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09.11.2007
L'Europe pense votre avenir pour vous (6)
La Commission Européenne étudie de près la façon dont le financement de l'enseignement supérieur Européen va évoluer dans les prochaines années. Témoin, ce rapport, disponible sur le site Erasmus, sous l'onglet "Rapports et Etudes", qui s'intitule (c'est moi qui traduis): Taux de retour [sur investissement] et modèles de financements en Europe.
Le ton est donné dès le préambule:
- "A l'heure actuelle, la majorité des universités européennes sont non compétitives par rapports à nos concurrents principaux à l'échelle mondiale."
- "La majorité des nouvelles ressources [pour le finacement de l'enseignement supérieur] sera privée; il y a au moins trois raisons pour cela. Premièrement, il est fort peu probable que le seul financement public soit capable de rattraper le retard qu'accuse l'enseignement supérieur européen. Deuxièmement, il serait plus équitable d'un point de vue social que le secteur privé participe davantage au processus d'éducation. Troisièmement, il est probable qu'une plus grande participation du privé accroîtra l'efficacité de l'ensemble du système éducatif."
L'objectif du rapport est de "fournir des bases factuelles pouvant permettre l'amélioration du système d'enseignement supérieur européen". L'intention est belle, bonne et généreuse. Il ne faudrait cependant pas perdre de vue que ce rapport de 141 pages, qui base ses conclusions sur l'analyse de trois systèmes d'enseignement supérieur européens (Danemark, Pays-Bas et Espagne), n'est l'oeuvre que de 6 personnes.
Egalement, la partie du rapport sur le système danois est écrite par un Danois, le chapitre sur l'enseignement supérieur néerlandais est écrit par un Néerlandais, et idem pour l'espagnol. Bien entendu, on peut supposer que les nationaux sont ceux qui connaissent le mieux leur propre système d'enseignement supérieur. Mais en même temps, ils sont probablement également ceux dont le jugement véhicule le plus de biais et de présupposés sur ces propres systèmes. Il n'aurait peut-être pas été stupide de faire écrire chacun de ces trois chapitres par deux personnes, un autochtone et un étranger au pays concerné. On y aurait sans doute gagné en objectivité.
Les conclusions et recommandations ne sont pas forcément des plus claires. Ce rapport préconise cependant une diversification dans la recherche des sources de financement de l'enseignement supérieur européen.
- L'accroissement des frais d'inscription n'est pas considéré comme une option politiquement viable;
- le financement à la performance éducative est évoqué;
- la recommandation qui pointe le bout de son nez à la fin du rapport est cependant d'instaurer l'équivalent, pour l'enseignement, de ce qui se fait au niveau européen pour la recherche: mettre en place un financement par appel d'offres.
Eh oui, qui sait, peut-être à l'avenir serons-nous obligés d'écrire régulièrement des propositions commerciales pour avoir le droit de financer nos Masters, diplômes d'ingénieurs, etc. Ce que l'on fera des étudiants si une filière de formation n'est pas reconduite, ça, l'histoire ne le dit pas.
L'Europe nous prépare décidément des temps intéressants.
14:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, europe, enseignement supérieur, education

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