07.02.2008
Attali-le-Winner et autres fantaisies
Jacques Attali, ci-devant président de commission gouvernementale, vient de voir ses talents de visionnaire social confortés par la réalité: le gouvernement vient d'enterrer la réforme qu'il préconisait sur la déréglementation des taxis [Lien 1 (Libé)], [Lien 2 (Le Monde) ], [Lien 3 (Le Figaro)].
Comme disait Maître Jacques en livrant son chef-d'oeuvre: "ce rapport, il faut le prendre intégralement ou l'enterrer." Il n'est pas interdit de penser que François Fillon dissimule, sous son long manteau, la pelle et la pioche du croquemort...
Pendant ce temps, l'audience de TF1 chute. Faut-il y voir une cause de la déclaration d'intention présidentielle de supprimer la publicité à l'antenne des chaînes publiques ? En effet, comme l'indique l'article du Monde, les plus préoccupés par cette baisse d'audience (relative, il est vrai: TF1 est passée de 30,7% à 28% de part d'audience en un an) sont les annonceurs; vu le coût des 30 secondes de pub sur TF1, on les comprend...
Cette annonce aux connotations catastrophistes illustre bien le fonctionnement économique actuel: finalement, que TF1, avec un tiers de part d'audience, reste le 1er groupe audiovisuel français, finit par devenir secondaire. Ce qui préoccupe les financiers, c'est que cette part d'audience ne soit plus en augmentation constante. La règle, de nos jours, n'est plus "faites bien", mais "faites plus chaque jour que la veille".
Selon cette philosophie absurde, il est préférable de proposer chaque jour de nouveaux produits (audiovisuels ou autres), même éphémères; en effet, le taux de croissance d'un nouveau produit ne peut être que positif. Dès que sa cote commence à baisser (même si elle est satisfaisante et que le produit est rentable), vous abandonnez le produit puisque vous pensez que proposer une autre merde vous sera encore plus bénéfique.
C'est cette vision totalement improductive et destructrice qui est à l'oeuvre, non seulement dans le monde des médias, mais aussi dans celui de la finance internationale, par le biais des fonds d'investissement par exemple. Cette pratique néfaste et déconstructrice est analysée de façon assez intéressante par Richard Sennet dans son ouvrage La culture du nouveau capitalisme.
11:19 Publié dans Gouvernement & Sénat | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Attali, politique, France, société

Commentaires
Enfin une bonne nouvelle, l'audience de TF1, le chaine à la sauce idiote américaine, se casse la gueule.
Vite que le navet du PAF n'obtienne plus que 5% d'audience.
Ecrit par : ababord | 07.02.2008
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