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29.04.2008

Nouvelle pédagogie à l'université

La pédagogie est le sel du terreau de la semence du germe de l'embryon de l'apprentissage, on ne le dira jamais assez. A la lecture du bouquin de maths de troisième que j'avais commandé pour mes élèves-ingénieurs, j'ai compris mon erreur de toujours: si vous voulez que les gamins apprennent, faites marrant. C'est avec des maximes comme celles-ci que l'on comprend que Le Monde était un journal pour grandes personnes, puisque paraît-il Hubert Beuve-Méry réunissait ses collaborateurs debout autour du bureau et leur donnait comme consigne: "Faites emmerdant."

Ainsi, dans ce bouquin de maths de troisième dont je vous cause, relève-t-on des exemples édifiants de la présence, dans le monde intelligible et sensible, d'êtres géométriquement purs, dont la seule vocation semble être de nous éveiller à la perfection Euclidienne. Témoin cette photo, glanée en page 67 (mes excuses pour le scan de travers):

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Chacun prend les exemples qu'il veut; par exemple, moi j'aurais plutôt pensé à un camembert (les Hollandais doivent mettre une photo de meule de Gouda).

Bref, ceci m'a fait comprendre que je devais changer radicalement de méthode. Aussi ai-je le plaisir de vous livrer mon nouveau polycopié de mécanique des fluides, auquel je confierai dès l'année prochaine la mission d'éduquer mes élèves ingénieurs. Ne vous moquez pas: dessiner une petite page comme celle-là m'a pris 5 fois plus de temps que d'écrire la même chose en langage mathématique ordinaire avec mon traitement de texte et mon éditeur d'équations breveté Bill Gates. Pour la version PDF grandeur nature, cliquez sur le lien en légende de la photo.

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Version PDF:MdF01.pdf

Si après ça, ils osent dire qu'on ne se donne pas du mal pour eux!

28.04.2008

Université: comment relever le niveau

Ca y est, ils sont arrivés. Je parle des bouquins de maths et de physique des classes de seconde à la terminale, que mon département a commandés (à ma demande) pour aider nos étudiants à récupérer un niveau à peu près de base... Pour ceux qui l'ignorent, et pour ceux qui auraient oublié, j'enseigne en école d'ingénieurs.

A l'ouverture des opuscules en question, premier coup de nostalgie: où êtes-vous passés, bons vieux bouquins en bichromie de mon enfance? Les bouquins de maths ressemblent désormais à des albums de coloriage. Il y a de l'arc-en-ciel à tous les coins de page, c'est tout juste si l'on n'a pas droit à la rubrique "apprenons en s'amusant" et, au rayon des exos, au classique "mais où est donc passé Willy?"

Finalement, celui qui risque d'avoir le plus de mal avec les bouquins de 1ère Scientifique, c'est moi! Vous me direz, ça tombe bien, notre métier n'est-il pas de nous renouveler sans cesse et d'opérer une perpétuelle remise en question? Je me vois déjà remettre à jour tous mes polycopiés de mécanique des fluides et de méthodes numériques: le premier cours universitaire et le premier recueil d'exercices pour ingénieurs en bande dessinées!

25.04.2008

Endogamie académique

Signalé par Pablo en commentaire à un billet de ce blog, le billet ci-dessous, traitant de l'"academic inbreeding" (que l'on pourrait globalement traduire par "endogamie académique", ou universitaire), méritait d'être mis en avant: http://okham.livejournal.com/10165.html#cutid1.

Ce billet fait notamment référence à un article de Horta, Veloso et Grediaga, dont voici la version PDF: navelgazing[1].pdf. L'article en question n'a apparemment pas été soumis ou publié en tant que tel dans un journal, mais présenté comme "working paper" dans cette autre publication d'un des auteurs: http://www.palgrave-journals.com/hep/journal/v21/n1/full/... (Higher Education Policy (2008) 21, 123–146. doi:10.1057/palgrave.hep.8300177).

Merci à Pablo d'avoir signalé ces papiers, et bonne lecture à ceux que cela intéresse.

24.04.2008

Starship Knowledge Enterprise

Les heureux bénéficiaires d'un projet européen ou financé par l'ANR savent bien que, dans de tels projets, l'important n'est pas de faire le travail, mais de pondre des rapports confirmant que le projet va bien. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles, depuis mon retour en France, j'ai fait mon maximum pour éviter les appels d'offres du 6ème puis du 7ème programme cadre... En effet, à la paperasse demandée par les bureaucrates de Bruxelles se superpose l'incapacité chronique des gestionnaires de la fac à établir un bilan financier dans les temps...
 
La bureaucratie gagnant chaque jour du terrain, le besoin de contrôle des non-travaillants sur ceux qui produisent devient de plus en plus fort. La BD ci-dessous illustre - de façon à peine imagée - une discussion récente avec des collègues et portant sur des faits (hélas) réels.
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 Pour visualiser la version PDF: 070Memo.pdf

23.04.2008

Privé/public: la lutte à mort continue

Après TF1 qui assassine en sous-main les employés du ministère de la Culture (cf. note précédente), un nouvel épisode de la lutte à mort privé/public vient de se dérouler sous nos yeux.
Jean-Pierre Elkabbach a en effet tenté d'assassiner médiatiquement Pascal Sevran (Article du Monde, Article de Libération), en imposant à ses journalistes de faire passer à l'antenne, sans autre confirmation que sa propre parole, la nouvelle du décès de celui-ci. On était tenté d'y voir un acte idéologique, dirigé contre cet excellent animateur du service public, dont les émissions de qualité s'arrachent paraît-il à un prix fou sur les chaînes du câble de Neptune. Les Vénusiens sont d'ailleurs super vexés, car ils ont raté l'appel d'offres pour 6 saisons complètes de La chance aux chansons de seulement 3 millions de rubis Mercuriens...
Heureusement, cet assassinat était entropiquement correct, c'est-à-dire réversible: quelques minutes plus tard, la nouvelle a été démentie, non sans causer l'embarras de la sphère médiatique tout entière, qui s'était empressée de relayer la nouvelle sans vérification (cf. Libé). Jean-Pierre Elkabbach, concepteur de ce cycle de Carnot de l'information des plus innovants, a ensuite tenté de faire porter le chapeau à l'ensemble de la rédaction d'Europe 1 - laquelle ne s'est pas vraiment laissé faire...
Mais c'est la mode de faire porter le chapeau aux lampistes: on apprend en effet que, contrairement à ce qu'elle avait prétendu, la Société Générale était parfaitement au courant des faits et gestes de son Trader d'exception, le désormais célèbre Jérôme Kerviel (Article de Libération, Article du Monde).
Après tout, l'important n'est pas de gagner, c'est de participer. Donc au grand jeu des lampistes et de porte-chapeau, l'important c'est d'essayer... 

22.04.2008

Le Nain qui rit, Dieu et le reste: revue de presse

Si vous voulez voir le Nain retenir ses rictus en lisant son discours en hommage à Aimé Césaire, c'est ici: http://www.elysee.fr/webtv/index.php?intChannelId=3&i....

Sans soute ne parvenait-il pas à cacher sa satisfaction en apprenant ce que le Pape allait raconter, dans son homélie sur le champ de friches de Ground Zero, au sujet de la place de la religion dans la société américaine (cf. article du Monde). A moins qu'il ne fût en train de penser à la crise des subprimes qui continue, paraît-il, de faire rage aux States (NDLA, si Pablo [lecteur occasionnel de ce blog], qui est sur place, pouvait nous donner son avis sur le sujet? ce serait intéressant d'avoir un avis de première main plutôt que celui des journaleux français ou de ceux du NYTimes ou du Big Orange Insider...), si bien que les candidats à l'investiture démocrate ne savent plus quoi inventer pour récupérer les votes des petites gens (cf. Libération).

Il est vrai que la crise bancaire, ce n'est pas à nous que ça arriverait: on n'est pas comme ces nouilles d'Anglais, contraints d'injecter 60 milliards d'euros (rien que ça) dans les banques privées pour rattrapper leur incompétence (Lire ici). En France, on n'a que la Société Générale, "seulement" 5 milliards de pertes. Comme quoi jouer en division amateur n'a pas que des incovénients...

Ou bien est-ce un rire nerveux à l'évocation des prévisions du FMI, qui nous prédit une croissance de 1,2% en 2009 (voir ici) ? Ou encore venait-on de lui planquer dans ses chaussettes cet article subversif de Dominique Méda dans Le Monde, déniant son droit de pouvoir absolu à la dictature économique: "Deux Nobel ne font pas le bonheur", que je vous reproduis ci-dessous en intégralité avant qu'ils ne le mettent en archive payante...

Deux Nobel ne font pas le Bonheur

Dominique Méda, Le Monde, 21.04.2008

Au début de l'année, le président de la République a annoncé qu'il était urgent de réfléchir à l'élaboration de nouveaux indicateurs de croissance. Ayant défendu cette position à la fin des années 1990 dans Qu'est-ce que la richesse ? (éd. Aubier, 1999), et dans des termes quasiment identiques, puisque, comme notre président, je voyais dans ce nouvel outillage la possibilité d'étayer un nouveau projet de civilisation, je m'interroge sur ses intentions et sur sa méthode.

Sur ses intentions d'abord. De deux choses l'une : ou bien le président connaît les travaux qui ont été développés depuis quelques années en France sur ces questions par des chercheurs de toutes disciplines, avec des associations engagées dans des actions concrètes (collectifs Nouvelles Richesses de Patrick Viveret, Utopia...), et dans ce cas, il est prêt à une véritable révolution que toute la gauche appelle de ses voeux. Ou bien il s'agit d'une tentative de diversion destinée à gagner du temps et à faire oublier que les vrais problèmes ne sont pas réglés.

Laissons pour l'instant de côté cette dernière hypothèse, et revenons aux raisons pour lesquelles il nous faudrait adopter de nouveaux indicateurs de richesse. Elles tiennent aux insuffisances du produit intérieur brut. Celui-ci ne valorise pas des types d'activités ou des temps essentiels pour la vie des sociétés : "temps avec les proches", "temps des activités citoyennes et démocratiques", "temps domestique"...

Il ne s'intéresse pas davantage à la manière dont la contribution à la production, et les revenus issus de celle-ci, sont répartis entre les membres de la société ; il ne peut donc pas donner de signaux sur d'éventuels facteurs de décohésion sociale. Enfin, il ne prend pas en compte les dégâts engendrés à l'occasion de la production, les atteintes au patrimoine collectif dont est dotée une société à un moment donné, notamment les déprédations opérées sur le patrimoine naturel par l'activité industrielle et commerciale.

Si nous sommes collectivement attachés à l'inscription dans la durée de nos sociétés, il est clair que nous ne pouvons nous contenter de prendre en compte les évolutions de la seule production. Le développement d'une société ne dépend pas seulement de la valeur des biens et services produits et appropriés par des unités de consommation, mais aussi de beaucoup d'autres éléments : de la qualité de l'air et de l'eau, de l'aptitude des individus à la paix, de leur capacité à être autonomes, de leur niveau d'éducation et de santé, de la capacité de la société à maintenir ses membres dans une relative égalité des conditions.

Dès lors, un nouvel indicateur de richesse ou une nouvelle batterie d'indicateurs devront permettre de donner une image plus pertinente des évolutions de la société, sans doute plus "vitale" que celle que donne le PIB. Ces nouveaux indicateurs devront permettre d'élaborer puis d'évaluer les politiques mettant en oeuvre ce que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle le développement humain.

Contrairement à ce que laissait penser la déclaration de Nicolas Sarkozy, il existe déjà, aujourd'hui, de très nombreux indicateurs alternatifs ou complémentaires au PIB, qui ont été recensés de façon exhaustive en France par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice. Surtout, certains d'entre eux ont déjà été utilisés pour mesurer les "performances" globales des pays, et l'on peut donc comparer les classements réalisés sur la seule base du PIB et ceux réalisés sur la base d'indicateurs plus larges : je pense, ici, à l'indicateur de développement humain, mais aussi à l'indice de bien-être économique d'Osberg et Sharpe, ou encore à l'indicateur de progrès véritable et à l'empreinte écologique.

Les résultats sont édifiants : ce sont les pays qui consentent les plus gros efforts pour protéger leurs ressources naturelles, qui mettent tout en oeuvre pour maintenir une certaine égalité des conditions de vie, qui opèrent une redistribution massive des revenus et qui permettent à toute la population active d'accéder à l'emploi tout en reconnaissant la valeur du temps familial, domestique et de loisirs, qui occupent les premières places des palmarès. Les pays nordiques y caracolent en tête.

Le programme politique qui en découle est clair : il nous faut, comme l'indiquait le "Rapport mondial sur le développement humain" de 1998, opérer une redistribution entre les consommateurs à hauts et bas revenus, abandonner les produits et procédés de production polluants, favoriser les marchandises donnant une place aux producteurs pauvres, faire en sorte que la consommation ostentatoire laisse place à la satisfaction des besoins essentiels.

Le discours visant à travailler plus, produire plus, et gagner plus pour consommer plus semble en totale contradiction avec un projet de société consistant à produire, consommer, travailler mieux et tous, et à reconnaître l'importance du temps consacré aux proches et au débat démocratique. Les premières mesures du quinquennat ne semblent pas constituer la première étape d'un tel programme. D'où ma première question : notre président est-il vraiment prêt à changer ? Si c'est le cas, plus que la mise en place d'une nouvelle commission, ce sont un discours radicalement nouveau et des actes en rupture avec la politique des derniers mois qui en témoigneront.

La seconde question concerne la méthode. Le président de la République a confié à deux Prix Nobel (Amartya Sen et Joseph Stiglitz), le soin de constituer une commission chargée de concevoir de nouveaux instruments de mesure de la croissance économique. Certes, cela suppose une expertise économique pointue. Mais de nombreux débats et publications ont déjà permis aux partisans d'un indicateur synthétique de défendre leur point de vue face à ceux qui pensent qu'il faut plutôt des batteries d'indicateurs. Beaucoup a été dit sur la question de savoir si et comment il fallait pondérer les différentes dimensions d'un indicateur synthétique, s'il fallait ou non donner une valeur monétaire à ce qui n'a pas de prix... Mais l'essentiel n'est pas là.

Si de nombreux économistes - et les institutions publiques dans lesquelles ils exercent - se sont le plus souvent déclarés réticents à la mise en place de tels indicateurs, c'est parce qu'ils se heurtaient à la question de savoir qui peut décider légitimement des critères à prendre en considération pour déterminer ce qu'est une "bonne" société ou pour qualifier ses évolutions. Qu'est-ce que qu'une société riche ? Une société qui produit beaucoup, qui répartit bien ses revenus, qui donne accès à tous aux principales ressources, qui équilibre ses temps entre les tâches rémunérées et les tâches de soins ?

Qui va décider de cela ? Sommes-nous prêts à admettre que le fait même d'être en société nous importe et que la cohésion de cette société constitue un bien commun qui a une valeur ? Beaucoup d'économistes en doutent. Et s'interdisent même de parler de "la société", voyant dans cette expression une abstraction dangereuse et refusant a fortiori de qualifier la société ou ses évolutions. Or, comme le défend Axel Honneth, si nous sommes capables de désigner certaines évolutions de la société comme pathologiques, c'est bien parce que nous nous référons à des principes éthiques et à des normes, et que nous sommes capables d'expliciter les critères d'une vie réussie.

Pour nous y aider, nous avons non seulement besoin d'économistes, mais aussi de chercheurs de toutes disciplines, et surtout des citoyens eux-mêmes. Le débat démocratique et la participation de tous les citoyens constituent des éléments essentiels dans la quête de ce que sont les ingrédients et les critères d'une société qui permet à tous ses membres de devenir pleinement des sujets et des individus toujours plus civilisés.

Nous n'avons pas besoin du "dictateur bienveillant" de l'économie pour nous le dire. Dès lors, les choses paraissent claires : si la commission souhaitée par le président de la République, constituée de la fine fleur de l'élite économique mondiale, se réunit en chambre pour nous délivrer sa formule magique, gageons que celle-ci, quelle que soit sa perfection technique, ne nous sera d'aucune utilité, incapable qu'elle sera de rendre visibles les malaises de notre civilisation.

En revanche, si, réunissant des savants de toutes disciplines, elle parvient à mettre en place les conditions d'une délibération publique éclairée, et permet aux experts d'être les médiateurs du dialogue avec elle-même dont la société a aujourd'hui besoin pour concevoir les politiques publiques et les évaluer, cette commission nous aura permis de faire un grand pas dans la résolution de nos maux.

21.04.2008

TF1, la télé où tout est possible

On savait que TF1, depuis les déclarations de son PDG en ce sens, excellait dans le temps de cerveau disponible; on savait moins avec quoi le vide ainsi créé devait être rempli. Depuis samedi dernier, on a la recette. Le corps d'un employé du ministère de la Culture, dont les cavités nasales avaient été comblées avec un léger excès de cocaïne et d'acide gamma-hydro-butyrique, a ainsi été retrouvé au domicile de Patrick Binet, un responsable de TF1 International (article du Monde). Soit le nez de l'impétrant était trop creux, soit il avait trop de place libre sous la voûte cranienne; toujours est-il que les quantités qu'il a réussi à y caser lui ont été fatales.

On savait certes que TF1 avait décidé d'éradiquer toute trace culturelle de ses programmes, mais de là à utiliser des méthodes aussi radicales... Rassurez-vous, renseignement pris, la préméditation semble écartée. Il paraît que le fonctionnaire culturel se trouvait dans l'appartement de son plein gré et que nul ne l'aurait forcé à ingurgiter les substances néfastes.

Ce fait divers n'est-il que le prélude à la révélation de la double vie des employés du ministère de la Culture? Tout comme Batman - homme d'affaires le jour et chauve-souris à réacteurs la nuit - ou l'Araignée - étudiant timide en horaires diurnes et arachnide bariolée lorsque les lampadaires s'allument - allons-nous découvrir que les hauts fonctionnaires du ministère de la Culture, las de servir l'ouverture gratuite des musées au bon peuple et les journées nationales du patrimoine, sont enfin entrés dans la résistance et vont, ombres furtives cachées par les cols relevés de grands manteaux sombres luisant sous la bruine nocture, écrire à minuit sonné les épisodes manquants de la série "Les experts Miami" ou "Walker Texas Ranger"?

Si l'un de ces héros méconnus de la lutte souterraine contre l'intelligence populaire parfois succombe, victime d'un mélange d'amphétamines trop fort pour son corps surmené, il ne faut y voir que le sacrifice d'une âme combattante, désireuse d'aller jusqu'au bout de ses forces, au service du Camembert Président (et vice versa) et de Coca-Cola France. Ne pleure pas, téléspectateur, ce soldat de la grisaille avait déjà donné sa vie pour toi. La chanson l'affirme: si un ami tombe, un autre ami sort de l'ombre et pred sa place... Les Feux de l'amour te seront livrés, à l'heure dite et en version complète, sans que ton doigt ait à penser une seconde changer de chaîne sur la télécommande.

La direction de TF1 refusait, ce week-end, de commenter l'événement. Que nul ne s'en scandalise. Il n'y a pas que les grandes douleurs qui soient muettes; les grandes armées le sont aussi.

17.04.2008

Universités: Valérie Pécresse vous explique

Hier, notre ministre s'adressait au peuple. Dans la folie communicante dont fait preuve notre gouvernement, il est bien vu d'utiliser tous les moyens, pertinents ou non, pour expliquer sa politique. Ainsi, un "chat" avait lieu hier après-midi sur le site du ministère, à cette page. Je vous épargnerai une analyse détaillée du texte, que je copie en intégralité ci-dessous. Relevons quelques infos intéressantes:

  • la ministre prétend que des organismes tels que le CNRS sont très attractifs pour les chercheurs étrangers. Personnellement, je n'en connais pas beaucoup qui ont été embauchés au CNRS...
  • parallèlement, elle affirme que l'âge moyen de recrutement (31 ans) n'a pas changé depuis des années. Cela signifie 2 choses: (1) la limite d'âge de 31 ans pour les candidatures aux postes de CR2 étaient bel et bien obsolètes, (2) cet âge ne fait que refléter le caractère endogame du recrutement.
Pour les autres questions, la réponse est globalement "on y travaille"... Je vous laisse vous délecter des déclarations de bonnes intentions et des formules bateau... Quand on est à l'ouest, il n'y a rien de nouveau.

 Copie du texte du "Chat"

Bonjour à tous, bienvenue.
Le chat commencera à 18 h, vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions.

La ministre a un peu de retard... Le chat commencera à 18h15.

Merci de votre patience, la ministre arrive dans quelques minutes. N'hésitez pas à poser vos questions dès maintenant.

Valérie Pécresse : bonjour.

Valérie Pécresse : Parce que je crois que c'est toujours utile de se parler directement.

Valérie Pécresse : Et que cela permet de poser toute les questions qu'on rêve de poser.

jeune_chercheur_exilé : que compte faire le gouvernement afin d'endiguer la fuite des jeunes chercheurs, qui faute de postes et de perspectives dans la recherche publique française partent à l'étranger ?

Valérie Pécresse : La loi sur l'autonomie des universités va permettre, dès que les universités seront autonomes, de recruter et de faire revenir

Valérie Pécresse : des chercheurs qui se sont exilés en créant pour eux des contrats spécifiques.

Valérie Pécresse : Le problème, c'est que bien souvent ils ont 35, 40 ans, une famille et qu'ils ne veulent pas recommencer une carrière au premier échelon du grande.

Valérie Pécresse : du grade.

Valérie Pécresse : Il faut qu'ils puissent revenir dans des bonnes conditions.

moimeme : comment peut on envisager un quelqonque progrès de la France avec de moins en moins de moyens au niveau enseignement et recherche? Ce la me semble tout à fait normal si la France a de moins en moins de crédibilité et dégrade son image

Valérie Pécresse : Il a tout à fait raison, c'est d'ailleurs pour cela que nous avons décidé de faire de la recherche et de l'enseignement supérieur

Valérie Pécresse : des priorités absolues.

Valérie Pécresse : Et, en plus, 5 milliards d'euros pour financer un grand plan de campus universitaire.

Valérie Pécresse : depuis 2005, avec la création de lAgence nationale de la recherche, les budgets ont augmenté en moyenne de 25% et on a créé de nombreux emplois.

Valérie Pécresse : Il y a déjà eu un premier coup de boosteur donné à la recherche française suite à la mobilisation des chercheurs.

Nathalie : Que comptez-vous faire pour limiter la precarite dans laquelle se trouvent les chercheurs (succession de contrats de courte duree) sachant que sans CDI, il est difficle de concretiser certains projets personnel (achat d'appartement, enfants ...) ?

Valérie Pécresse : C'est vrai qu'on a toute une série de problèmes liés au bon déroule ment de la période entre le docto rat et le recrute ment statutaire.

Valérie Pécresse : La france est l'un des rares pays à recruter des cher cheurs à temps plein sur un statut de chercheur.

Valérie Pécresse : C'est une cause d'attractivité de notre pays, notamment pour des chercheurs étrangers car le CNRS offre par exemple des statuts

Valérie Pécresse : de chercheurs à temps plein.

Valérie Pécresse : De même, nous allons devoir recru ter beaucoup de maîtres de conférences, enseignants chercheurs, à l'université.

Valérie Pécresse : Mais il y a une longue période entre la thèse et l'entrée dans la carrière et nous devons rendre cette période la plus stable possible.

Valérie Pécresse : Pour cela, il y a des établissements publics comme le CEA, mais dans le droit privé français on ne peut pas faire de contrats de plus de 18 mois.

Valérie Pécresse : 18 mois, c'est trop court pour mener à bien un projet de recherche.

Valérie Pécresse : On parle aujourd'hui d'un contrat de mission de trois ans qui serait particulièrement bien adapté pour les post-doctorats.

Valérie Pécresse : Pour les périodes post-doctorales, dans les organismes administratifs, il faut réflé chir aussi à ce que doit être le contrat qui ménage à la fois la

Valérie Pécresse : stabilité et la souplesse pour les jeunes.

postdoc USA : Les durees des postdoc s'allongent, donnant amplement le temps aux jeunes docteurs cherement formes en France, de faire leur vie a l'etranger, ou les conditions materielles sont nettement plus favorables. Que compte faire la ministre pour contrer cette "fuite des cerveaux" encouragee par les ages moyens d'embauche dans les organismes de recherche?

Valérie Pécresse : Les âges moyens d'embauche n'ont pas augmenté depuis 10 ans, c'est environ 31 ans pour les filières scientitifiques et 35 ans pour les littéraires.

Valérie Pécresse : Il faut qu'on permette aux jeunes d'avoir des contrats de post-doc attractifs en france pour ne surtout pas qu'ils s'installent durablement à l'étranger.

Valérie Pécresse : C'est la mission que j'ai confié au Président de l'Académie des sciences sur l'attractivité de la recherche.

Jeune chercheur : Madame la Ministre, Que pensez-vous du niveau de salaire des jeunes chercheurs lorsqu'ils sont payés au SMIC, ou à peine plus? Cordialement

Valérie Pécresse : Déjà, on a commencé à agir sur deschoses que je pouvais faire très directement, les allocations de recherche des doctorants.

Valérie Pécresse : Nous avons décidé d'augmen de 16% les allocations de recherche des doctorants et on a permis à tous les jeunes doctorants de demander

Valérie Pécresse : un monitorat dans l'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : Cela va permettre d'augmenter à 1980 euros bruts l'allocation de recherche, plus le monitorat.

Valérie Pécresse : Mais cela reste encore peu, il faut qu'on travaille désormais sur les débuts de carrières puisqu'on a des allocataires moniteurs payés au salaire

Valérie Pécresse : des jeunes chargés de recherche et les jeunes maîtres de conf.

Valérie Pécresse : C'est l'objet de la mission Hoffman sur les chercheurs, que j'aurais d'ici juin et de la mission Schwartz sur les personnels de l'université.

Valérie Pécresse : on s'aper çoit que selon les grades il est plus avantageux d'être chercheur ou maître de conférence et professeur. Ces divergences ne doivent plus

Valérie Pécresse : exister.

Antoine : Bonjour, on a vu que le salaires des doctorants a été réévalué ces dernier mois. Quand est-il du salaire des chargés de recherche et maitres de conférences ? Antoine

Valérie Pécresse : Je lui réponds qu'évidemment c'est l'étape suivante et que c'est aujourd'hui en discussion que la commission Schwartz et Jules hoffmann vont faire des

Valérie Pécresse : propositions et ensuite il y aura des discus sion avec Bercy.

Valérie Pécresse : Etre fonctionnaire statutaire, ce n'est pas la même sécurité que quand on est contractuel.

Valérie Pécresse : En même temps, il faut être très conscient de la concurrence inouie qui s'opère sur les chercheurs et sur les meilleurs d'entre eux.

zizou : Comment comptez vous financer votre reforme, en matiere notamment en matiere de salaire pour faire revenir les chercheurs, sachant qu'aux Etats-Unis le salaire moyen est de 4000 a 5000 dollars!!!!!!

Valérie Pécresse : Nous alons la chance d'avoir un euro qui fait 1,5 dollar.

Valérie Pécresse : Cela nous permet de ne pas penser qu'un euro égale un dollar.

Valérie Pécresse : Le salaire n'est jamais la première motivation d'un jeune ou d'un moins jeune qui s'engage dans les métiers de la recherche.

Valérie Pécresse : Si c'é tait le cas, il ne serait pas dans la recherche, il serait dans la finance ou dans l'entreprise.

Valérie Pécresse : Je pense aussi qu'à partir d'un certain moment, avec une trop grande divergence, on réfléchit au bien-être de sa famille, c'est normal.

Valérie Pécresse : Et puis on essaie de structurer une équipe autour de soi, pour mener à bien une équipe de recherche et, de ce point de vue, des initiatives

Valérie Pécresse : ont été prises au niveau européen qui permettent à des jeunes chercheurs d'avoir des bourses qui sont vraiment d'un montant élevé

Valérie Pécresse : et qui leur permettent de s'installer dans un projet de recherche.

michelb : Que pensez vous de la rémunération des chercheurs seniors?

Valérie Pécresse : Contrairement à l'idée reçue, nous risquons aussi d'avoir une hermoragie chez des chercheurs en milieu de carriève

Valérie Pécresse : carrière. Il faut se prémunir de ce risque d'hémorragie de chercheurs "seniors".

Ph. H. : Bonjour, que fait-on pour les chercheurs seniors ? L'on ne fait que parler des "jeunes" chercheurs... Les autres ne sont pas morts ! Ils vivent une galère phénoménale. J'ai 45 ans et toujours en emploi précaire (780 euros par mois !). J'ai créé une association pour pouvoir survivre et continuer à faire de la recherche fondamentale. Merci, Philippe.

Valérie Pécresse : Nous savons qu'ils sont là et nous allons travailler sur l'ensemble des carrières, à tous les âges.

Cindy LB : Mme la Ministre, Face à une précarité croissante et compte tenu du recul de l'age du recrutement des docteurs et de la faible attractivité des jeunes pour les métiers de la recherche, comment pensez vous encourager la féminisation des métiers de la recherche ?

Valérie Pécresse : Je crois qu'il faut s'assurer que les femmes soient bien promues.

Valérie Pécresse : La première mesure, c'est de nommer 50% de femmes au Conseil national des universités.

Valérie Pécresse : Cela fait un regard beaucoup plus féminin sur les regards des promotions.

Valérie Pécresse : Une femme tiendra compte des contraintes que la maternité fait peser sur les carrière des jeunes femmes qui se présenteront.

Valérie Pécresse : De la même façon, je pense qu'il faut réfléchir à la possibilité d'avoir des reports de limite d'âge pour un certain nombre de concours.

Valérie Pécresse : Je pense notamment à l'Institut universitaire de France pour les mères de familles pour tenir compte des années de grossesse..

Valérie Pécresse : . Enfin, il faut vraiment que les jurys aient à coeur de juger la qualité des publications et pas forcé ment le nombre.

Valérie Pécresse : Les congés de maternité arrivent souvent au moment où les chercheurs peuvent prendre des responsabilités.

Valérie Pécresse : J'encourage les femmes, j'ai mis 50% de femmes au Conseil d'administration de l'école nationale supérieur.

Valérie Pécresse : Quand je nomme un recteur, je nomme un homme, une femme.

Valérie Pécresse : je crois qu'il y a vraiment eu, par le passé, dans l'enseignement ou dans recherche, une forme de barrière à l'entrée qui vient du fait que les

Valérie Pécresse : promotions les plus importantes se font à l'âge de la maternité.

Michel : Le doctorat est considéré dans les pays anglo-saxons comme un gage de qualité, et est reconnu en tant que tel par les entreprise. Ceci est loin d'être le cas en France et prive les docteurs de débouchés viables à long terme. Des mesures sont elles envisagées pour favoriser la reconnaissance des docteurs en entreprises ?

Valérie Pécresse : Toute une série, car il faut commencer par-là pour relever le défi démographique qui nous attend.

Valérie Pécresse : Il faut un vivier de chercheurs de bonne qualité.

Valérie Pécresse : Pour revaloriser le doctorat, il faus rassembler les universités et les grandes écoles avec des écoles doctorales communes sur des projets de recherche.

Valérie Pécresse : Le doctorat est au-dessus de la grande école, audessus du master de l'université.

Valérie Pécresse : cela doit être le diplôme de l'excellence.

Valérie Pécresse : Quand on aura des collèges doctoraux communs, ce sera mieux.

Valérie Pécresse : Evidemment, il y a les allocations pour les chercheurs.

Valérie Pécresse : Et, enfin, il y a le recrute ment du docteur. Et j'ai beaucoup travaillé dans le secteur privé pour que les entreprises se familiarisent avec cette notion du doctorat.

Valérie Pécresse : C'est pour cela que j'ai généralisé les doctorants conseils, c'est-à-dire des docteurs qui sont dans leurs laboratoires, qui sont rémunérés comme des

Valérie Pécresse : moniteurs mais qui vont 32 jours par an dans les entreprises à la demanne des entreprises pour faire de la veille technologique, de la formation de cadres, etc.

Valérie Pécresse : De façon à ce que les entreprises, dans les pôles de compétitivité, les pme, se rendend compte que le docteur peut leur apporter des choses.

Valérie Pécresse : On a généralisé ce processus depuis septembre.

Valérie Pécresse : On a créé mille supports pour mille docteurs cette année.

Valérie Pécresse : L'an prochain, nous aurons 2500 supports pour ces doctorants conseils.

Valérie Pécresse : Il faut que les laboratoires démarchent les entreprises et vendend la presta tion du doccotorant.

Valérie Pécresse : Cette prestation est payée comme un consultant junior.

Valérie Pécresse : Tout le diplôme du doctorat doit être revalorisé en disant: l'aboutisse ment normal d'études d'excellence, c'est un doctorat.

Valérie Pécresse : et le dernier domaine dans lequel je travaille, c'est la reconnaissance du doctorat dans la fonction publique.

Valérie Pécresse : Nous devons pouvoir recruter un certain nombre de docteurs dans la fonction publique.

Valérie Pécresse : Notamment à l'ENA, j'y travaille avec MM. Woerth et Santini.

vaness : Mme la Ministre, compte tenu de l'augmentation des crédits pour l'enseignement supérieur, cela va-t-il permettre de faire baisser le coût d'accès au doctorat?

Valérie Pécresse : A priori, aujourd'hui le coût du doctorat, c'est de l'ordre de 300 euros.

Valérie Pécresse : Peut-être un peu plus selon les disciplines, mais je crois qu'il y a tout un systhème de bourses qu'on met en place, il faut peut-être l'élargir.

Valérie Pécresse : Je ne suis pas favorable à ce qu'on enlève le prix du doctorat car c'est un diplôme exigeant, qui doit avoir un prix.

Valérie Pécresse : il est précieux.

pierre43 : A quand une obligation de rémunérer les doctorants, voir les masters ?

Valérie Pécresse : Il ne faut pas mélanger leschoses.

Valérie Pécresse : Il y a un temps de formation et d'étude qui n'est pas rémunéré, sauf s'il est fait en alternance.

Valérie Pécresse : Développer l'alternance à l'université, j'y suis favorable.

Valérie Pécresse : Vous savez, dans la médecine, par exemple, il y a de l'alternance.

Valérie Pécresse : On parle des écoles de commerce ou d'ingéni eurs, ou même à l'ena, il y a beaucoup d'endroits où on passe plus d'une année en stage.

Valérie Pécresse : l'alternance permet de pouvoir rémunérer l'étudiant, mais aussi d'avoir un diplôme de savoirs et un diplôme professionnel.

Valérie Pécresse : Mais on n'ira pas vers la logique de rémunération de l'étudiant pour étudier.

Valérie Pécresse : Mon objectif, c'est de faire pas ser la dépense publique par étudiant de 7 000 à 10 000 euros.

Valérie Pécresse : On doit investir sur la qualité de la formation.

Valérie Pécresse : ou alors ils sont dans un système de bourse sur critères sociaux.

flo : le monitorat n'est pas accessible à tous car peu de place par rapport au nombre de doctorants. De l'autre coté on entend beaucoup les meitres de conférences se plaindre du trop plein d'enseignement. Que proposez vous?

Valérie Pécresse : on a déjà créé cette année beaucoup de support des moniteurs, 1 000 cette année et 2500 pour l'an prochain.

Valérie Pécresse : Qu'on en crée davantaget, c'est possible, cela dépendra des entreprises.

bernard : Quel avenir pour les superpostdoctorants?

Valérie Pécresse : il faut travailler sur ce qu'est la bonne durée, la bonne rémunéra tion, les bonnes conditions pour un post-doctorat en France dans un laboratoire français.

Valérie Pécresse : La durée de 18 mois est trop courte.

Valérie Pécresse : On a eu une réflexion avec le Conseil supérieur de la recherche et de la technologie qui a fait une proposition de contrat de trois ans renouvelable.

michelb : On reduira le nombre de chercheurs CNRS?

Valérie Pécresse : L'objectif aujourd'hui n'est pas deréduire le nombre de chercheurs.

Valérie Pécresse : On a un défi qui est de remplacer nos chercheurs actuels.

Valérie Pécresse : C'est un vrai défi car cela veut dire attirer des jeunes vers ces métiers de la recherche, avoir des viviers de grande qualité.

Valérie Pécresse : L'objectif n'est pas de diminuer le potentiel de recherche, mais de permettre des carrières plus riches, plus attractives.

Valérie Pécresse : Mais aussi de permettre à des enseignants chercheurs de chercher davantage à certains moments de leur carrière

Valérie Pécresse : ou leur permettre d'enseigner davantage.

Valérie Pécresse : Cela va, cela vient et cela permettrait à tout le monde de ne pas s'enfermer dans une seule vocation, un seul labo et cela donnerait des temps de

Valérie Pécresse : respiration dans la vie.

alb : Quelle autonomie restera-t-il aux petites universités associées à de bien plus grosses unités au travers des PRES ? Et surtout, quelle autonomie individuelle pour le chercheur, que l'on refuse de saupoudrer, face aux refus de financement des évaluateurs de l'ANR ?

Valérie Pécresse : L'autonomie est pour les grandes universités et pour les universités de taille plus petite.

Valérie Pécresse : Une petite université atteindra son autonomie plus rapidement.

Valérie Pécresse : Pour les universités de villes moyennes, plus réactives, plys dynamique, ce sera en réalité beaucoup plus facile d'être autonomes.

Valérie Pécresse : Après, il y a la question des pôles de recherche d'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : C'est important de se regrouper jans des pôles de recherche car la bonne recherche aujourd'hui est pluridisciplinaire.

Valérie Pécresse : Il faut pouvoir mélanger les expériences, être mobile, avoir des collèges doctoraux qui soient des collège dans lequels les jeunes docteurs se retrouvent.

Valérie Pécresse : je souhaite que les universités, même petites, mêmes isolées, s'adossent à des pôle des recherche d'enseignement supérieur.

Valérie Pécresse : Et cela ne veut pas dire qu'elles n'aurons pas une autonomie de gestion ou de stratégie scientifique ou de formation.

Valérie Pécresse : Si par exemple l'université d'Avignon se rapproche du PRES d'Aix -Marseille, elle pourra garder toute sa spécicité.

Valérie Pécresse : Spécificité.

Valérie Pécresse : Ou Saint-Etienne vis-à-vis de Lyon.

ITA31 : quel avenir pour les delegations régionales si des institus multidisciplinaires sont mis en places ?

Valérie Pécresse : aujourd'hui, le CNRS est en train de réfléchir à sa réorganisation.

Valérie Pécresse : Quelle est l'idée derrière?

Valérie Pécresse : L'idée, c'est de donner toute sa Puissance au CNRS.

Valérie Pécresse : les universités vont se positionner dans le paysage de la recherche.

Valérie Pécresse : Il faut rendre le CNRs moins bureaucratique, plus visible.

Valérie Pécresse : Il met du temps à payer les gens, et tout aujourd'hui est une quesion de vitesse aussi, d'action, de réaction.

Valérie Pécresse : Donc il faut réfléchir à cmment structurer un CNRS avec une grande cohérence, une visibilité internationale.

Valérie Pécresse : Il faut aussi pouvoir se projeter dans l'avenir.

Valérie Pécresse : Sur la question des Délégations régionales, je n'ai pas de position tranchée.

Valérie Pécresse : On lge.

Valérie Pécresse : On est aujourd'hui dans une concerta tion très large.

Valérie Pécresse : Elles font un bon travail local mais il faut aussi que la gestion du CNRS soit plus transparente, qu'elle corresponde plus à son activité scientifique.

Valérie Pécresse : Dans ce cadre, une réorganisation va s'opérer.

Valérie Pécresse : Il n'y a rien à en craindre, de cette réorganisation, c'est pour améliorer leschoses.

tenisifebo : Les budgets ANR ne se font-ils pas au détriment des budgets de fonctionnement des laboratoires?

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, tous les crédits de l'Agence nationale de la recherche depuis 2005 sont des crédits supplémentaires.

Valérie Pécresse : Et l'ANR a dépensé 2 milliards d'euros depuis 2005, des crédits en plus.

Valérie Pécresse : Aucun organisme de recherche n'a vu son budget diminuer.

Valérie Pécresse : Ils ont augmenté de manière un peu différenciée en fonction du contrat avec l'Etat, des objectifs,e mais grosso modo les budgets ont augmenté.

Valérie Pécresse : Les crédits de l'ANR sont venus en plus.

Valérie Pécresse : On s'aper çoit, dans la répartition des budgets, à l'intéri eur des budgets, ques les direc tions des organimes, que ces directions ont fait des choix.

Valérie Pécresse : Certaines direc tions estimant que l'ANR était venue abonder et qu'il fallait éventuellement faire davantage d'investissement.

Valérie Pécresse : Au niveau du Ministère, du budget du ministère, les crédit des organismes n'ont pas diminué.

Valérie Pécresse : les 2 milliards sont venus en plus au bg des organismes.

Valérie Pécresse : Par ailleurs, il y a des tas de coût quis augmentent, notamment le coût de fonctionne ment des grosses infrasuctures de recherche.

Géraud : L?augmentation substantielle de l?enveloppe du Crédit d?impôt recherche pour 2008 stimulera sans doute la recherche appliquée à destination des entreprises. Quelles sont les mesures prévues pour éviter que la recherche fondamentale ou la recherche du domaine des Sciences Humaines et Sociales ne soient défavorisées ?

Valérie Pécresse : D'abord, sur le crédit impôt recherche, notre systène de recherche repose sur quatre pilier: les universités, les organismes qui doivent avoir une stratégie d'excellence, l'Agence nationale de la recherche

Valérie Pécresse : et puis la recherche privée.

Valérie Pécresse : Il faut absolument dynamiser la recherche privée par on nous demanne d'atteindre 2% de la recherche nationale en recherche privée,

Valérie Pécresse : dans les accords de Lisbonne.

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, on est un peu à un tournant, certains grands laboratoires de grandes entreprises privées risquent de se délocaliser à l'étranger.

Valérie Pécresse : le triplement de l'impôt crédit recherche, c'est une stratégie offensive pour attirer en france les grands laboratoires des entreprises étrangères

Valérie Pécresse : qui voudraient s'installer en Europe.

Valérie Pécresse : La france devient l'environne ment fiscal le plus favorable avec cette mesure.

Valérie Pécresse : IBM a dernièrement installé un laboratoire à Sofia-Antipolis.

Valérie Pécresse : Et vous savez que les pertites entreprises ne dépensent pas assez en matière de recherche et développement.

Valérie Pécresse : 25% des montants de recherche générés par le crédit impôt recherche retour nent à des universités par le biais de contrats entre les entreprises

Valérie Pécresse : et les organismes de recherche.

Valérie Pécresse : Albert Fert travaillait dans une unité mixte où il y avait Thalès.

Valérie Pécresse : Et Thalès m'a remercié car cela permet à Thalès de ne pas délocaliser ses laboratoires.

Valérie Pécresse : Il n'y a plus de barrière entre recherche fondamen tale et recherche appliquée.

Valérie Pécresse : La recherche fondamen tale et la recherche appliquée vont ensemble.

Valérie Pécresse : Et pour répondre encore plus directe ment, les sciences humaines et sociales doivent faire partie des réseaux de recherche, même si ce sont des

Valérie Pécresse : réseaux sur la chimie ou la plante, par exemple.

Rem123 : Bonjour Mme la Ministre, Que pensez-vous du fonctionnement de la recherche par appel à projets (ANR, dans un but de rentabilité) : - Précarisation des contrats (le temps du projet) - Avenir de la recherche fondamentale et ses retombées à long terme. - Réduire le temps de recherche de nos chercheurs en travaux administratifs (monter des dossiers...) ?

Valérie Pécresse : cela se fait dans un but d'excellence.

Valérie Pécresse : L'ANR sélectionne un projet sur quatre environ.

Valérie Pécresse : C'est à mon sens un bon taux de sélection qui permet de ne pas trop dissuader les chercheurs.

Valérie Pécresse : Cela fait émerger l'excellence.

Valérie Pécresse : Ce qu'il faut dire aussi, et je souhaite qu'à l'ave nir on y réfléchisse, c'est qu'il y aa des crédits à l'ANR destinés à des appels à projets blanc.

Valérie Pécresse : C'est-à-dire des appels à projets sans thème pré-déterminé où c'est uniquement la qualité du projet qui l'emporte.

Valérie Pécresse : Ces appels à projets blancs représen tent 30% du budget de l'ANR aujourd'hui, il faut les développer.

Valérie Pécresse : Il faut promouvoir cette part de créatiivité des chercheurs.

Valérie Pécresse : Ces projets blancs doivent aller en se consolidant et s'affirmant à l'avenir.

Valérie Pécresse : Ce qu'il va falloir faire dans les années qui viennent l'ANR monte dans sa montée en puissance, donc on suit la programmation de la loi recherche de 2006.

Valérie Pécresse : Mais il faut réfléchir à l'avenir sur l'équi libre à trouver entre le finance ment récurrent des laboratoires et les financements sur projets

Valérie Pécresse : on ne peut pas faire que du projet.

Valérie Pécresse : cela ne permet pas de finan cer des projets sur le long terme comme des suivis de cohortes.

Valérie Pécresse : Il y a plusieurs types de financements dans la recherche, des finance ments récurrents ou sur projets il faut trouver l'équilible.

Valérie Pécresse : La clé, c'est l'évaluation.

Valérie Pécresse : La stratégie nationale de recherche est née d'un double regard: celui du regard des politiques sur les grands défis de la société.

Valérie Pécresse : Que ce soit le vieillissement, le change ment climatique, les questions énergétiques au sens large du terme,

Valérie Pécresse : mais aussi toute une série de questions sur la santé, sur le développement durable.

Valérie Pécresse : On a des enjeux majeurs qui sont..., l'alimentation aussi.

Valérie Pécresse : On a des défis sociétaux que le pouvoir politique reçoit 5/5 puisqu'il est en lien avec la société.

Valérie Pécresse : Et puis il y a le regard des chercheurs eux-mêmes qui regardent le paysage de la recherche et disent: dans tel domaine, on est bon, il faut continuer

Valérie Pécresse : à maintenir notre excel lence.

Valérie Pécresse : Dans tel domaine, il faut y aller car cela peut être porteur.

Valérie Pécresse : Il faut confronter les deux regards.

Valérie Pécresse : Il faut ce double regard, par exemple AlzHeimer, la communauté de recherche n'avait pas été en mesure de susciter le programme lancé par le Président

Valérie Pécresse : ha République.

Valérie Pécresse : Or, nous allons avoir des centaines de milliiers de malades d'halzheimer.

Valérie Pécresse : De la même façon le Grenelle de l'environnement, la communauté de recherche n'a vait pas été complètement en mesure de financer certains projets,

Valérie Pécresse : notamment le site de stockage de CO2 comme ceux qu'on voit aux Etats-Unis ou au Japon.

Valérie Pécresse : C'est impor tant d'avoir le regard des politiques et celui des chercheurs.

Valérie Pécresse : Il y a des choses qui vont émerger et qui ne sont pas aujourd'hui dans les priorités.

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, les priorités changent. Quand la crise de la vache folle est arrivée, on était content D'avoir un chercheur qui travaillait sur le prion.

mat88 : Et comment voyez vous la place du CEA dans la recherche française

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, le CEA est un organisme un peu à part car il a une triple tutelle : tutelle civile, tutelle défense et une tutelle environnement.

Valérie Pécresse : Cela nous conduit à donner au CEA toute une série de missions, que ce soit dans le domaine du nucléaire car on relance aujourd'hui les programmes

Valérie Pécresse : nucléaires au plan national.

Valérie Pécresse : Mais aussi des missions nouvelles sur les énergies renouve lables car le Cea a développé une expertise scientifique.

Valérie Pécresse : Et puis les sujets de défense dont je ne peux pas parler, qui sont secrets.

CREAAH : Faire du CNRS une agence de moyens au service des Universités indépendantes ne signifie-t-il pas sa mort ?

Valérie Pécresse : Aujourd'hui, il faut qu'on ait une vraie réflexion sur les partenariats entre l'université et le CNRS.

Valérie Pécresse : On peut tout à fait imaginer, c'est le but du rapport que m'a rendu François d'Aubert ce matin, on peut imaginer ques le unités mixtes

Valérie Pécresse : se dé ve loppent avec une double tutelle: à la fois une tutelle nationale, et puis une tutelle locale qui soit la tutelle universitaire.

Valérie Pécresse : Donc on peut très bien conser ver des unités mixtes, des collaborations universités/CNRS dont est déjà née une recherche de très grande qualité.

Valérie Pécresse : Il ne faut pas que ces unités aient plusieurs systèmes d'informa tions, plusieurs système de gestion comptable.

Valérie Pécresse : Encore aujourd'hui, près de 250 unités mixtes ont quatre tutuelles scientifiques.

Valérie Pécresse : Cela prend beaucoup de temps d'administration aux pauvres chercheurs qui doivent se consacrer à leur coeur de métier.

Valérie Pécresse : Et cela prend beaucoup de temps au personnel support de la recherche, du temps qui pourrait être mieux employé à faire autre chose.

JY2 : Le CNRS est plus performant que toutes les universites comme le dit implicitement le rapport d'Aubert.

Valérie Pécresse : C'est la situation actuelle et c'est d'ailleurs pour cela que, comme je ne veux pas détruire leschoses qui marchent mais faire fonctionner celles

Valérie Pécresse : qui fonctionnent moi bien,.

Valérie Pécresse : il faut comprendre que ce n'est pas en se réjouissant d'un acteur de recherche en france on améliore l'ensemble du système.

Valérie Pécresse : chaque maillon de la chaîne de recherche doit être fort.

Valérie Pécresse : Les chercheurs du Cnrs qui s'inquiètent de notre volonté devraient au contraire s'inquiéter si je ne faisais rien pour le Cnrs.

Valérie Pécresse : En réalité, cela voudrais alors dire que je le mettrais de côté dans le mouvement de réforme et que je ne m'y intéresserais pas.

Valérie Pécresse : Je veux que ce soit un acteur plus cohérent, a vec des vraies straté gies, qui soit lui aussi moteur dans la réforme.

Valérie Pécresse : C'est pour cela que je m'intéresse aux universités et au Cnrs.

ITA_CDD_CNRS : Mais réorganiser le CNRS en instituts plus autonomes ne risque t'il pas de lui retirer son intrérêt premier: l'interdisciplinarité?

Valérie Pécresse : il faut que ces intituts conservent la nécessité de la pluridisciplinarité.

Valérie Pécresse : on en parle beaucoup, de la pluridisciplinarité, dans la recherche française, mais on la pratique peu.

Valérie Pécresse : Cets 'important que les instituts prévoient dès leur création les interfaces entre eux.

Valérie Pécresse : Et je souhaiterais qu'ils en fassent vraiment.

Valérie Pécresse : Je trouve qu'il y a peu de pluridisciplinarité.

Valérie Pécresse : la situation actuelle n'est pas si extraordinaire qu'on ne mérite pas qu'on restructure le Cnrs.

Valérie Pécresse : Il faut penser aux instituts et à la pluridisciplinarités.

bernardbartenlian : et pourtant, on a réellement l'impression que tout est fait pour dissoudre d'ici 10 ans le CNRS. Est-ce vraiment une peur irrationnelle ?

Valérie Pécresse : je le crois car, regardez, est-ce que l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS fonctionne mal?

Valérie Pécresse : Est-ce que l'in2p3 est un institut de seconde zone?

Valérie Pécresse : Je crois qu'en réalité ces deux explems montrent bien qu'on donnera à toute les disciplines de recherche du cnrs beaucoup plus de puissance

Valérie Pécresse : et de visibilité si on arrive à donner une réelle cohérence scientifique et de gestion.

Valérie Pécresse : Ces deux exemples montrent qu'on peut être puissant et fort, à l'intérieur du Cnrs.

Valérie Pécresse : l'objectif, c'est donner plus de visibilité, beaucoup plus de rôle à ces instituts, y compris dans la programmation scientifique de l'ANR.

Valérie Pécresse : A partir du moment où l'inserm se structure en instituts par pathologie et le cnrs par domaine, il est normal que les directeurs d'instituts

Valérie Pécresse : deviennent des acteurs privilégiés de l'ANR car ils seront représentatifs de leur discipline et en même temps très liés à la gestion au quotidien du laboratoire.

Tsum : Ces projets blancs ANR vont encore augmenter le temps que passent les chercheurs en dossier administratif. Ne faudrait-il pas plus d'aide administrative aux chercheurs déjà très pris par leur véritable travail... ?

Valérie Pécresse : C'est vrai que sur les projets de l'ANR j'ai souhaité qu'on aille vers la simplification.

Valérie Pécresse : Cette année, on a déjà simplifié les dossiers de demande.

Valérie Pécresse : je souhaite qu'on passe à un rapport d'évalution chaqueannée, et plus tous les six mois.

Valérie Pécresse : J'essaie de faire en sorte que leschoses se simplifient, y compris dans les rapports de l'Anr a vec les laboratoires.

Valérie Pécresse : Beaucoup de choses sont à faire pour simplifier, par exemple les règles d'achat public qu'il faut simplifier.

Valérie Pécresse : Il faut que les direc teurs d'unités puissent passer des commandes de manière automatique en-dessous d'un certain montant.

Valérie Pécresse : Un certain nombre de règles peuvent être simplifiées, pas simplement sur l'ANR.

pierre : allez vous alleger les charges d'enseignement des enseignants chercheurs afin de ne les rendre competitifs face aux chercheurs du cnrs

Valérie Pécresse : dans la loi autonomie, il y a la possibilité de moduler les obligations des enseignants chercheurs pour que certains puissent enseigner davantage

Valérie Pécresse : et que d'autres puissent chercher davantage s'ils le souhaitent.

Valérie Pécresse : Par ailleurs, nous réfléchissons à la possibilité, pour le cnrs, de recru ter sur des postes de contratuels a vec une décharge d'enseignement.

Valérie Pécresse : C'est une autre possibilité qui permettrait à des enseignants chercheurs de financer leurs recherches.

Anthony_ATER : Quel sera le % de contractuels avec la nouvelle loi LRU? Je suis ATER et les contractuels précaires existent dèjà...

Valérie Pécresse : Notre objectif n'est pas d'augmenter les contrattuels, mais de donner la possibilité aux universités de recru ter les bonnes personnes.

Valérie Pécresse : Je pense notamment aux étrangers, à certains spécialistes, des cadres A, ...

Valérie Pécresse : Typiquement, les chercheurs étrangers ne sont pas forcé ment intéressés par le statut ha fonction publique française.

Valérie Pécresse : Car il y a des règles, il faut commencer en bas de l'échelle et cela a des contraintes pour eux.

Valérie Pécresse : Ils sont plus intéressés par le satut de contractuel de droit public.

Valérie Pécresse : Mais l'idée aussi, c'est de pouvoir recruter des contractuels en cadre A, car parfois on ne trouve pas les bons contractuels, que ce

Valérie Pécresse : soit des ingénieurs, des architectes ou des informaticiens.

Valérie Pécresse : C'est vraiment pour permettre aux universités d'avoir la souplesse de recrutement.

mitchine : N'est ce pas tomber dans un travers bien français que de miser autant sur la recherche aujourd'hui? Nous ne sommes pas plus intelligent que les autres.

Valérie Pécresse : je crois au contraire que ce qui fait la force de la france, c'est son intelligence.

Valérie Pécresse : Dans une nonde qui bouge, avec la Chine, l'Inde, si on veut donner de l'emploi à nos jeunes demain, on doit être une économie d'innovation.

Valérie Pécresse : Donc avoir de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée.

Valérie Pécresse : Il faut créer ce continuum de recherche et c'est ce qui fait l'âme de la France.

Merci à tous. Le chat est terminé.

16.04.2008

Jean-Marc Sylvestre et l'Italie

Bénie sois-tu, France Inter de 7h23! Ce matin (mardi, NDLA) encore, j'avais branché la TSF alors que ma voiture m'emmenait vers mon boulot chéri. J'ai donc eu la primeur les réflexions sentencieuses de Jean-Marc Sylvestre, exporté à l'heure italienne pour fêter la victoire de Berlusconi. Ayant pris l'émission en marche, j'ai juste eu le temps de comprendre que la victoire du populiste transalpin le remplissait d'une joie incontinente (j'ai regretté de n'avoir pas de serpillière dans la voiture, des fois que mon autoradio aurait fait sous lui). Encore une fois, je cite de mémoire, espérant rester fidèle, sinon à la lettre, du moins à l'esprit.

Pour JMS, la victoire de Silvio est une bonne chose, car, dit-il "en dépit d'aspects de sa personnalité parfois bizarres, l'économie italienne est intéressante." Pour le lien de cause à effet, vous repasserez, mais ce n'était pas le plus intéressant. Allons plus loin dans l'analyse:

  • "certes, l'économie italienne est en moins bonne santé que la nôtre..." Ca doit être ça qui la rend intéressante. Les médecins ont toujours besoin de malades.
  • "... le chômage frappe encore plus durement les jeunes qu'en France..."
  • "... la croissance y est encore moins bonne que chez nous..."
  • "... l'Italie a beaucoup moins de grandes entreprises que la France..."
  • "... c'est vrai, Alitalia est condamnée..."

Alors? Malgré tant de plaies et de pustules, Jean-Marc est prêt à embrasser la transalpine, et pas seulement sur la bouche. La raison de cette affection à contre-emploi pour les infirmes et les contrefaits économiques, il fallait, pour la connaître, attendre la fin du speech. Les arguments chocs suivants s'y bousculaient:

  • "... mais les déficits publics y sont moins importants qu'en France..." Ah voilà, le spectre odieux que nos amis d'outre-Mont Blanc ont su chasser.
  • "Il faut dire que Romano Prodi a beaucoup travaillé à redresser l'économie Italienne et c'est ce qui lui a valu son impopularité..."
  • "... il est étonnant que les socialistes Italiens n'aient pas mis en avant la qualité de leur bilan lors de ces élections..." Il n'est pas moins étonnant que GianMarco Silvestri chante les louanges d'un affreux socialiste de gauche et, qui pis est, qu'il lui attribue les mérites d'une économie redressée. Le vent aurait donc encore tourné depuis hier matin.
  • "... les petites entreprises y sont plus nombreuses, dans des secteurs innovants tels que le textile, qui sont moins facilement délocalisables..." En voilà un qui n'a pas entendu parler de la crise du textile chinois. L'avantage, avec la loi de l'offre et de la demande, c'est qu'on peut offrir toutes les explications bancales du monde à ceux qui n'ont rien demandé, et ce pour pas un rond.
  • "... bien entendu, il y a une tendance au recours à l'économie dite 'souterraine', mais après tout, c'est l'Italie... Et puis, n'est-ce pas aussi une preuve de dynamisme?" Vu sous cet angle, en effet... On a trop tendance à oublier que, quand la mafia a fait sauter toute une portion d'autoroute sous la voiture du juge Giovanni Falcone, c'était uniquement dans le souci de faire repartir le secteur du bâtiment et des travaux publics. Quand on pense à ces mois de travaux et de salaires engendrés par une toute petite mine de rien du tout... Ca, c'est de la créativité économique. Et ces crétins de français qui continuent à plancher sur des TGV et des Airbus!

Voilà, vous avez compris: GianMarco cherche du travail sur Rome. La qualité que l'on exige de lui à France Inter étant trop élevée, il se cherche un point de chute à la RAI - là où les programmes se composent à part égale de blondasses au rire chevalin et de grognaces à la viande en libre service sous les lentilles des caméras. L'émission économique de ce matin n'était finalement rien d'autre qu'un entretien d'embauche public. Jusqu'où ira donc le télétravail?

Auditeur, prends garde à toi: Jean-Marc Sylvestre pourrait bien changer de claque et aller faire son strip-tease ailleurs. Hier il enlevait son cerveau; ce matin il ôtait sa chemise; demain sans doute, pour aller plus loin que la chanson, il délocalisera son caleçon.