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22.11.2007
Crise du disque / de civilisation?
Jean-Louis Murat, avec ses airs de faux désinvolte, trompe bien son monde. Il lâche, dans l'édition du Monde datée du 17 novembre, une vision bien sentie et malheureusement trop peu répandue sur la soi-disant crise que traverse l'industrie de l'audio. Au passage, une charge bienvenue sur Internet, intrument d'irresponsabilité et d'hypocrisie...
Bref, à lire: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-979553@...
Et si vous ne le trouvez plus dans les archives, ci-joint le PDF: Murat.pdf
13:42 Publié dans Ils ont dit... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : culture, actualité, musique, Jean-Louis Murat
16.11.2007
Faut-il être journaliste pour travailler au "Point" ?
Comme le montrent les "unes" ci-dessous, la réponse est "non". En revanche, si vous avez été cireur de godasses dans une vie antérieure, Le Point est une véritable opportunité de carrière.
Claude Guéant [...] L'homme le plus puissant de France - Sarkozy vu par Yasmina Reza - Enquête sur le cas Rama Yade - Cecilia et Nicolas Sarkozy: le choc d'une rupture annoncée - La solitude du président (arrêtez, je vais pleurer) - Les "amis" de Sarkozy - La polémique Rachida Dati.





08:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, médias, presse, actualité
13.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (7)
Une étude de plus commandée par l'Europe (cf. page http://ec.europa.eu/education/doc/reports/index_en.html) sur la réforme de l'enseignement supérieur. On trouve cette étude sous la forme d'un rapport en 4 parties:
- Etudes de cas sur 5 pays,
La première étude de cas est l'Autriche. Ce pays a vu, à la fin des années 80, la crise le frapper. Comme le dit le rapport (p.6), le gouvernement trouvant assez déplaisant de devoir opérer lui-même des coupes dans les budgets de l'enseignement supérieur, l'autonomie des établissements lui apparaissait comme une alternative très intéressante.
- Après un long train de réformes, le gouvernement Autrichien a donné aux recteurs des universités le staut d'employeurs en 2001. La conséquence immédiate est que les enseignants ne sont plus des fonctionnaires mais des employés de l'université. Une seconde vague de dérégulation, en 2002, a donné aux universités le droit de déterminer leur propre fonctionnement et organisation interne.
- En outre, des frais d'inscriptions uniformes sur tout le pays ont été introduits (363 euros pour les nationaux, le double pour les étrangers). Les étudiants ayant droit à des bourses peuvent demander le remboursement de leurs frais d'inscription (l'histoire ne dit pas quel est le pourcentage de réponses positives), les non-boursiers se voyant accorder un prêt d'une banque autrichienne dont l'Etat paye 2% de l'intérêt sur une période maximale de 14 semestres. Par ici la monnaie...
- Enfin, les Fachhoschulen ont été introduites. Ces cursus, à vocation professionnalisante, permettent de justifier l'accroissement de l'accès aux études supérieures des classes sociales les moins favorisées. Comme le dit le rapport (c'est moi qui traduis), "[leur] fonction principale est de donner une éducation académique à une force de travail spécialisée pour l'économie régionale". Ce système semble à mi-chemin entre l'IUT et l'école d'ingénieurs, avec des programmes fortement orientés vers la gestion, le management ou des matières techniques spécialisées. Les effectifs de ces formations sont 8 fois plus faibles que celui des étudiants en université.
En guise de conclusion, le rapport pour l'Autriche semble indiquer que, mis à part la plus grande compétition introduite par les Fachhoschulen, il est diffile d'établir un lien entre les réformes introduites et ses résultats.
- Ainsi, il n'est pas certain que l'implantation de procédures d'assurance qualité soient effectivement suivies d'effets quant à la qualité de l'enseignement;
- il n'est pas certain non plus que les frais de scolarité contribuent réellement à l'amélioration de la qualité des cursus, dans la mesure où ils sont surtout utilisés par les universités pour compenser les crédits qu'on leur a coupés!
- Il est également impossible de dire si l'introduction du système compétitif a réellement permis d'accroître la performance de la recherche...
En somme, ne s'est-on pas simplement donné la peine de faire quelque chose, juste pour avoir l'impression de faire quelque chose? Et surtout de faire comme les copains des autres pays, tout simplement parce que cela est à la mode?
08:55 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, autonomie
09.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (6)
Le ton est donné dès le préambule:
- "A l'heure actuelle, la majorité des universités européennes sont non compétitives par rapports à nos concurrents principaux à l'échelle mondiale."
- "La majorité des nouvelles ressources [pour le finacement de l'enseignement supérieur] sera privée; il y a au moins trois raisons pour cela. Premièrement, il est fort peu probable que le seul financement public soit capable de rattraper le retard qu'accuse l'enseignement supérieur européen. Deuxièmement, il serait plus équitable d'un point de vue social que le secteur privé participe davantage au processus d'éducation. Troisièmement, il est probable qu'une plus grande participation du privé accroîtra l'efficacité de l'ensemble du système éducatif."
- L'accroissement des frais d'inscription n'est pas considéré comme une option politiquement viable;
- le financement à la performance éducative est évoqué;
- la recommandation qui pointe le bout de son nez à la fin du rapport est cependant d'instaurer l'équivalent, pour l'enseignement, de ce qui se fait au niveau européen pour la recherche: mettre en place un financement par appel d'offres.
14:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, europe, enseignement supérieur, education
08.11.2007
L'AERES vous mange à quelle sauce?
L'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES), on en entend encore assez peu parler. Cette agence est chargée d'évaluer - et de contribuer à la réorganisation de - l'enseignement supérieur et la recherche publique. On en trouvera une présentation, pour l'instant principalement sous forme de textes de loi, sur le site tout neuf (et ma foi encore un peu vide) de ladite agence.
Comme d'hab', la mission affichée est la poursuite de l'excellence - d'ailleurs, à force d'essayer, on se demande comment ça se fait qu'on ne soit pas tous devenus très excellents depuis longtemps. Pour ce faire, pas de doute, puisqu'on est mauvais, il va falloir changer des choses.
Les premier rapports d'évaluation d'universités sont en ligne. On trouvera à la page http://www.aeres-evaluation.fr/3-Publications/3-Publicati... l'évaluation des universités de Clermont-Ferrand 1 et 2. On apprend que l'évaluation par le comité de l'AERES s'est déroulée sur 4 jours, pendant lesquels le comité a rencontré 150 interlocuteurs (!). Petitaperçu de la procédure, qui s'est déroulée début 2007:
- Le 27 février, l'Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand 2) rend au comité son rapport d'évaluation interne (eh oui, dans ce système, on s'auto-évalue; objectif, non?), qu'elle a mis environ 2 mois à préparer;
- le 6 mars, la présidente de l'université vient présenter ce rapport à l'AERES;
- du 23 au 26 avril, expertise sur place (c'est à ce moment-là que les 150 personnes ont été entendue. En fait, il suffit de faire une réunion avec 80 enseignants et administratifs, genre administration centrale ou présidence de l'université, ça aide bien à faire monter les feuilles de présence).
- l'Université a fait de gros efforts pour l'instauration du LMD (mais qui ne l'a pas fait en France?), que
- ses relations internationales sont actives (plus de 200 accords passés avec des établissements étrangers) mais mal structurées (en clair, le message est: "c'est le bordel, trouvez-vous un peu des priorités au lieu d'en faire dans tous les sens),
- l'offre de formation devrait se regrouper et il faut mettre en avant des filières d'excellence. Ca y est, le maître mot est lâché;
- il faudra que les deux universités sur le site Clermontois fusionnent de toute façon.
- "Les établissements du site ne peuvent faire l'économie d'une restructuration [...] pour former un véritable ensemble universitaire"
- " Le PRES ne saurait être un substitut à la perspective majeure de fusion des établissements d'enseignement supérieur du site. "
- " La loi du 10 août 2007 relatives aux libertés et responsabilités des universités ouvre désormais la voie à la construction de l'Université de Clermont-Ferrand. "
07:53 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, education, enseignement supérieur, autonomie
06.11.2007
Petite revue de presse
Tout le monde a l'air content du gouvernement ces temps-ci. La revue de presse pour aujourd'hui est pas mal:
- Libération: "Les facs sous tension" - Blocages [...] la contestation monte contre la loi sur l'autonomie.
- Libération: "Le malaise s'accroît entre Dati et les magistrats".
Bon d'accord, c'est soi-disant un journal de gauche, donc d'opposition. Allons voir ailleurs:
- Le Monde: "Un président sous les huées".
Ah là là, puisque la presse est pourrie, allons chez les amis de toujours:
- Le Figaro: "Le mouvement étudiant prend de l'ampleur".
- Le Figaro: "Fillon aux députés UMP: 'Attachez vos ceintures' ".
- Le Figaro: "Face-à-face tendu entre Sarkozy et les marins".
- Le Figaro: "L'action de Sarkozy suivie à la loupe".
N'y a-t-il pas un seul copain dans la salle? Oui, peut-être, les fayots de service:
Hélas, sur le même site, on lit:
Non, vraiment, il ya des jours où il vaut mieux attendre le lendemain.
Ah oui, au fait: le lendemain, Les Echos ne paraît pas, en signe de protestation contre le rachat par B. Arnault, qui a déjà fait couler son journal précédent.
19:05 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, actualité, société
05.11.2007
Processus de Bologne
Le processus de Bologne, tout le monde (ou presque) en parle dans l'enseignement supérieur. Ce mouvement, autour duquel les universités européennes se sont cristallisées à la fin des années 90, vise à la mise en place d'un "espace européen de l'enseignement supérieur". Ce vocable, très similaire à l'"espace européen de la recherche" que promeut activement Bruxelles, pourrait laisser accroire à une mainmise délibérée de Bruxelles sur le processus.
D'après ce rapport de l'INRP, il n'en serait cependant rien, du moins à l'origine. Ce texte très instructif (cf. http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/29_septembre2007.htm et PDF: Bologne.pdf) explique comment l'initiative de départ, préparée "à l'arrache" par Claude Allègre sous la forme d'un colloque à la Sorbonne, a vu se rallier à elle les ministères des différents pays membres, surtout par précaution de ne pas être exclus d'un processus qui, éventuellement, risquait de prendre de l'importance par la suite. En somme, un coup de bol qui a eu la chance d'avoir du pot... Et Bruxelles aurait simplement embrayé dans la roue du processus, en essayant de reprendre l'initiative sur un processus dans lequel elle n'était pour rien!
Les changements induits par le processus ont abouti au tableau que l'on connaît bien dans les universités françaises: divorce progresifs entre les managers/présidents d'université et les universitaires sans poids ni responsabilités administratives, apparition de nouvelles "races de managers universitaires", tentative d'imposer une culture du résultat par indicateurs et, paradoxalement, reprise en main par les instances nationales du système de l'enseignement supérieur, qui avait commencé à leur échapper.
Extraits:
- "[...] les établissements sont plus productifs (diplômes, résultats de recherche...) qu'ils ne l'ont jamais été et que la plupart des ministères dirigent désormais leur enseignement supérieur à travers des indicateurs stratégiques et des négociations contractuelles plutôt qu'à travers la loi et le règlement. En revanche, ce mouvement vers l'autonomie des établissements ne signifie pas que les gouvernements ont renoncé à déterminer les objectifs attendus des universités."
- "[...] les discours de la commission européenne suggèrent que les réformes de modernisation n'ont pas encore été assezrapides, ni assez radicales ! "
- " Maasen pose alors clairement la question de savoir si la « modernisation » invoquée s'appuie réellement surdes données probantes ou ne repose pas plutôt sur une idéologie attribuant toutes les vertus à la logique du marché."
- et bien d'autres...
A lire, vraiment!
17:00 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, politique
02.11.2007
La dérégulation et ses effets
Un excellent petit article de J-L Andreani, paru dans Le Monde de ce matin, nous explique les bienfaits de la dérégulation: Lien, ainsi que PDF: ClientRoi.pdf. Petit extrait:
"Qu'y a-t-il de commun entre un artisan plombier qui pose un lapin à un client potentiel sans même se décommander et le comportement des opérateurs de télévision par câble ou Internet dont les pratiques commerciales exaspèrent les abonnés ? Pas grand-chose, sauf, du point de vue du consommateur, une constatation de plus en plus répandue : le vieux proverbe du commerce "Le client est roi" n'est plus qu'un souvenir."
Allez vite lire la suite, c'est très intéressant.
08:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, actualité, société, libéralisation
