« L'Europe pense votre avenir pour vous (6) | Page d'accueil | Faut-il être journaliste pour travailler au "Point" ? »
13.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (7)
Une étude de plus commandée par l'Europe (cf. page http://ec.europa.eu/education/doc/reports/index_en.html) sur la réforme de l'enseignement supérieur. On trouve cette étude sous la forme d'un rapport en 4 parties:
- Etudes de cas sur 5 pays,
La première étude de cas est l'Autriche. Ce pays a vu, à la fin des années 80, la crise le frapper. Comme le dit le rapport (p.6), le gouvernement trouvant assez déplaisant de devoir opérer lui-même des coupes dans les budgets de l'enseignement supérieur, l'autonomie des établissements lui apparaissait comme une alternative très intéressante.
- Après un long train de réformes, le gouvernement Autrichien a donné aux recteurs des universités le staut d'employeurs en 2001. La conséquence immédiate est que les enseignants ne sont plus des fonctionnaires mais des employés de l'université. Une seconde vague de dérégulation, en 2002, a donné aux universités le droit de déterminer leur propre fonctionnement et organisation interne.
- En outre, des frais d'inscriptions uniformes sur tout le pays ont été introduits (363 euros pour les nationaux, le double pour les étrangers). Les étudiants ayant droit à des bourses peuvent demander le remboursement de leurs frais d'inscription (l'histoire ne dit pas quel est le pourcentage de réponses positives), les non-boursiers se voyant accorder un prêt d'une banque autrichienne dont l'Etat paye 2% de l'intérêt sur une période maximale de 14 semestres. Par ici la monnaie...
- Enfin, les Fachhoschulen ont été introduites. Ces cursus, à vocation professionnalisante, permettent de justifier l'accroissement de l'accès aux études supérieures des classes sociales les moins favorisées. Comme le dit le rapport (c'est moi qui traduis), "[leur] fonction principale est de donner une éducation académique à une force de travail spécialisée pour l'économie régionale". Ce système semble à mi-chemin entre l'IUT et l'école d'ingénieurs, avec des programmes fortement orientés vers la gestion, le management ou des matières techniques spécialisées. Les effectifs de ces formations sont 8 fois plus faibles que celui des étudiants en université.
En guise de conclusion, le rapport pour l'Autriche semble indiquer que, mis à part la plus grande compétition introduite par les Fachhoschulen, il est diffile d'établir un lien entre les réformes introduites et ses résultats.
- Ainsi, il n'est pas certain que l'implantation de procédures d'assurance qualité soient effectivement suivies d'effets quant à la qualité de l'enseignement;
- il n'est pas certain non plus que les frais de scolarité contribuent réellement à l'amélioration de la qualité des cursus, dans la mesure où ils sont surtout utilisés par les universités pour compenser les crédits qu'on leur a coupés!
- Il est également impossible de dire si l'introduction du système compétitif a réellement permis d'accroître la performance de la recherche...
En somme, ne s'est-on pas simplement donné la peine de faire quelque chose, juste pour avoir l'impression de faire quelque chose? Et surtout de faire comme les copains des autres pays, tout simplement parce que cela est à la mode?
08:55 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, autonomie

Ecrire un commentaire