistes, pourtant non membre de la commission mixte qui avait auditionné, s'amusait déjà à gueuler dans les couloirs du labo le classement provisoire que nous avions établi entre les candidats (quand ledit classement n'a même pas été avalisé par la CS, car nous ne nous réunissons pour cela que jeudi). Heureusement pour lui, le candidat local n'était pas sur place, car il était parti juste après son audition pour une sorte terrain de 2 jours avec les étudiants. Ca lui évitera de se faire plomber le moral, car il va passer demain une audition dans le Nord; moins il en entendra sur la cuisine locale, mieux cela vaudra. Je l'informerai à son retour.
Aujourd'hui par contre, il ne s'agira surtout pas d'être froids et objectifs. C'est en effet dans 1h30 que sont auditionnés les candidats au poste de prof, libéré par un départ en retraite. Le candidat local fait figure de favori, d'ailleurs on a tout fait pour ça, en tentant de décourager les candidats extérieurs (pourtant bien meilleurs) par tous les moyens; par exemple, en refusant de prendre leurs coups de fil, en leur affirmant (lorsqu'ils avaient enfin réussi à joindre le directeur du labo) qu'il n'y aurait pas assez de place dans les locaux pour leurs expériences, ou que leur profil serait redondant avec celui d'autres personnes du labo alors que ce n'était pas vrai. Les inconscients ne se sont pourtant pas avoués battus et viennent malgré tout passer aujourd'hui leur audition.
J'ai à l'occasion de ce recrutement constaté que le candidat local au poste de prof savait absolument tout des autres candidats, quasiment jusqu'au nombre de leurs publis (bien supérieur à sa production à lui), alors que bien sûr l'inverse n'était ben entendu absolument pas vrai. Je ne prétendrai pas qu'il y a eu des fuites, mais bon... Le président de la commission sur le poste de prof occupe le bureau voisin; il a eu récemment quelques petits ennuis de santé, et devinez qui il a prié, en son absence, d'aller dans son bureau récupérer les dossiers des divers candidats pour les apporter à un des rapporteurs?
Précisons que le (mauvais) candidat (local) sur le poste de prof en question était dans la commission mixte d'hier, et a fortement insisté pour que l'on classe second le candidat local ur le poste de maître de conf, en invoquant le fait que le localisme, ce n'était pas bien.
Je suppose que vous avez compris, maintenant: le but du jeu, c'est d'améliorer notre productivité scientifique. Comme on sait qu'en général, les profs ont cessé de travailler pour faire travailler les autres, il est inutile de promouvoir des gens qui font du bon boulot: mieux vaut promouvoir les meilleurs négriers. Les seuls sur qui nous pouvons fonder nos espoirs, ce sont ceux qui sont tout neufs: les thésards, post-docs et autres ATER qui y croient encore et qui sont encore assez naïfs et ignorants du système pour bien vouloir se défoncer. Donc bien sûr, recrutons comme MCF les gens avec le meilleur dossier; par contre, recrutons comme prof les mauvais chercheurs et enseignants, mais les meilleurs politiciens, et les plus grandes gueules, qui sauront vous vendre n'importe quoi en prétendant que le bren vaut de l'or.
Toute ressemblance avec le secteur privé ne serait que pure coïncidence, voire une réussite totale absolument accidentelle.
08:54 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : université, enseignement supérieur, recherche

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Commentaires
sic transit gloria academi
Ecrit par : pablo | 21.05.2008
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