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29.08.2007

Quels ingénieurs pour demain?

Cet article dans Le Monde m'avait échappé... Sous le titre "Quels ingénieurs pour demain ?" , il rappelle quelques faits pas forcément agréables à reconnaître pour nous autres occidentaux, à savoir:

  • nous aurons besoin à l'avenir d'ingénieurs très compétents techniquement et scientifiquement;
  • or, nous ne les formons pas, car les étudiants préfèrent s'orienter vers les carrières de la finance et du management;
  • les pays asiatiques et l'Inde, eux, ont compris, et forment des cadres de très haut niveau, qui rivalisent largement en compétence avec les diplômés de nos écoles d'ingénieurs et universités européennes;

Hervé Biausser, l'auteur de cet article, préconise de former davantage nos ingénieurs aux enjeux "sociétaux" (encore ce terme énervant, à croire que "social" est devenu un gros mot) afin de les ouvrir sur les enjeux du monde, tout en conservant leur haut niveau de formation scientifique.

Comment on va pouvoir faire ça en 3 ans d'études avec des gens qui nous arrivent en école d'ingénieurs à Bac  +3 en n'arrivant pas à faire la différence entre 10 centimètres et 10 millimètres, il ne le dit pas.

20.08.2007

La grande désillusion (J. Stiglitz)

Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz a oeuvré comme conseiller économique sous le gouvernement Clinton et a été directeur adjoint de la Banque, mondiale.

Sur le plan théorique, on lui doit une démonstration (publiée en 1987, vingt ans déjà!) que les marchés, loin de se conformer à la sacro-sainte hypothèse - rabâchée par la quasi-totalité des idéologues du libéralisme - selon laquelle ils s'adaptent toujours à ce qui est le plus profitable pour l'économie, ne peuvent pas le faire lorsque l'information est "asymétrique" ou incompète... c'est-à-dire dans la quasi-totalité des cas en pratique.

Dans La grande désillusion, J. Stiglitz s'attaque au Fonds monétaire international (FMI), en narrant les énormes erreurs de gestion de ce dernier au cours de 15 dernières années. Loin de remplir sa mission stabilisatrice de l'économie, le FMI a souvent provoqué des crises graves, notamment en Afrique et en Asie, en imposant aux pays auxquels il concédait ses aides des conditions draconiennes qui ne faisaient souvent qu'empirer leur état. Ces conditions étaient souvent imposées par les économistes du FMI au nom de principes idéologiques non fondés sur l'expérience, ou bien en généralisant abusivement à l'ensemble d'une région (en difficulté) du monde des principes qui ne marchent qu'appliqués isolément, et à des pays en bonne santé économique...

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On trouvera des recensions de ce livre extrêmement intéressant aux adresses suivantes: http://afrique.cauris.free.fr/stiglitz.html

http://www.recit.net/spip.php?article99

http://www.hcci.gouv.fr/lecture/note/la-grande-desillusio...

http://www.mouton-rebelle.com/La-Grande-Desillusion.html

http://www.universalis.fr/corpus-encyclopedie/130/bi00865...

http://www.danielmartin.eu/Arg/Stiglitz.htm

Bonne lecture !

17.08.2007

La culture du nouveau capitalisme (R. Sennett)

Richard Sennett, enseignant à la London school of economics et à l'université de New York, a publié un certain nombre d'essais sur la sociologie du travail.

La culture du nouveau capitalisme, paru en 2006, présente les règles de management en vigueur dans les entreprises dites "cutting edge" (= à la pointe) d'aujourd'hui. Dans ces nouvelles entreprises, qui privilégient la rentabilité à court terme, il n'est pas important d'être comptétent; il faut avant tout être réactif. La compétence devient d'ailleurs un handicap, dans la mesure où elle est vue comme un frein potentiel à l'adaptabilité des individus. En effet, plus ceux-ci ont d'expérience, plus ils tendent à remettre en question les décisions arbitraires de l'entreprise. 

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Eclatement des compétences et isolement des individus, ces mécanismes en vigueur au sein des grands groupes industriels qui se veulent en pointe du marché sont analysés et expliqués dans cet ouvrage de 157 pages, qui se lit facilement.

R. Sennett présente principalement des exemples du monde anglo-saxon, mais les mécanismes sont transposables à la France également. Cette nouvelle culture du dilettantisme expliquerait-elle en partie les cursus "à la carte" enseignés dans certaines grandes écoles françaises (Ex.: Polytechnique, etc.), dont on peut sortir diplômé sans savoir faire un véritable métier, et qui préparent pourtant aux plus hautes responsabilités, tant dans les corps d'Etat que dans certains grands groupes industriels?

 

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