05.11.2007
Processus de Bologne
Le processus de Bologne, tout le monde (ou presque) en parle dans l'enseignement supérieur. Ce mouvement, autour duquel les universités européennes se sont cristallisées à la fin des années 90, vise à la mise en place d'un "espace européen de l'enseignement supérieur". Ce vocable, très similaire à l'"espace européen de la recherche" que promeut activement Bruxelles, pourrait laisser accroire à une mainmise délibérée de Bruxelles sur le processus.
D'après ce rapport de l'INRP, il n'en serait cependant rien, du moins à l'origine. Ce texte très instructif (cf. http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/29_septembre2007.htm et PDF: Bologne.pdf) explique comment l'initiative de départ, préparée "à l'arrache" par Claude Allègre sous la forme d'un colloque à la Sorbonne, a vu se rallier à elle les ministères des différents pays membres, surtout par précaution de ne pas être exclus d'un processus qui, éventuellement, risquait de prendre de l'importance par la suite. En somme, un coup de bol qui a eu la chance d'avoir du pot... Et Bruxelles aurait simplement embrayé dans la roue du processus, en essayant de reprendre l'initiative sur un processus dans lequel elle n'était pour rien!
Les changements induits par le processus ont abouti au tableau que l'on connaît bien dans les universités françaises: divorce progresifs entre les managers/présidents d'université et les universitaires sans poids ni responsabilités administratives, apparition de nouvelles "races de managers universitaires", tentative d'imposer une culture du résultat par indicateurs et, paradoxalement, reprise en main par les instances nationales du système de l'enseignement supérieur, qui avait commencé à leur échapper.
Extraits:
- "[...] les établissements sont plus productifs (diplômes, résultats de recherche...) qu'ils ne l'ont jamais été et que la plupart des ministères dirigent désormais leur enseignement supérieur à travers des indicateurs stratégiques et des négociations contractuelles plutôt qu'à travers la loi et le règlement. En revanche, ce mouvement vers l'autonomie des établissements ne signifie pas que les gouvernements ont renoncé à déterminer les objectifs attendus des universités."
- "[...] les discours de la commission européenne suggèrent que les réformes de modernisation n'ont pas encore été assezrapides, ni assez radicales ! "
- " Maasen pose alors clairement la question de savoir si la « modernisation » invoquée s'appuie réellement surdes données probantes ou ne repose pas plutôt sur une idéologie attribuant toutes les vertus à la logique du marché."
- et bien d'autres...
A lire, vraiment!
17:00 Publié dans Enseignement Supérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, enseignement supérieur, université, politique

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