17.04.2008
Universités: Valérie Pécresse vous explique
Hier, notre ministre s'adressait au peuple. Dans la folie communicante dont fait preuve notre gouvernement, il est bien vu d'utiliser tous les moyens, pertinents ou non, pour expliquer sa politique. Ainsi, un "chat" avait lieu hier après-midi sur le site du ministère, à cette page. Je vous épargnerai une analyse détaillée du texte, que je copie en intégralité ci-dessous. Relevons quelques infos intéressantes:
- la ministre prétend que des organismes tels que le CNRS sont très attractifs pour les chercheurs étrangers. Personnellement, je n'en connais pas beaucoup qui ont été embauchés au CNRS...
- parallèlement, elle affirme que l'âge moyen de recrutement (31 ans) n'a pas changé depuis des années. Cela signifie 2 choses: (1) la limite d'âge de 31 ans pour les candidatures aux postes de CR2 étaient bel et bien obsolètes, (2) cet âge ne fait que refléter le caractère endogame du recrutement.
Copie du texte du "Chat"
Bonjour à tous, bienvenue.
Le chat commencera à 18 h, vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions.
La ministre a un peu de retard... Le chat commencera à 18h15.
Merci de votre patience, la ministre arrive dans quelques minutes. N'hésitez pas à poser vos questions dès maintenant.
Valérie Pécresse : bonjour.
Valérie Pécresse : Parce que je crois que c'est toujours utile de se parler directement.
Valérie Pécresse : Et que cela permet de poser toute les questions qu'on rêve de poser.
jeune_chercheur_exilé : que compte faire le gouvernement afin d'endiguer la fuite des jeunes chercheurs, qui faute de postes et de perspectives dans la recherche publique française partent à l'étranger ?
Valérie Pécresse : La loi sur l'autonomie des universités va permettre, dès que les universités seront autonomes, de recruter et de faire revenir
Valérie Pécresse : des chercheurs qui se sont exilés en créant pour eux des contrats spécifiques.
Valérie Pécresse : Le problème, c'est que bien souvent ils ont 35, 40 ans, une famille et qu'ils ne veulent pas recommencer une carrière au premier échelon du grande.
Valérie Pécresse : du grade.
Valérie Pécresse : Il faut qu'ils puissent revenir dans des bonnes conditions.
moimeme : comment peut on envisager un quelqonque progrès de la France avec de moins en moins de moyens au niveau enseignement et recherche? Ce la me semble tout à fait normal si la France a de moins en moins de crédibilité et dégrade son image
Valérie Pécresse : Il a tout à fait raison, c'est d'ailleurs pour cela que nous avons décidé de faire de la recherche et de l'enseignement supérieur
Valérie Pécresse : des priorités absolues.
Valérie Pécresse : Et, en plus, 5 milliards d'euros pour financer un grand plan de campus universitaire.
Valérie Pécresse : depuis 2005, avec la création de lAgence nationale de la recherche, les budgets ont augmenté en moyenne de 25% et on a créé de nombreux emplois.
Valérie Pécresse : Il y a déjà eu un premier coup de boosteur donné à la recherche française suite à la mobilisation des chercheurs.
Nathalie : Que comptez-vous faire pour limiter la precarite dans laquelle se trouvent les chercheurs (succession de contrats de courte duree) sachant que sans CDI, il est difficle de concretiser certains projets personnel (achat d'appartement, enfants ...) ?
Valérie Pécresse : C'est vrai qu'on a toute une série de problèmes liés au bon déroule ment de la période entre le docto rat et le recrute ment statutaire.
Valérie Pécresse : La france est l'un des rares pays à recruter des cher cheurs à temps plein sur un statut de chercheur.
Valérie Pécresse : C'est une cause d'attractivité de notre pays, notamment pour des chercheurs étrangers car le CNRS offre par exemple des statuts
Valérie Pécresse : de chercheurs à temps plein.
Valérie Pécresse : De même, nous allons devoir recru ter beaucoup de maîtres de conférences, enseignants chercheurs, à l'université.
Valérie Pécresse : Mais il y a une longue période entre la thèse et l'entrée dans la carrière et nous devons rendre cette période la plus stable possible.
Valérie Pécresse : Pour cela, il y a des établissements publics comme le CEA, mais dans le droit privé français on ne peut pas faire de contrats de plus de 18 mois.
Valérie Pécresse : 18 mois, c'est trop court pour mener à bien un projet de recherche.
Valérie Pécresse : On parle aujourd'hui d'un contrat de mission de trois ans qui serait particulièrement bien adapté pour les post-doctorats.
Valérie Pécresse : Pour les périodes post-doctorales, dans les organismes administratifs, il faut réflé chir aussi à ce que doit être le contrat qui ménage à la fois la
Valérie Pécresse : stabilité et la souplesse pour les jeunes.
postdoc USA : Les durees des postdoc s'allongent, donnant amplement le temps aux jeunes docteurs cherement formes en France, de faire leur vie a l'etranger, ou les conditions materielles sont nettement plus favorables. Que compte faire la ministre pour contrer cette "fuite des cerveaux" encouragee par les ages moyens d'embauche dans les organismes de recherche?
Valérie Pécresse : Les âges moyens d'embauche n'ont pas augmenté depuis 10 ans, c'est environ 31 ans pour les filières scientitifiques et 35 ans pour les littéraires.
Valérie Pécresse : Il faut qu'on permette aux jeunes d'avoir des contrats de post-doc attractifs en france pour ne surtout pas qu'ils s'installent durablement à l'étranger.
Valérie Pécresse : C'est la mission que j'ai confié au Président de l'Académie des sciences sur l'attractivité de la recherche.
Jeune chercheur : Madame la Ministre, Que pensez-vous du niveau de salaire des jeunes chercheurs lorsqu'ils sont payés au SMIC, ou à peine plus? Cordialement
Valérie Pécresse : Déjà, on a commencé à agir sur deschoses que je pouvais faire très directement, les allocations de recherche des doctorants.
Valérie Pécresse : Nous avons décidé d'augmen de 16% les allocations de recherche des doctorants et on a permis à tous les jeunes doctorants de demander
Valérie Pécresse : un monitorat dans l'enseignement supérieur.
Valérie Pécresse : Cela va permettre d'augmenter à 1980 euros bruts l'allocation de recherche, plus le monitorat.
Valérie Pécresse : Mais cela reste encore peu, il faut qu'on travaille désormais sur les débuts de carrières puisqu'on a des allocataires moniteurs payés au salaire
Valérie Pécresse : des jeunes chargés de recherche et les jeunes maîtres de conf.
Valérie Pécresse : C'est l'objet de la mission Hoffman sur les chercheurs, que j'aurais d'ici juin et de la mission Schwartz sur les personnels de l'université.
Valérie Pécresse : on s'aper çoit que selon les grades il est plus avantageux d'être chercheur ou maître de conférence et professeur. Ces divergences ne doivent plus
Valérie Pécresse : exister.
Antoine : Bonjour, on a vu que le salaires des doctorants a été réévalué ces dernier mois. Quand est-il du salaire des chargés de recherche et maitres de conférences ? Antoine
Valérie Pécresse : Je lui réponds qu'évidemment c'est l'étape suivante et que c'est aujourd'hui en discussion que la commission Schwartz et Jules hoffmann vont faire des
Valérie Pécresse : propositions et ensuite il y aura des discus sion avec Bercy.
Valérie Pécresse : Etre fonctionnaire statutaire, ce n'est pas la même sécurité que quand on est contractuel.
Valérie Pécresse : En même temps, il faut être très conscient de la concurrence inouie qui s'opère sur les chercheurs et sur les meilleurs d'entre eux.
zizou : Comment comptez vous financer votre reforme, en matiere notamment en matiere de salaire pour faire revenir les chercheurs, sachant qu'aux Etats-Unis le salaire moyen est de 4000 a 5000 dollars!!!!!!
Valérie Pécresse : Nous alons la chance d'avoir un euro qui fait 1,5 dollar.
Valérie Pécresse : Cela nous permet de ne pas penser qu'un euro égale un dollar.
Valérie Pécresse : Le salaire n'est jamais la première motivation d'un jeune ou d'un moins jeune qui s'engage dans les métiers de la recherche.
Valérie Pécresse : Si c'é tait le cas, il ne serait pas dans la recherche, il serait dans la finance ou dans l'entreprise.
Valérie Pécresse : Je pense aussi qu'à partir d'un certain moment, avec une trop grande divergence, on réfléchit au bien-être de sa famille, c'est normal.
Valérie Pécresse : Et puis on essaie de structurer une équipe autour de soi, pour mener à bien une équipe de recherche et, de ce point de vue, des initiatives
Valérie Pécresse : ont été prises au niveau européen qui permettent à des jeunes chercheurs d'avoir des bourses qui sont vraiment d'un montant élevé
Valérie Pécresse : et qui leur permettent de s'installer dans un projet de recherche.
michelb : Que pensez vous de la rémunération des chercheurs seniors?
Valérie Pécresse : Contrairement à l'idée reçue, nous risquons aussi d'avoir une hermoragie chez des chercheurs en milieu de carriève
Valérie Pécresse : carrière. Il faut se prémunir de ce risque d'hémorragie de chercheurs "seniors".
Ph. H. : Bonjour, que fait-on pour les chercheurs seniors ? L'on ne fait que parler des "jeunes" chercheurs... Les autres ne sont pas morts ! Ils vivent une galère phénoménale. J'ai 45 ans et toujours en emploi précaire (780 euros par mois !). J'ai créé une association pour pouvoir survivre et continuer à faire de la recherche fondamentale. Merci, Philippe.
Valérie Pécresse : Nous savons qu'ils sont là et nous allons travailler sur l'ensemble des carrières, à tous les âges.
Cindy LB : Mme la Ministre, Face à une précarité croissante et compte tenu du recul de l'age du recrutement des docteurs et de la faible attractivité des jeunes pour les métiers de la recherche, comment pensez vous encourager la féminisation des métiers de la recherche ?
Valérie Pécresse : Je crois qu'il faut s'assurer que les femmes soient bien promues.
Valérie Pécresse : La première mesure, c'est de nommer 50% de femmes au Conseil national des universités.
Valérie Pécresse : Cela fait un regard beaucoup plus féminin sur les regards des promotions.
Valérie Pécresse : Une femme tiendra compte des contraintes que la maternité fait peser sur les carrière des jeunes femmes qui se présenteront.
Valérie Pécresse : De la même façon, je pense qu'il faut réfléchir à la possibilité d'avoir des reports de limite d'âge pour un certain nombre de concours.
Valérie Pécresse : Je pense notamment à l'Institut universitaire de France pour les mères de familles pour tenir compte des années de grossesse..
Valérie Pécresse : . Enfin, il faut vraiment que les jurys aient à coeur de juger la qualité des publications et pas forcé ment le nombre.
Valérie Pécresse : Les congés de maternité arrivent souvent au moment où les chercheurs peuvent prendre des responsabilités.
Valérie Pécresse : J'encourage les femmes, j'ai mis 50% de femmes au Conseil d'administration de l'école nationale supérieur.
Valérie Pécresse : Quand je nomme un recteur, je nomme un homme, une femme.
Valérie Pécresse : je crois qu'il y a vraiment eu, par le passé, dans l'enseignement ou dans recherche, une forme de barrière à l'entrée qui vient du fait que les
Valérie Pécresse : promotions les plus importantes se font à l'âge de la maternité.
Michel : Le doctorat est considéré dans les pays anglo-saxons comme un gage de qualité, et est reconnu en tant que tel par les entreprise. Ceci est loin d'être le cas en France et prive les docteurs de débouchés viables à long terme. Des mesures sont elles envisagées pour favoriser la reconnaissance des docteurs en entreprises ?
Valérie Pécresse : Toute une série, car il faut commencer par-là pour relever le défi démographique qui nous attend.
Valérie Pécresse : Il faut un vivier de chercheurs de bonne qualité.
Valérie Pécresse : Pour revaloriser le doctorat, il faus rassembler les universités et les grandes écoles avec des écoles doctorales communes sur des projets de recherche.
Valérie Pécresse : Le doctorat est au-dessus de la grande école, audessus du master de l'université.
Valérie Pécresse : cela doit être le diplôme de l'excellence.
Valérie Pécresse : Quand on aura des collèges doctoraux communs, ce sera mieux.
Valérie Pécresse : Evidemment, il y a les allocations pour les chercheurs.
Valérie Pécresse : Et, enfin, il y a le recrute ment du docteur. Et j'ai beaucoup travaillé dans le secteur privé pour que les entreprises se familiarisent avec cette notion du doctorat.
Valérie Pécresse : C'est pour cela que j'ai généralisé les doctorants conseils, c'est-à-dire des docteurs qui sont dans leurs laboratoires, qui sont rémunérés comme des
Valérie Pécresse : moniteurs mais qui vont 32 jours par an dans les entreprises à la demanne des entreprises pour faire de la veille technologique, de la formation de cadres, etc.
Valérie Pécresse : De façon à ce que les entreprises, dans les pôles de compétitivité, les pme, se rendend compte que le docteur peut leur apporter des choses.
Valérie Pécresse : On a généralisé ce processus depuis septembre.
Valérie Pécresse : On a créé mille supports pour mille docteurs cette année.
Valérie Pécresse : L'an prochain, nous aurons 2500 supports pour ces doctorants conseils.
Valérie Pécresse : Il faut que les laboratoires démarchent les entreprises et vendend la presta tion du doccotorant.
Valérie Pécresse : Cette prestation est payée comme un consultant junior.
Valérie Pécresse : Tout le diplôme du doctorat doit être revalorisé en disant: l'aboutisse ment normal d'études d'excellence, c'est un doctorat.
Valérie Pécresse : et le dernier domaine dans lequel je travaille, c'est la reconnaissance du doctorat dans la fonction publique.
Valérie Pécresse : Nous devons pouvoir recruter un certain nombre de docteurs dans la fonction publique.
Valérie Pécresse : Notamment à l'ENA, j'y travaille avec MM. Woerth et Santini.
vaness : Mme la Ministre, compte tenu de l'augmentation des crédits pour l'enseignement supérieur, cela va-t-il permettre de faire baisser le coût d'accès au doctorat?
Valérie Pécresse : A priori, aujourd'hui le coût du doctorat, c'est de l'ordre de 300 euros.
Valérie Pécresse : Peut-être un peu plus selon les disciplines, mais je crois qu'il y a tout un systhème de bourses qu'on met en place, il faut peut-être l'élargir.
Valérie Pécresse : Je ne suis pas favorable à ce qu'on enlève le prix du doctorat car c'est un diplôme exigeant, qui doit avoir un prix.
Valérie Pécresse : il est précieux.
pierre43 : A quand une obligation de rémunérer les doctorants, voir les masters ?
Valérie Pécresse : Il ne faut pas mélanger leschoses.
Valérie Pécresse : Il y a un temps de formation et d'étude qui n'est pas rémunéré, sauf s'il est fait en alternance.
Valérie Pécresse : Développer l'alternance à l'université, j'y suis favorable.
Valérie Pécresse : Vous savez, dans la médecine, par exemple, il y a de l'alternance.
Valérie Pécresse : On parle des écoles de commerce ou d'ingéni eurs, ou même à l'ena, il y a beaucoup d'endroits où on passe plus d'une année en stage.
Valérie Pécresse : l'alternance permet de pouvoir rémunérer l'étudiant, mais aussi d'avoir un diplôme de savoirs et un diplôme professionnel.
Valérie Pécresse : Mais on n'ira pas vers la logique de rémunération de l'étudiant pour étudier.
Valérie Pécresse : Mon objectif, c'est de faire pas ser la dépense publique par étudiant de 7 000 à 10 000 euros.
Valérie Pécresse : On doit investir sur la qualité de la formation.
Valérie Pécresse : ou alors ils sont dans un système de bourse sur critères sociaux.
flo : le monitorat n'est pas accessible à tous car peu de place par rapport au nombre de doctorants. De l'autre coté on entend beaucoup les meitres de conférences se plaindre du trop plein d'enseignement. Que proposez vous?
Valérie Pécresse : on a déjà créé cette année beaucoup de support des moniteurs, 1 000 cette année et 2500 pour l'an prochain.
Valérie Pécresse : Qu'on en crée davantaget, c'est possible, cela dépendra des entreprises.
bernard : Quel avenir pour les superpostdoctorants?
Valérie Pécresse : il faut travailler sur ce qu'est la bonne durée, la bonne rémunéra tion, les bonnes conditions pour un post-doctorat en France dans un laboratoire français.
Valérie Pécresse : La durée de 18 mois est trop courte.
Valérie Pécresse : On a eu une réflexion avec le Conseil supérieur de la recherche et de la technologie qui a fait une proposition de contrat de trois ans renouvelable.
michelb : On reduira le nombre de chercheurs CNRS?
Valérie Pécresse : L'objectif aujourd'hui n'est pas deréduire le nombre de chercheurs.
Valérie Pécresse : On a un défi qui est de remplacer nos chercheurs actuels.
Valérie Pécresse : C'est un vrai défi car cela veut dire attirer des jeunes vers ces métiers de la recherche, avoir des viviers de grande qualité.
Valérie Pécresse : L'objectif n'est pas de diminuer le potentiel de recherche, mais de permettre des carrières plus riches, plus attractives.
Valérie Pécresse : Mais aussi de permettre à des enseignants chercheurs de chercher davantage à certains moments de leur carrière
Valérie Pécresse : ou leur permettre d'enseigner davantage.
Valérie Pécresse : Cela va, cela vient et cela permettrait à tout le monde de ne pas s'enfermer dans une seule vocation, un seul labo et cela donnerait des temps de
Valérie Pécresse : respiration dans la vie.
alb : Quelle autonomie restera-t-il aux petites universités associées à de bien plus grosses unités au travers des PRES ? Et surtout, quelle autonomie individuelle pour le chercheur, que l'on refuse de saupoudrer, face aux refus de financement des évaluateurs de l'ANR ?
Valérie Pécresse : L'autonomie est pour les grandes universités et pour les universités de taille plus petite.
Valérie Pécresse : Une petite université atteindra son autonomie plus rapidement.
Valérie Pécresse : Pour les universités de villes moyennes, plus réactives, plys dynamique, ce sera en réalité beaucoup plus facile d'être autonomes.
Valérie Pécresse : Après, il y a la question des pôles de recherche d'enseignement supérieur.
Valérie Pécresse : C'est important de se regrouper jans des pôles de recherche car la bonne recherche aujourd'hui est pluridisciplinaire.
Valérie Pécresse : Il faut pouvoir mélanger les expériences, être mobile, avoir des collèges doctoraux qui soient des collège dans lequels les jeunes docteurs se retrouvent.
Valérie Pécresse : je souhaite que les universités, même petites, mêmes isolées, s'adossent à des pôle des recherche d'enseignement supérieur.
Valérie Pécresse : Et cela ne veut pas dire qu'elles n'aurons pas une autonomie de gestion ou de stratégie scientifique ou de formation.
Valérie Pécresse : Si par exemple l'université d'Avignon se rapproche du PRES d'Aix -Marseille, elle pourra garder toute sa spécicité.
Valérie Pécresse : Spécificité.
Valérie Pécresse : Ou Saint-Etienne vis-à-vis de Lyon.
ITA31 : quel avenir pour les delegations régionales si des institus multidisciplinaires sont mis en places ?
Valérie Pécresse : aujourd'hui, le CNRS est en train de réfléchir à sa réorganisation.
Valérie Pécresse : Quelle est l'idée derrière?
Valérie Pécresse : L'idée, c'est de donner toute sa Puissance au CNRS.
Valérie Pécresse : les universités vont se positionner dans le paysage de la recherche.
Valérie Pécresse : Il faut rendre le CNRs moins bureaucratique, plus visible.
Valérie Pécresse : Il met du temps à payer les gens, et tout aujourd'hui est une quesion de vitesse aussi, d'action, de réaction.
Valérie Pécresse : Donc il faut réfléchir à cmment structurer un CNRS avec une grande cohérence, une visibilité internationale.
Valérie Pécresse : Il faut aussi pouvoir se projeter dans l'avenir.
Valérie Pécresse : Sur la question des Délégations régionales, je n'ai pas de position tranchée.
Valérie Pécresse : On lge.
Valérie Pécresse : On est aujourd'hui dans une concerta tion très large.
Valérie Pécresse : Elles font un bon travail local mais il faut aussi que la gestion du CNRS soit plus transparente, qu'elle corresponde plus à son activité scientifique.
Valérie Pécresse : Dans ce cadre, une réorganisation va s'opérer.
Valérie Pécresse : Il n'y a rien à en craindre, de cette réorganisation, c'est pour améliorer leschoses.
tenisifebo : Les budgets ANR ne se font-ils pas au détriment des budgets de fonctionnement des laboratoires?
Valérie Pécresse : Aujourd'hui, tous les crédits de l'Agence nationale de la recherche depuis 2005 sont des crédits supplémentaires.
Valérie Pécresse : Et l'ANR a dépensé 2 milliards d'euros depuis 2005, des crédits en plus.
Valérie Pécresse : Aucun organisme de recherche n'a vu son budget diminuer.
Valérie Pécresse : Ils ont augmenté de manière un peu différenciée en fonction du contrat avec l'Etat, des objectifs,e mais grosso modo les budgets ont augmenté.
Valérie Pécresse : Les crédits de l'ANR sont venus en plus.
Valérie Pécresse : On s'aper çoit, dans la répartition des budgets, à l'intéri eur des budgets, ques les direc tions des organimes, que ces directions ont fait des choix.
Valérie Pécresse : Certaines direc tions estimant que l'ANR était venue abonder et qu'il fallait éventuellement faire davantage d'investissement.
Valérie Pécresse : Au niveau du Ministère, du budget du ministère, les crédit des organismes n'ont pas diminué.
Valérie Pécresse : les 2 milliards sont venus en plus au bg des organismes.
Valérie Pécresse : Par ailleurs, il y a des tas de coût quis augmentent, notamment le coût de fonctionne ment des grosses infrasuctures de recherche.
Géraud : L?augmentation substantielle de l?enveloppe du Crédit d?impôt recherche pour 2008 stimulera sans doute la recherche appliquée à destination des entreprises. Quelles sont les mesures prévues pour éviter que la recherche fondamentale ou la recherche du domaine des Sciences Humaines et Sociales ne soient défavorisées ?
Valérie Pécresse : D'abord, sur le crédit impôt recherche, notre systène de recherche repose sur quatre pilier: les universités, les organismes qui doivent avoir une stratégie d'excellence, l'Agence nationale de la recherche
Valérie Pécresse : et puis la recherche privée.
Valérie Pécresse : Il faut absolument dynamiser la recherche privée par on nous demanne d'atteindre 2% de la recherche nationale en recherche privée,
Valérie Pécresse : dans les accords de Lisbonne.
Valérie Pécresse : Aujourd'hui, on est un peu à un tournant, certains grands laboratoires de grandes entreprises privées risquent de se délocaliser à l'étranger.
Valérie Pécresse : le triplement de l'impôt crédit recherche, c'est une stratégie offensive pour attirer en france les grands laboratoires des entreprises étrangères
Valérie Pécresse : qui voudraient s'installer en Europe.
Valérie Pécresse : La france devient l'environne ment fiscal le plus favorable avec cette mesure.
Valérie Pécresse : IBM a dernièrement installé un laboratoire à Sofia-Antipolis.
Valérie Pécresse : Et vous savez que les pertites entreprises ne dépensent pas assez en matière de recherche et développement.
Valérie Pécresse : 25% des montants de recherche générés par le crédit impôt recherche retour nent à des universités par le biais de contrats entre les entreprises
Valérie Pécresse : et les organismes de recherche.
Valérie Pécresse : Albert Fert travaillait dans une unité mixte où il y avait Thalès.
Valérie Pécresse : Et Thalès m'a remercié car cela permet à Thalès de ne pas délocaliser ses laboratoires.
Valérie Pécresse : Il n'y a plus de barrière entre recherche fondamen tale et recherche appliquée.
Valérie Pécresse : La recherche fondamen tale et la recherche appliquée vont ensemble.
Valérie Pécresse : Et pour répondre encore plus directe ment, les sciences humaines et sociales doivent faire partie des réseaux de recherche, même si ce sont des
Valérie Pécresse : réseaux sur la chimie ou la plante, par exemple.
Rem123 : Bonjour Mme la Ministre, Que pensez-vous du fonctionnement de la recherche par appel à projets (ANR, dans un but de rentabilité) : - Précarisation des contrats (le temps du projet) - Avenir de la recherche fondamentale et ses retombées à long terme. - Réduire le temps de recherche de nos chercheurs en travaux administratifs (monter des dossiers...) ?
Valérie Pécresse : cela se fait dans un but d'excellence.
Valérie Pécresse : L'ANR sélectionne un projet sur quatre environ.
Valérie Pécresse : C'est à mon sens un bon taux de sélection qui permet de ne pas trop dissuader les chercheurs.
Valérie Pécresse : Cela fait émerger l'excellence.
Valérie Pécresse : Ce qu'il faut dire aussi, et je souhaite qu'à l'ave nir on y réfléchisse, c'est qu'il y aa des crédits à l'ANR destinés à des appels à projets blanc.
Valérie Pécresse : C'est-à-dire des appels à projets sans thème pré-déterminé où c'est uniquement la qualité du projet qui l'emporte.
Valérie Pécresse : Ces appels à projets blancs représen tent 30% du budget de l'ANR aujourd'hui, il faut les développer.
Valérie Pécresse : Il faut promouvoir cette part de créatiivité des chercheurs.
Valérie Pécresse : Ces projets blancs doivent aller en se consolidant et s'affirmant à l'avenir.
Valérie Pécresse : Ce qu'il va falloir faire dans les années qui viennent l'ANR monte dans sa montée en puissance, donc on suit la programmation de la loi recherche de 2006.
Valérie Pécresse : Mais il faut réfléchir à l'avenir sur l'équi libre à trouver entre le finance ment récurrent des laboratoires et les financements sur projets
Valérie Pécresse : on ne peut pas faire que du projet.
Valérie Pécresse : cela ne permet pas de finan cer des projets sur le long terme comme des suivis de cohortes.
Valérie Pécresse : Il y a plusieurs types de financements dans la recherche, des finance ments récurrents ou sur projets il faut trouver l'équilible.
Valérie Pécresse : La clé, c'est l'évaluation.
Valérie Pécresse : La stratégie nationale de recherche est née d'un double regard: celui du regard des politiques sur les grands défis de la société.
Valérie Pécresse : Que ce soit le vieillissement, le change ment climatique, les questions énergétiques au sens large du terme,
Valérie Pécresse : mais aussi toute une série de questions sur la santé, sur le développement durable.
Valérie Pécresse : On a des enjeux majeurs qui sont..., l'alimentation aussi.
Valérie Pécresse : On a des défis sociétaux que le pouvoir politique reçoit 5/5 puisqu'il est en lien avec la société.
Valérie Pécresse : Et puis il y a le regard des chercheurs eux-mêmes qui regardent le paysage de la recherche et disent: dans tel domaine, on est bon, il faut continuer
Valérie Pécresse : à maintenir notre excel lence.
Valérie Pécresse : Dans tel domaine, il faut y aller car cela peut être porteur.
Valérie Pécresse : Il faut confronter les deux regards.
Valérie Pécresse : Il faut ce double regard, par exemple AlzHeimer, la communauté de recherche n'avait pas été en mesure de susciter le programme lancé par le Président
Valérie Pécresse : ha République.
Valérie Pécresse : Or, nous allons avoir des centaines de milliiers de malades d'halzheimer.
Valérie Pécresse : De la même façon le Grenelle de l'environnement, la communauté de recherche n'a vait pas été complètement en mesure de financer certains projets,
Valérie Pécresse : notamment le site de stockage de CO2 comme ceux qu'on voit aux Etats-Unis ou au Japon.
Valérie Pécresse : C'est impor tant d'avoir le regard des politiques et celui des chercheurs.
Valérie Pécresse : Il y a des choses qui vont émerger et qui ne sont pas aujourd'hui dans les priorités.
Valérie Pécresse : Aujourd'hui, les priorités changent. Quand la crise de la vache folle est arrivée, on était content D'avoir un chercheur qui travaillait sur le prion.
mat88 : Et comment voyez vous la place du CEA dans la recherche française
Valérie Pécresse : Aujourd'hui, le CEA est un organisme un peu à part car il a une triple tutelle : tutelle civile, tutelle défense et une tutelle environnement.
Valérie Pécresse : Cela nous conduit à donner au CEA toute une série de missions, que ce soit dans le domaine du nucléaire car on relance aujourd'hui les programmes
Valérie Pécresse : nucléaires au plan national.
Valérie Pécresse : Mais aussi des missions nouvelles sur les énergies renouve lables car le Cea a développé une expertise scientifique.
Valérie Pécresse : Et puis les sujets de défense dont je ne peux pas parler, qui sont secrets.
CREAAH : Faire du CNRS une agence de moyens au service des Universités indépendantes ne signifie-t-il pas sa mort ?
Valérie Pécresse : Aujourd'hui, il faut qu'on ait une vraie réflexion sur les partenariats entre l'université et le CNRS.
Valérie Pécresse : On peut tout à fait imaginer, c'est le but du rapport que m'a rendu François d'Aubert ce matin, on peut imaginer ques le unités mixtes
Valérie Pécresse : se dé ve loppent avec une double tutelle: à la fois une tutelle nationale, et puis une tutelle locale qui soit la tutelle universitaire.
Valérie Pécresse : Donc on peut très bien conser ver des unités mixtes, des collaborations universités/CNRS dont est déjà née une recherche de très grande qualité.
Valérie Pécresse : Il ne faut pas que ces unités aient plusieurs systèmes d'informa tions, plusieurs système de gestion comptable.
Valérie Pécresse : Encore aujourd'hui, près de 250 unités mixtes ont quatre tutuelles scientifiques.
Valérie Pécresse : Cela prend beaucoup de temps d'administration aux pauvres chercheurs qui doivent se consacrer à leur coeur de métier.
Valérie Pécresse : Et cela prend beaucoup de temps au personnel support de la recherche, du temps qui pourrait être mieux employé à faire autre chose.
JY2 : Le CNRS est plus performant que toutes les universites comme le dit implicitement le rapport d'Aubert.
Valérie Pécresse : C'est la situation actuelle et c'est d'ailleurs pour cela que, comme je ne veux pas détruire leschoses qui marchent mais faire fonctionner celles
Valérie Pécresse : qui fonctionnent moi bien,.
Valérie Pécresse : il faut comprendre que ce n'est pas en se réjouissant d'un acteur de recherche en france on améliore l'ensemble du système.
Valérie Pécresse : chaque maillon de la chaîne de recherche doit être fort.
Valérie Pécresse : Les chercheurs du Cnrs qui s'inquiètent de notre volonté devraient au contraire s'inquiéter si je ne faisais rien pour le Cnrs.
Valérie Pécresse : En réalité, cela voudrais alors dire que je le mettrais de côté dans le mouvement de réforme et que je ne m'y intéresserais pas.
Valérie Pécresse : Je veux que ce soit un acteur plus cohérent, a vec des vraies straté gies, qui soit lui aussi moteur dans la réforme.
Valérie Pécresse : C'est pour cela que je m'intéresse aux universités et au Cnrs.
ITA_CDD_CNRS : Mais réorganiser le CNRS en instituts plus autonomes ne risque t'il pas de lui retirer son intrérêt premier: l'interdisciplinarité?
Valérie Pécresse : il faut que ces intituts conservent la nécessité de la pluridisciplinarité.
Valérie Pécresse : on en parle beaucoup, de la pluridisciplinarité, dans la recherche française, mais on la pratique peu.
Valérie Pécresse : Cets 'important que les instituts prévoient dès leur création les interfaces entre eux.
Valérie Pécresse : Et je souhaiterais qu'ils en fassent vraiment.
Valérie Pécresse : Je trouve qu'il y a peu de pluridisciplinarité.
Valérie Pécresse : la situation actuelle n'est pas si extraordinaire qu'on ne mérite pas qu'on restructure le Cnrs.
Valérie Pécresse : Il faut penser aux instituts et à la pluridisciplinarités.
bernardbartenlian : et pourtant, on a réellement l'impression que tout est fait pour dissoudre d'ici 10 ans le CNRS. Est-ce vraiment une peur irrationnelle ?
Valérie Pécresse : je le crois car, regardez, est-ce que l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS fonctionne mal?
Valérie Pécresse : Est-ce que l'in2p3 est un institut de seconde zone?
Valérie Pécresse : Je crois qu'en réalité ces deux explems montrent bien qu'on donnera à toute les disciplines de recherche du cnrs beaucoup plus de puissance
Valérie Pécresse : et de visibilité si on arrive à donner une réelle cohérence scientifique et de gestion.
Valérie Pécresse : Ces deux exemples montrent qu'on peut être puissant et fort, à l'intérieur du Cnrs.
Valérie Pécresse : l'objectif, c'est donner plus de visibilité, beaucoup plus de rôle à ces instituts, y compris dans la programmation scientifique de l'ANR.
Valérie Pécresse : A partir du moment où l'inserm se structure en instituts par pathologie et le cnrs par domaine, il est normal que les directeurs d'instituts
Valérie Pécresse : deviennent des acteurs privilégiés de l'ANR car ils seront représentatifs de leur discipline et en même temps très liés à la gestion au quotidien du laboratoire.
Tsum : Ces projets blancs ANR vont encore augmenter le temps que passent les chercheurs en dossier administratif. Ne faudrait-il pas plus d'aide administrative aux chercheurs déjà très pris par leur véritable travail... ?
Valérie Pécresse : C'est vrai que sur les projets de l'ANR j'ai souhaité qu'on aille vers la simplification.
Valérie Pécresse : Cette année, on a déjà simplifié les dossiers de demande.
Valérie Pécresse : je souhaite qu'on passe à un rapport d'évalution chaqueannée, et plus tous les six mois.
Valérie Pécresse : J'essaie de faire en sorte que leschoses se simplifient, y compris dans les rapports de l'Anr a vec les laboratoires.
Valérie Pécresse : Beaucoup de choses sont à faire pour simplifier, par exemple les règles d'achat public qu'il faut simplifier.
Valérie Pécresse : Il faut que les direc teurs d'unités puissent passer des commandes de manière automatique en-dessous d'un certain montant.
Valérie Pécresse : Un certain nombre de règles peuvent être simplifiées, pas simplement sur l'ANR.
pierre : allez vous alleger les charges d'enseignement des enseignants chercheurs afin de ne les rendre competitifs face aux chercheurs du cnrs
Valérie Pécresse : dans la loi autonomie, il y a la possibilité de moduler les obligations des enseignants chercheurs pour que certains puissent enseigner davantage
Valérie Pécresse : et que d'autres puissent chercher davantage s'ils le souhaitent.
Valérie Pécresse : Par ailleurs, nous réfléchissons à la possibilité, pour le cnrs, de recru ter sur des postes de contratuels a vec une décharge d'enseignement.
Valérie Pécresse : C'est une autre possibilité qui permettrait à des enseignants chercheurs de financer leurs recherches.
Anthony_ATER : Quel sera le % de contractuels avec la nouvelle loi LRU? Je suis ATER et les contractuels précaires existent dèjà...
Valérie Pécresse : Notre objectif n'est pas d'augmenter les contrattuels, mais de donner la possibilité aux universités de recru ter les bonnes personnes.
Valérie Pécresse : Je pense notamment aux étrangers, à certains spécialistes, des cadres A, ...
Valérie Pécresse : Typiquement, les chercheurs étrangers ne sont pas forcé ment intéressés par le statut ha fonction publique française.
Valérie Pécresse : Car il y a des règles, il faut commencer en bas de l'échelle et cela a des contraintes pour eux.
Valérie Pécresse : Ils sont plus intéressés par le satut de contractuel de droit public.
Valérie Pécresse : Mais l'idée aussi, c'est de pouvoir recruter des contractuels en cadre A, car parfois on ne trouve pas les bons contractuels, que ce
Valérie Pécresse : soit des ingénieurs, des architectes ou des informaticiens.
Valérie Pécresse : C'est vraiment pour permettre aux universités d'avoir la souplesse de recrutement.
mitchine : N'est ce pas tomber dans un travers bien français que de miser autant sur la recherche aujourd'hui? Nous ne sommes pas plus intelligent que les autres.
Valérie Pécresse : je crois au contraire que ce qui fait la force de la france, c'est son intelligence.
Valérie Pécresse : Dans une nonde qui bouge, avec la Chine, l'Inde, si on veut donner de l'emploi à nos jeunes demain, on doit être une économie d'innovation.
Valérie Pécresse : Donc avoir de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée.
Valérie Pécresse : Il faut créer ce continuum de recherche et c'est ce qui fait l'âme de la France.
Merci à tous. Le chat est terminé.
07:36 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : université, education, enseignement, enseignement supérieur

Commentaires
Sur les étrangers au CNRS, cela dépend des sections mais dans mon domaine il y a vraiment bcp d'étrangers qui sont recrutés. Cette année par exemple, en section 11 les seules personnes qui ont été recrutées et que je connais sont des étrangers (un allemand, une italienne, une chinoise). En 5 c'est pareil, il y a 2 ou 3 étrangers dans la liste des heureux élus. L'année dernière en 2, sur 6 postes il y a avait 3 ou 4 italiens. Le statut de poste permanent est vraiment attractif pour eux même si le salaire est faible. Par contre ce sont souvent des gens qui ont fait un post doc en France car pour postuler, il faut quand même être "introduit"...
Ecrit par : odeinat | 17.04.2008
Je plussoie sur le commentaire de odeinat qui doit être exactement dans ma discipline vue qu'elle connaît les mêmes exemples que moi !
Ce n'est d'ailleurs pas sans poser de problèmes : je ne vois pas comment on va continuer à avoir des étudiants en physique en France si à la fin on ne recrute que des étrangers.
Ecrit par : Tom Roud | 22.04.2008
C'est intéressant. Et étonnant, car dans les disciplines présentes dans mon labo, c'est l'inverse: on pratique l'endogamie franco-française à tout va.
Ne parlons même pas des postes d'enseignant-chercheur, pour lesquels, à moins d'être bien introduit aux subtilités du système féodal français, un candidat, même très bon, venant de l'extérieur, n'a quasiment aucune chance; tout simplement parce que notre procédure de qualification est tellement inhabituelle vis-à-vis de ce qui se fait dans les autres pays...
Pour revnir aux recrutements dans vos sections CNRS: est-ce une année exceptionnelle, ou bien est-ce une tendance sur plusieurs années?
Ecrit par : Enervé | 22.04.2008
@tom : je fais plutôt de la matière molle et de la physico chimie (nanoparticules etc...), la section 2 est loin de mes intérêts scientifiques mais j'avais entendu parlé de cet exemple l'année dernière et ça m'avait frappé...
Je ne sais pas trop si c'est conjoncturel ou pas. A mon avis, le fait d'avoir fait sauté la limite d'age fait qu'il y a plus de candidat de 31-32 ans maintenant. En outre, avec l'ANR il commence à y avoir pas mal de post doc étrangers dans les labos en France. Quand ils sont bons, ils sont poussés à candidater... Avant, postuler au CNRS pour un étranger de l'étranger était difficile vu la complexité du processus. En plus, en France les gens ont des postes permanents tôt si on compare à la plupart des autres pays et même si le salaire n'est pas terrible, ce sont quand même des postes attrayants vu la liberté offerte, la mobilité etc... Je ne pense pas qu'il y ai de biais favorable aux étrangers dans les commissions car objectivement ceux qui sont pris sont très forts... Je me demande quand même si la commission ne se dit pas qu'un français reviendra l'an prochain alors qu'un étranger non...
Et oui, c'est la compétition mondiale, je ne sais pas si c'est dommage ou pas mais c'est comme ça. D'un autre côté aux US ils ne ferment pas les postes aux americains ;-)
Pour le maitre de conf c'est clair que la qualif est un obstacle difficile. Ca me rappelle une université dans laquelle je suis passée qui faisait des pubs dans Nature pour des postes de MCF alors que la deadline pour la qualif était passée depuis 6 mois...
En plus, il faut que la personne parle français suffisamment bien pour pouvoir enseigner ce qui n'est pas le cas pour le CNRS.
Ecrit par : odeinat | 22.04.2008
@ odeinat : je suis d'accord avec toi sur toutes les raisons que tu donnes, néanmoins, je trouve que cette situation est bizarre. Pas par xénophobie ou quoi que ce soit, non, mais je trouve que les "recruteurs" en France ont un peu trop vite intégré la "compétition internationale" et ont un peu trop vite décidé de l'appliquer telle quelle aux nouveaux entrants. Un système c'est un tout, le recrutement jeune au CNRS marche avec la titularisation jeune et avec les salaires bas.
Sans compter que quasiment tous les gens dans les instances au CNRS ou ailleurs sont entrés très peu de temps après leur thèse, quand ils disent aux plus jeunes qu'à 30 ans, après un post-doc, ils "manquent de maturité scientifique", c'est du foutage de gueule intégral. J'espère que quand un étudiant en thèse est recruté, les mêmes lui disent bien qu'il ne sera pas pris ou soutenu par quelque labo avant 32 ans...
Les chercheurs par cette attitude auront clairement une responsabilité dans toute réforme allant vers un modèle plus anglo-saxon puisqu'ils appliquent les critères internationaux au concours d'entrée, il ne faudra pas venir se plaindre après (même si de toutes façons, ils auront tous leur tenure).
En tous cas, moi je me suis fait jeter deux fois du CNRS, je n'ai pas recandidaté cette année et il est très peu probable que je rentre en France à moyen terme pour toutes ces raisons (et oui, je n'ai pas 30 ans). Il y a un truc que les gens n'ont pas compris : l'avantage comparatif du système français, c'était justement de recruter les gens jeunes qui n'avaient pas encore fait leur preuve. Quand on commence à être reconnu, qu'on est déjà parti, qu'on a des offres à l'étranger, on a aucune envie de se faire ch... avec la basse politique du CNRS et son concours d'un autre âge. Je ne suis pas sûr qu'au final la France y gagnera.
Ecrit par : Tom Roud | 22.04.2008
je ne suis pas sûr que l'age de recrutement ait vraiment beaucoup reculé. Il clair qu'il est aujourd'hui bcp plus dur d'être pris à 28 ans qu'avant mais c'est dû au fait qu'il y a plus de candidats pour moins de poste que dans les années 80-90. C'est vrai que c'est dur de se faire dire qu'on n'a pas assez de publis, qu'on est trop jeune par des gens qui ont été recrutés avec 1 ou 2 publis en sortie de thèse. Maintenant, je pense que l'arrivée des étrangers fait que c'est plus dur dans la mesure où il y a plus de gens très forts qui postulent. Malheureusement, les commissions sont là pour prendre les meilleurs ou d'après ma petit expérience il n'y a pas de recrutement scandaleux (localisme, etc...) au CNRS comme il pourrait y avoir à l'université. Bien sûr il y a toujours des aspects politiques sur lesquelles le candidat n'a que peu de prise mais globalement les gens pris sont de qualité même si tout les gens de qualité ne sont pas pris. En discutant avec un membre d'une commission, il m'a avoué que pour 5 postes il y a environ 20 personnes qui ont le niveau suffisant, ensuite la sélection se fait sur des détails.
Il faut se mettre à la place des gens de la commission, quand tu as 20 personnes de 30-32 ans qui ont une liste de publis longue comme le bras, c'est difficile de justifier l'embauche d'un "jeune" de 28 ans qui a moins fait ses preuve même si il est très prometteur. De mon point de vue, il faut persévérer, les gens recrutés (mis à part qq extra terrestres) en sont généralement à leur 2ieme, 3ieme, voir 4ieme tentative. Ce qui est sûr c'est que la concurrence est bcp plus rude qu'avant et que cela ne laisse plus beaucoup la place à des gens qui ont foiré un post doc ou galeré en thèse (même si souvent ce n'est pas dû au fait qu'ils sont mauvais). Mais bon, il n'y a pas que le CNRS dans la vie... MCF c'est très bien aussi...
Ecrit par : odeinat | 22.04.2008
@ odeinat : encore une fois je suis d'accord sur le constat, mais c'est très dangereux sur le long terme. La concurrence est de plus en plus rude, il faut de plus en plus de publis, soit. Quelle est alors la conséquence naturelle ? Les post-docs rallongent, les exigences augmentent, on est obligé de faire de plus en plus de sacrifices personnels, on n'a de moins en moins le droit à l'erreur etc ... Par exemple tout le monde estime normal qu'on doive bien souvent sacrifier sa vie de couple pour la recherche (c'est mon cas). Conséquence : tous mes collègues sont soit célibataire, soit leurs femmes ont arrêté de travailler. Est-ce vraiment bénéfique pour tout le monde sur le long terme ?
On voit le même effet aux US pour les grants, où l'âge de la première grant ne cesse de reculer :
http://tomroud.com/2008/02/08/le-graphique-qui-deprime/
Au final, c'est un système en danger car la barrière d'entrée devient tellement élevée qu'elle est dissuasive.
Maintenant ta remarque sur les MdC est intéressante, dans la mesure où celui qui a vu de grosses barrières d'entrée au CNRS, en général, s'il a attendu suffisamment, commence à avoir le dossier scientifique pour justement avoir quelque chose d'un peu mieux qu'un poste de MdC ou un poste au CNRS. Surtout qu`à 30 ans, il est temps de se fixer quelque part... Donc encore une fois, je pense que c'est une stratégie contre-productive dans la mesure où je ne suis même pas sûr qu'elle aboutisse sur le recrutement des meilleurs. Est-ce qu'on imagine un concours des Grandes Ecoles ouvert à tous sans limite d'âge ?
Ecrit par : Tom Roud | 22.04.2008
Un article qui devrait vous intéresser
http://okham.livejournal.com/10165.html#cutid1
Je rejoins Tom sur le fait que le système français est dans une situation intenable : pour les jeunes scientifiques il perd son attractivité (un poste stable tôt) sans pouvoir rivaliser sérieusement sur la scène internationale (bas salaires, politique interne).
Je comprends parfaitement les mécanismes en jeu dans les commissions. Mais cela ne les conduit pas à recruter les meilleurs mais les plus patients. Les meilleurs s'en vont bien avant, comme l'avaient déjà souligné... les Lords anglais :
http://www.publications.parliament.uk/pa/cm200102/cmselect/cmsctech/1046/1046.pdf
http://web.mac.com/pablo.achard/Labo/Blog/Entries/2008/2/7_How_poor_are_they_that_have_not_patience_.html
Ecrit par : pablo | 23.04.2008
petit témoignage sur la 07 (Informatique etc.) en CR cette année: il y a bien environ 30% d'étrangers en CR2 et même 50% exactement en CR1 (!)
quant à l'âge, en CR2, sur les 43 classés, seuls 3 ont strictement plus de 31 ans, l'essentiel étant autour de 27-29 ans
Ecrit par : Milton Jack | 30.04.2008
De plus ne plus intéressant! Serait-ce l'indication que la révolution est en marche? Ou aors, plus simplement, que (1) il y a moins de candidats qu'avant, et que (2) plus alarmant pour moi, je suis rattaché à des disciplines où les moeurs antédilluviennes continuent de sévir!
En tout cas, c'est vrai en local pour un autre organisme de recherche sur-représenté dans mon labo (1/3 à 1/2 du staff), dont je tairai pudiquement les initiales: tous les recrutements IE/IR/CR/DR sur les 5 dernières années ont été faits (à une exception près, qui nous a été imposée par un directeur de département pour contrarier mon directeur de labo: on nous a fourgué un mou de la tronche) exclusivement en local, sur des gens formés au sein de notre école doctorale, voire au sein du labo.
Finalement, peut-être dois-je songer à changer de section?
Ou bien de labo?
Ecrit par : Enervé | 30.04.2008
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